Une équipe de scientifiques danois a identifié des populations de cellules cérébrales qui sont associées à l’obésité. Ces variantes génétiques affecteraient la façon dont le cerveau traite l’information sensorielle et de réguler l’alimentation et le comportement. Ce qui fait dire aux chercheurs que l’obésité est « une maladie complexe qui ne peut pas être réduit au manque de volonté ».

Une équipe de scientifiques danois a identifié des populations de cellules cérébrales qui sont associées à l’obésité. Ces variantes génétiques affecteraient la façon dont le cerveau traite l’information sensorielle et de réguler l’alimentation et le comportement. Ce qui fait dire aux chercheurs que l’obésité est « une maladie complexe qui ne peut pas être réduit au manque de volonté ».

La génétique démontre tous les jours un peu plus l’inégalité physique : certaines personnes sont plus à risque que d’autres de développer l’obésité. « Nos résultats fournissent des preuves que les processus biologiques en dehors des organes traditionnels étudiés dans la recherche sur l’obésité, telles que les cellules adipeuses, jouent un rôle clé dans l’obésité humaine ». Pour le professeur agrégé Tune Hannes Pers de l’Université de Copenhague (1), c’est évident : le risque génétique de développer l’obésité est motivé par des variantes qui affectent le cerveau.
Et le scientifique danois, dont les travaux viennent d’être publiés dans la revue eLife sous le titre« Cartographie génétique des types de cellules cérébrales étiologiques pour l’obésité », de poursuivre : « Nous avons identifié des types de cellules dans le cerveau qui régulent la mémoire, le comportement et le traitement de l’information sensorielle qui sont impliquées dans le développement de la maladie obésité. Une étude plus approfondie de ces zones du cerveau peut nous dire pourquoi certains d’entre nous sont plus susceptibles de développer l’obésité que d’autres. »

Les personnes souffrant d’obésité sont beaucoup plus susceptibles d’avoir une gamme de variantes génétiques en commun

Dans son rapport, l’équipe universitaire de Copenhague explique que la découverte a été obtenue grâce au développement des outils de calcul qui combinent deux ensembles de données différents. Le premier ensemble repose sur des données d’étude d’association à l’échelle du génome (GWAS) d’environ 450 000 personnes (2).
Ces données comparent la santé et les attributs physiques d’une personne, tels que son poids corporel ou l’IMC, à son génome unique. Cela révèle notamment que les personnes souffrant d’obésité sont beaucoup plus susceptibles d’avoir une gamme de variantes génétiques en commun.
Le deuxième ensemble est constitué de données monoccellulaires de séquençage de l’ARN (3) de plus de 700 types différents de populations de cellules de souris. Différentes cellules expriment différentes parties du génome, de sorte que cet ensemble de données contient l’empreinte génétique unique pour chaque population de cellules.
L’équipe danoise s’est plus précisément concentré sur les cellules du système nerveux. Elle a intégré les deux ensembles de données et a constaté que les variantes génétiques, qui sont fortement associées à l’obésité, sont des gènes proches exprimés par 26 populations cellulaires agissant comme différents types de neurones.



Des populations de cellules qui traitent des stimuli sensoriels

« Nous savons déjà que le cerveau joue un rôle important dans l’obésité en régulant la façon dont le corps maintient ses besoins énergétiques. Il le fait en traitant des signaux de l’intérieur de l’organisme sur les réserves d’énergie et l’apport alimentaire, ainsi que des signaux externes tels que la vue et l’odeur de la nourriture », soulignent les chercheurs.
Les nouveaux résultats suggèrent que le risque d’une personne de développer l’obésité est conduit par des populations de cellules qui traitent des stimuli sensoriels et des actions directes liées à l’alimentation et le comportement. « L’alimentation n’est pas une réponse non conditionnée à une carence énergétique, mais plutôt un comportement conditionné par l’apprentissage et l’expérience », écrivent les scientifiques qui ont également identifié des types spécifiques de cellules cérébrales qui soutiennent un rôle de mémoire dans l’obésité.
« La prochaine étape consiste à explorer comment les défauts dans certaines parties du cerveau traditionnellement connues pour réguler la mémoire et l’intégration des signaux sensoriels nous rendent réellement plus vulnérables à devenir obèses », explique le professeur Tune Hannes Pers.
« Notre parcours pour comprendre pourquoi certains d’entre nous développent l’obésité ne fait que commencer, commente le scientifique. Nos résultats renforcent l’ensemble croissant de preuves que l’obésité est beaucoup plus complexe que précédemment reconnu et ne peut pas être réduite à une simple question sur le manque de volonté ». Comme ces résultats obtenus par les chercheurs danois persuadés qu’il existe un nombre croissant de preuves que l’obésité est une maladie dont les racines sont dans le cerveau.

(1) Le professeur Tune Hannes Pers travaille pour le Novo Nordisk Foundation Center for Basic Metabolic Research (CBMR) de l’Université de Copenhague.

(2) Les études d’associations à l’échelle du génome (GWAS) sont un outil couramment utilisé dans la recherche génétique de l’obésité.

(3) Le séquençage de l’ARN (RNA-Seq) est une technologie qui utilise le séquençage à haut débit pour identifier et quantifier l’ARN issu de la transcription du génome à un moment donné.

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