La Haute Autorité de santé a donné ce mardi 2 février son feu vert à l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca. La population éligible à la vaccination devrait s’élargir rapidement aux 50-65 ans qui présentent des comorbidités. Réclamée avec insistance par la Ligue contre l’obésité, la priorisation des patients souffrant d’obésité pourrait intervenir grâce à l’arrivée de ce nouveau vaccin. A suivre.

Enfin une bonne nouvelle pour les personnes atteintes d’obésité ! La toute prochaine arrivée du vaccin AstraZeneca, troisième à avoir été autorisé par l’Agence européenne du médicament, devrait permettre d’élargir la population éligible.
Dans son avis rendu ce mardi 2 février 2021, la Haute Autorité de santé (HAS) préconise d’ajouter 17 millions de personnes à la cible vaccinale, qui en compte pour l’instant 8,6 millions.
Du coup, l’arrivée massive de doses permettrait de réorienter la vaccination vers les populations les plus vulnérables à une forme grave de la Covid-19. « Le but est de vacciner en priorité les personnes les plus vulnérables face à la Covid-19 ainsi que celles qui sont les plus exposées, explique dans son communiqué la HAS.



« Les personnes de 50-65 ans avec obésité sont concernées dès maintenant »

Pour les 50-65 ans, la HAS recommande donc de commencer par les 4 millions de personnes ayant des comorbidités graves : insuffisance rénale chronique, diabète non équilibré, hypertension compliquée, insuffisance respiratoire ou organique, immunodépression, obésité… Une nouvelle donne qui, évidemment, satisfait la Ligue contre l’obésité qui espère toutefois que les engagements de la HAS seront tenus. Interrogée hier par la Ligue contre l’obésité, la HAS a confirmé qu’ « en effet, l’obésité supérieure à IMC 30 est identifiée comme un facteur de risque de forme grave de la Covid-19. Les personnes de 50-65 ans avec obésité sont concernées dès maintenant par l’élargissement de la vaccination avec le vaccin AstraZenaca ».
Côté calendrier, la HAS a reconnu qu’ « il est difficile de donner une date précise » concernant la vaccination des personnes de moins de 50 ans souffrant d’obésité. « Ce sera dans la suite de la déclinaison de la stratégie vaccinale, c’est à dire après les 50-65 ans, détaille la HAS. Cela peut être dans un avenir proche sous réserve de disponibilité des doses », a-t-elle répondu à la Ligue contre l’obésité.
« Jusqu’ici les personnes souffrant d’obésité, pourtant très vulnérables à la Covid-19, étaient reléguées en phase 3 de la campagne de vaccination alors même qu’elles sont très nombreuses en service de réanimation, souligne Agnès Maurin, directrice cofondatrice de la Ligue contre l’obésité. En leur permettant d’être vaccinées rapidement, c’est tout le système hospitalier qui sera moins en tension… » (cliquez ici)



« 5 millions de personnes supplémentaires vaccinées d’ici fin avril »

La présidente du collège de la Haute autorisation de santé, Dominique Le Guludec, a justifié l’élargissement du public éligible par les performances du vaccin, mais aussi par l’arrivée de volumes importants. A priori, 10 millions de doses dans les trois mois à venir, qui permettront de « vacciner 5 millions de personnes supplémentaires d’ici fin avril », a-t-elle précisé.
La HAS recommande de proposer ce vaccin – dont l’efficacité et la tolérance sont satisfaisantes – à l’ensemble des professionnels du secteur de la santé et du médico-social de moins de 65 ans, « ainsi qu’aux personnes âgées de 50 à 64 ans, en commençant par celles qui présentent des comorbidités », précise le communiqué qui reconnaît, en revanche, que « les données chez les personnes de plus de 65 ans n’étant pas encore assez robustes pour ce vaccin, la HAS recommande de vacciner ces dernières préférentiellement avec un vaccin à ARN messager. » Comprendre avec un vaccin ARNm Pfizer/BioNtech ou Moderna.



Tolérance très bonne et facilité de conservation

Co-développé par l’université d’Oxford et AstraZeneca, ce vaccin est le troisième à avoir obtenu, le 29 janvier, une autorisation de mise sur le marché conditionnelle dans l’Union européenne. La HAS précise que ce vaccin est indiqué « dans l’immunisation active contre la Covid-19 causée par le SARS-CoV-2 pour les personnes de plus de 18 ans ».
Selon la HAS, son efficacité est satisfaisante : entre 62% et 70% selon les études, soit autant si ce n’est plus que le vaccin classique contre la grippe saisonnière. « Sa tolérance est très bonne et ses modalités de conservation vont faciliter son déploiement sur le territoire », poursuit la HAS.



« Apporter une protection vaccinale aux populations les plus vulnérables »

Par ailleurs, la HAS considère que ce vaccin a toute sa place dans la stratégie vaccinale dans un contexte de circulation active du virus et d’évolution épidémique préoccupante. « La priorité reste d’apporter le plus rapidement possible une protection vaccinale aux populations les plus vulnérables et les plus exposées », écrit la HAS dans son communiqué.
Pour la HAS, « ces populations correspondent aux populations priorisées en phase 3 de la stratégie vaccinale. Celle-ci comprend également les 18-49 ans avec comorbidités ».


Philippe PALAT

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