Le laboratoire danois vient d’annoncer la prochaine arrivée à France d’un médicament pour lutter contre l’obésité : le Saxenda®. Il est indiqué pour les adultes en obésité, y compris en cas de facteur de risque associé. Les tests ont démontré que 67% des patients qui ont pris ce médicament ont perdu au moins 5% de leur poids, tandis que 30% des patients ont perdu jusqu’à 10% de leur poids. Ce traitement s’ajoute au sémaglutide, un autre produit qui vient de faire l’objet de différentes études pour les patients en obésité.

Le laboratoire danois vient d’annoncer la prochaine arrivée en France d’un médicament pour lutter contre l’obésité : le Saxenda®. Il est indiqué pour les adultes en obésité, y compris en cas de facteur de risque associé. Les tests ont démontré que 67% des patients qui ont pris ce médicament ont perdu au moins 5% de leur poids, tandis que 30% des patients ont perdu jusqu’à 10% de leur poids. Ce traitement s’ajoute au sémaglutide, un autre produit qui vient de faire l’objet de différentes études pour les patients en obésité.

Coup double pour le laboratoire danois Novo Nordisk. A l’occasion de la Journée mondiale de l’obésité du 4 mars 2021, le laboratoire Novo Nordisk a annoncé l’arrivée en France du liraglutide 3mg. Commercialisé sous le nom de Saxenda®, ce médicament vise à réduire le poids et lutter contre l’obésité, en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique.
Analogue du GLP-1 (glucagon-like peptide), le liraglutide 3mg est déjà utilisé dans 48 pays depuis plusieurs années. Sur la durée, il a montré son efficacité dans la réduction pondérale des patients en obésité qui, simultanément, observaient des mesures hygiénodiététiques.
Le liraglutide est l’un des rares médicaments contre l’obésité actuellement autorisés en France où 15% de la population adulte souffre d’obésité (1).



Une solution injectable quotidienne dans un stylo prérempli

Selon Novo Nordisk, le Saxenda® est recommandé pour les adultes en situation d’obésité avec un indice de masse corporelle supérieur à 30 ou en surpoids (IMC > 27) en cas de facteur de risque associé tel que le diabète, l’hypertension artérielle ou la dyslipidémie. Ce médicament est conseillé en complément d’une augmentation de l’activité physique et d’un régime hypocalorique sur prescription médicale. Il se présente sous forme d’une solution injectable dans un stylo prérempli que le patient s’auto-administre chaque jour en sous-cutané.
Interviewé par Pharmaradio, le directeur médical de Novo Nordisk a rappelé les diverses phases du programme Scale qui ont conduit à l’approbation du liraglutide 3mg. « Ce programme a regroupé 5 300 patients et s’est articulé en quatre études, a souligné le directeur médicale de Novo Nordisk. Par exemple, la première étude a permis de travailler sur le cas de patients en obésité et prédiabétiques. Sur 56 semaines, l’étude a montré que 67% des patients ont perdu au moins 5% de leur poids et 30% des autres patients ont perdu plus de 10% de leur poids initial. En moyenne, ce profil de patients dans cette étude a perdu 8% de son poids », détaille Lamine Khaznadji qui estime « l’impact clinique significatif ».



« Nous travaillons avec les autorités de santé pour inscrire le liraglutide 3 mg dans une logique de prise en charge »

Autorisé depuis 2015 par l’Agence européenne des médicaments suite à une étude publiée dans le New England Journal of Médecine, le Saxenda® est maintenant disponible en France, mais sans remboursement. Le patient devra débourser de 8 à 10 euros par jour.
Questionné sur le coût élevé de ce traitement qui s’élève à environ 300 euros par mois, le directeur général de Novo Nordisk France, Etienne Tichit, a expliqué que « les patients faisaient aujourd’hui des choix alternatifs coûteux ». « On voit des patients avec peu de moyens qui s’engagent dans des solutions miracles », confirme le professeur Martine Laville, spécialiste en nutrition aux Hospices Civils de Lyon. Tant il est vrai que la patientèle dépense souvent beaucoup d’argent dans des solutions alternatives qui n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité et qui ne sont pas encadrées par une prescription médicale.
« Aujourd’hui, ce produit n’est effectivement pas remboursé, précise le directeur médical du laboratoire danois. Nous travaillons avec les autorités de santé pour inscrire le liraglutide 3 mg dans une logique de prise en charge afin qu’il fasse partie de l’arsenal thérapeutique et de la stratégie pour lutter contre l’obésité. Mais, encore une fois, en adjuvant car s’il n’y a pas de régime diététique et d’activité physique en complément, l’impact est fortement compromis ».



« L’événement Covid a agi, pour nous, comme une révélation »

« Le lancement d’un médicament en France pour la prise en charge de l’obésité est un moment attendu depuis longtemps par les médecins mais aussi par les patients » a confirmé le professeur Martine Laville sur le site Medscape.
Présidente du Centre européen pour la nutrition et la santé, le professeur Laville a rappelé lors de la conférence de presse de présentation du Saxenda® « l’histoire triste et les échecs dramatiques des médicaments anti-obésité » qui ont conduit à l’absence de médicaments dans la prise en charge de l’obésité.
De son côté, Lamine Khaznadji, directeur médical de Novo Nordisk, a confirmé au micro de Pharmaradio que s’il n’existait jusqu’ici « aucun médicament » et s’il y avait « beaucoup d’échecs dans le développement d’un traitement de l’obésité », les évolutions sanitaires des derniers mois doivent plus que jamais favoriser la découverte de solutions. « L’événement Covid est un contexte extrêmement douloureux et dramatique qui a agi, pour nous, comme une révélation. Il faut enrichir les solutions et les alternatives quand on doit traiter l’obésité », a commenté Lamine Khaznadji.



« Une hormone qui agit sur la régulation de l’appétit et l’augmentation de la satiété »

Concernant le liraglutide 3mg, le directeur médical de Novo Nordisk a expliqué que ce médicament avait été « approuvé par les autorités européennes et aux Etats-Unis fin 2014-début 2015. Ce médicament est présent dans 48 pays. Nous avons donc un recul suffisant avec le liraglutide 3 mg pour que nous soyons en mesure d’offrir un rapport bénéfice/risque extrêmement intéressant ».
Le GLP1 fait partie de la famille des incrétines. « C’est une hormone qui est libérée au niveau de l’intestin lorsque nous ingérons des aliments, mais qui est également libérée au niveau du cerveau, poursuit Lamine Khaznadji. En fait, il y a des récepteurs au GLP1 de façon très ubiquitaire dans l’organisme. Cette hormone agit de manière très bénéfique, notamment sur la régulation de l’appétit et l’augmentation de la satiété. Du coup, la sensation de la faim n’est plus du tout la même. Cette hormone régule de façon physiologique la faim et le fait d’être sélectif dans la prise des aliments, c’est-à-dire avoir moins de tropisme pour le sucre et pour les graisses. »



Des effets indésirables transitoires

Côté effets indésirables, le directeur médical du laboratoire précise qu’ils sont « bien connus et bien maîtrisés car ils sont analogues à la classe de GLP-1. Cela peut prendre la forme d’effets gastrointestinaux, comme des ou des de diarrhées, plus rarement des vomissements. Ces effets sont transitoires, ils peuvent durer de quelques jours à une dizaine de jours avant que l’adaptation ne soit prise ».
Selon Novo Nordisk, ces effets secondaires ne concerneraient que 7% des patients au sortie de l’étude. Le médicament n’est toutefois pas recommandé dans le cas d’antécédents de pancréatite, de maladies thyroïdiennes familiales et de grossesse ou d’allaitement.



« La reconnaissance de l’obésité comme maladie est encore à acquérir »

« La reconnaissance de l’obésité comme maladie est encore à acquérir, et avoir un médicament y contribuera », a souligné le professeur Martine Laville. Un point de vue partagé par le directeur médical de Novo Nordisk. « Aujourd’hui, quand on évoque l’obésité, on parle de moins manger, de plus bouger ou de se faire opérer. Ce sont peut-être des solutions, mais lorsqu’on a des produits qui démontrent, à travers des grands programmes de développement, que l’on perd du poids de façon conséquente, cela peut constituer une belle solution pour les patients », a-t-il expliqué à l’antenne de Pharmaradio.
Pour Novo Nordisk, le liraglutide 3mg s’inscrit comme une trame de fond de prise en charge. On doit insérer dans le cadre de mesures hygièno-diététiques qui sont incontournables.
S’agit-il pour autant d’un traitement au long cours ? « C’est en fonction des patients, réplique Lamine Khaznadji. Cela relève de la décision du médecin traitant car c’est un médicament qui sera prescrit. Si le patient répond bien avec une perte de poids supérieur à 5% au bout de quelques semaines, on peut continuer le traitement. S’il n’y a pas de perte de poids, on peut se dire qu’il n’y a pas lieu de continuer à traiter mais on peut aussi ouvrir des fenêtres sur des périodes liées, par exemple, à une activité physique et faire le bilan ensuite ».
L’annonce de l’arrivée en France du Saxenda® intervient alors que le sémaglutide 2,4 mg vient de faire l’objet de différentes études pour les patients en obésité (LIEN). Si les résultats viennent d’être publiés, les dossiers en vue d’une autorisation d’utilisation ont déjà été déposés auprès des autorités réglementaires américaines et européennes.



Philippe PALAT

(1) Source : étude épidémiologique ObEpi-Roche 2012

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