Lors de son allocution télévisée du 31 mars, Emmanuel Macron a redéfini le calendrier vaccinal. Pour la population générale, la vaccination contre la Covid-19 sera élargie à toutes les personnes âgées de plus de 60 ans à compter du 16 avril, puis à toutes celles de plus de 50 ans dés le 15 mai. Une accélération qui ne prend toujours pas en compte les personnes en obésité âgées de moins de 50 ans.

Lors de son allocution télévisée du 31 mars, Emmanuel Macron a redéfini le calendrier vaccinal. Pour la population générale, la vaccination contre la Covid-19 sera élargie à toutes les personnes âgées de plus de 60 ans à compter du 16 avril, puis à toutes celles de plus de 50 ans dés le 15 mai. Une accélération qui ne prend toujours pas en compte les personnes en obésité âgées de moins de 50 ans.

« Nous tiendrons l’objectif que je nous ai fixé : d’ici à la fin de l’été, tous les Français de plus de 18 ans qui le souhaitent pourront être vaccinés ». Mercredi 31 mars, à l’occasion de sa nouvelle intervention télévisée, le Président de la République a annoncé de « nouvelles mesures de freinages » (NDLR : une nouvelle forme de confinement généralisé en métropole) afin d’enrayer la progression de l’épidémie sur le territoire.
Parmi les mesures annoncées : la fermeture des crèches, écoles, collèges et lycées durant les quatre prochaines semaines et l’entrée en vigueur dans l’ensemble du pays des mesures de restrictions déjà appliquées dans 19 départements.



« Parmi les personnes les plus vulnérables qui risquent de contracter une forme grave de la Covid-19 »

Au cours de son allocution, le locataire de l’Elysée a également fourni les contours du nouveau calendrier vaccinal durant les semaines à venir… à condition toutefois que les livraisons de vaccins s’intensifient fortement.
Néanmoins, concernant les personnes en situation d’obésité, rien de bien nouveau sous le soleil.
En effet, si à ce jour les personnes en obésité âgées de plus de 50 ans (lire le calendrier ci-dessous) peuvent se faire vacciner dans les structures de soins ou chez le médecin généraliste depuis respectivement les 19 et 25 février derniers, les personnes souffrant d’obésité de moins de 50 ans ne sont toujours pas considérées comme prioritaires. « Une aberration alors qu’elles sont considérées parmi les personnes les plus vulnérables qui risquent de contracter une forme grave de la Covid-19 », s’étonne Agnès Maurin, directrice cofondatrice de la Ligue contre l’obésité.



Les moins de 50 ans en obésité vaccinés qu’à partir de la mi-juin

Conséquence : les moins de 50 ans en obésité sont logés à la même enseigne que les moins de 50 ans en bonne santé ! Ils ne pourront être vaccinés que dans le cadre de la vaccination générale, c’est-à-dire à partir de la mi-juin.
Une situation que dénonce la Ligue contre l’obésité plusieurs mois. « La tragédie de la Covid-19 a révélé au monde entier un brutal et mortel télescopage entre le coronavirus et l’obésité. Les chiffres ces deux épidémies sont accablants : une hospitalisation sur deux en service de réanimation et près d’un décès sur deux à l’hôpital concernent des personnes en situation d’obésité », précise Agnès Maurin, directrice cofondatrice de la Ligue contre l’obésité.
Malgré cette course sanitaire contre la montre, les personnes souffrant d’obésité de moins de 50 ans devront encore attendre avant d’être immunisées…



Des lacunes dans la vaccination

Lors de son intervention, le président de la République a, par ailleurs, reconnu des lacunes dans la vaccination des personnes de plus de 70 ans. « Je sais que beaucoup de nos aînés ont essayé de prendre rendez-vous pour se faire vacciner ces dernières semaines, trop souvent sans succès et j’en suis profondément désolé. » Avant d’affirmer que cela « n’est pas acceptable (…) demandé à l’Assurance maladie de mobiliser des équipes pour y remédier ».
« L’ensemble des plus de 75 ans qui n’ont pas réussi à obtenir un rendez-vous seront appelés », a assuré le Président Macron qui a promis qu’« en parallèle un numéro spécial sera mis à disposition pour prendre un rendez-vous ».
Emmanuel Macron a également annoncé qu’à partir de mi-avril 2021, la vaccination sera possible pour les personnes de 50 à 69 ans qui n’ont pas de pathologie particulière, ainsi que pour les professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays en période épidémique (sécurité, éducation, alimentaire).



Le calendrier vaccinal évolue


Depuis le 18 janvier 2021. La vaccination est ouverte aux personnes de plus de 75 ans avec les vaccins Pfizer ou Moderna.

Depuis le 6 février 2021. La vaccination a été ouverte à l’ensemble des professionnels de santé et du secteur médico-social, aux aides à domicile intervenant auprès de personnes vulnérables et aux pompiers quel que soit leur âge.

Depuis le 19 février 2021. La vaccination est ouverte aux personnes de 50 à 64 ans inclus à risque de formes graves de Covid-19, comme par exemple le diabète ou l’obésité, qui peuvent être vaccinées dans leurs structures de soins, notamment à l’hôpital. Depuis le 25 février 2021, elles peuvent se faire vacciner directement chez un médecin de ville.

Depuis le 2 mars 2021. Les personnes âgées de plus de 75 ans peuvent être vaccinées par le vaccin AstraZeneca chez un médecin de ville (spécialiste ou médecin généraliste).

Depuis le 15 mars 2021. La vaccination en pharmacie est possible pour les personnes de plus de 50 ans atteintes de comorbidités. Les patients éligibles au vaccin AstraZeneca n’ont pas besoin d’une prescription médicale et peuvent se rendre directement en officine.

Depuis le 25 mars 2021. Toutes les personnes âgées de 70 ans et plus peuvent obtenir des rendez-vous en centre de vaccination pour y recevoir le vaccin Moderna ou Pfizer-BioNtech à partir du samedi 27 mars 2021. Celles qui sont éligibles au vaccin AstraZeneca peuvent être vaccinées chez un pharmacien ou un médecin de ville (médecin généraliste, médecin spécialiste ou médecin du travail).

À partir de mi-avril 2021. Vaccination possible pour les personnes de 50 à 69 ans sans pathologie particulière et pour les professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays (sécurité, éducation, alimentaire).

A partir du 16 avril. Les premiers rendez-vous seront ouverts pour les personnes qui ont entre 60 et 70 ans.

A partir du 15 mai. La vaccination sera ouverte pour les personnes qui ont entre 50 et 60 ans.

A partir de la mi-juin. La vaccination sera ouverte à l’ensemble des Français de moins de 50 ans.



Philippe PALAT