Durement touchés par la pandémie de Covid-19, les États-Unis accélèrent la vaccination des personnes les plus vulnérables pour tenter d’éviter l’engorgement des hôpitaux et de sauver des vies. Plusieurs Etats ont élargi aux personnes atteintes d’obésité les conditions d’admissibilité au vaccin. Ils emboîtent le pas à la Pennsylvanie et au Texas.

Durement touchés par la pandémie de Covid-19, les États-Unis accélèrent la vaccination des personnes les plus vulnérables pour tenter d’éviter l’engorgement des hôpitaux et de sauver des vies. Plusieurs Etats ont élargi aux personnes atteintes d’obésité les conditions d’admissibilité au vaccin. Ils emboîtent le pas à la Pennsylvanie et au Texas.

Alors que les États-Unis poursuivent leurs efforts pour vacciner les Américains contre la Covid-19, les personnes atteintes de problèmes de santé sous-jacents viennent de remonter brutalement dans la file d’attente de la campagne de vaccination. C’est le cas des personnes souffrant d’obésité.
Dans 15 États américains, l’obésité est désormais une condition d’admissibilité pour accéder au vaccin Pfizer ou Moderna. Dans ces Etats, le fait de présenter un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 est considéré comme un facteur de risque de complications graves du coronavirus, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for disease control and prevention).
Du coup, après la Pennsylvanie et le Texas (cliquez ici) qui ont montré la voie dés la fin janvier, c’est au tour du Nebraska, du New Jersey, du Nouveau-Mexique, de l’Etat de New York (cliquez ici), de la Virginie et du Wyoming de prioriser la vaccination des personnes en obésité.
De leur côté, les Etats du Montana et du Missouri vaccinent à partir du niveau d’obésité massive (IMC>40).
Les personnes qui souffrent d’obésité – en plus d’une autre comorbidité sous-jacente -, comme le diabète, sont admissibles dans le Massachusetts, le New Hampshire, le Dakota du Nord et le Dakota du Sud.



Une stigmatisation sociale

Cette accélération en direction des personnes en situation d’obésité, doublée d’une prise de conscience, a lieu alors que les Etats-Unis s’apprêtent à franchir la barre des 500 000 morts. Un pays aux 328 millions d’habitants qui affiche un taux d’obésité de 42,4% de la population adulte (cliquez ici et ici).
Contrairement à d’autres maladies chroniques comme le diabète ou le cancer, l’obésité est associée, on le sait, à une stigmatisation sociale qui peut inciter à des soins plus rudimentaires, même de la part des fournisseurs de soins de santé, selon docteur W. Scott Butsch, directeur de la médecine de l’obésité à la Cleveland Clinic. Pour lui, la stigmatisation peut également amener les gens à retarder le traitement médical et « décourager les personnes qui pourraient bénéficier du vaccin d’en obtenir un », poursuit le docteur Butsch.



Le facteur de risque chronique le plus important d’hospitalisation

Depuis le mois d’avril 2020, les chercheurs ont constaté que l’obésité constituait le facteur de risque chronique le plus important d’hospitalisation chez les patients atteints de coronavirus. Il existe désormais de nombreuses preuves selon lesquelles plus l’IMC d’une personne est élevée , plus il est probable qu’elle décède de la Covid-19.
Outre-Atlantique, l’obésité est également plus fréquente chez les Américains noirs et hispaniques, dont les données montrent qu’ils ont tendance à être touchés de façon disproportionnée par la Covid-19.
Fort de tous ces éléments, le docteur Butsch estime que beaucoup plus d’États américains devraient permettre un accès précoce au vaccin aux personnes en obésité.


Philippe PALAT

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