Une petite étude menée en Suède sur une cinquantaine de jeunes gens et jeunes filles avec un IMC moyen >40 révèle que deux tiers des patients ont des difficultés découlant de problèmes neuropsychiatriques. Objectif de l’analyse : parvenir à personnaliser les traitements.

Une petite étude menée en Suède sur une cinquantaine de jeunes gens et jeunes filles avec un IMC moyen >40 révèle que deux tiers des patients ont des difficultés découlant de problèmes neuropsychiatriques. Objectif de l’analyse : parvenir à personnaliser les traitements.

La moitié des jeunes traités pour obésité massive ont des problèmes neuro-psychiatriques. C’est l’une des conclusions d’une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Lund et de Göteborg, en Suède.
Selon de précédentes études, on sait que l’obésité et la maladie mentale ont augmenté chez les jeunes au cours des années 2000. Or, si les chercheurs observent depuis longtemps un lien entre l’obésité et le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité et avec des troubles de l’alimentation), celui-ci a rarement été étudié.
L’étude suédoise a impliqué 48 adolescents (73% de filles), avec une moyenne d’âge de 15 ans et un indice de masse corporelle moyen de 42. La moitié des participants avaient reçu un traitement médical pour l’obésité, tandis que l’autre moitié avait subi une intervention chirurgicale.



Un cinquième des adolescents souffre de dépression

Afin de mesurer au mieux les symptômes du TDAH et de l’autisme chez leurs enfants, les parents des adolescents ont rempli des questionnaires. De leurs côtés, les adolescents ont répondu eux-mêmes à des questions sur la boulimie et les symptômes de la dépression.
Les résultats montrent que plus de la moitié des parents ont estimé que leurs adolescents avaient des difficultés à ressembler au schèma du TDAH et/ou à l’autisme, bien que seulement quelques-uns d’entre eux aient déjà reçu un diagnostic de ces affections.
« Les personnes du spectre autistique sont parfois plus sélectives dans leur alimentation que les autres. Ils n’acceptent que certains plats, mais peuvent en manger davantage », peut-on lire dans l’étude sous la plume de Kajsa Järvholm, chercheuse en psychologie à l’Université de Lund et de Göteborg.
Un cinquième (20%) des adolescents a déclaré souffrir de symptômes de dépression. Un tiers d’entre eux a signalé des problèmes de boulimie (32%).



De la nécessité de personnaliser les traitements

L’information fournie par les parents et les adolescents a révélé que les deux tiers des adolescents à la recherche d’une perte de poids via une opération chirurgicale se sont présentés avec des problèmes de santé mentale importants. « Ils avaient des difficultés découlant de problèmes neuro-psychiatriques, de boulimie et/ou de dépression », précise l’expert en psychologie.
Les chercheurs espèrent que les résultats permettront à terme de personnaliser les traitements pour les adolescents souffrant d’obésité massive, « car la majorité d’entre eux ont également signalé une maladie mentale », conclut la chercheuse suédoise.


Philippe PALAT

(1) Les symptômes du TDAH (ou trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) signifient que la personne a de la difficulté avec le contrôle des impulsions. Cela augmente le risque de manger sans avoir faim et la tendance à opter pour des solutions rapides comme la restauration rapide. (TDAH en anglais : attention-deficit hyperactivity disorder).

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