Dans le traitement de l'obésité, les chirurgiens peuvent avoir recours à plusieurs techniques de by-pass. La Haute autorité de santé (HAS) déconseille le remboursement de la technique dite "en oméga".

Dans le traitement de l’obésité, les chirurgiens peuvent avoir recours à plusieurs techniques de by-pass. La Haute autorité de santé (HAS) déconseille le remboursement de la technique dite « en oméga ». Sur la base de résultats récemment publiés, la HAS juge que cette technique « ne représente pas une alternative pertinente au bypass en Y ».

La chirurgie de l’obésité a explosé en France ces vingt dernières années. Chaque année, plus de 50 000 personnes sont opérées (1). Parmi les techniques les plus utilisées : la sleeve (32 000 par an, lors de laquelle on enlève une large partie de l’estomac) et les bypass (13 000 par an).
En début de semaine, la Haute aurotié de santé (HAS), dont les avis déterminent les remboursements par la Sécurité sociale, s’est dit « défavorable » à celui « du bypass gastrique en oméga ».



Omega, une technique plus simple à réaliser

Le bypass en oméga (ou mini-bypass) est une forme particulière de l’une des techniques les plus utilisées, le bypass. Cela consiste à réduire la taille de l’estomac et à court-circuiter une partie de l’intestin grêle. Ce court-circuit a d’abord été réalisé en forme de Y : on parle alors de « by-passe en Y », technique recommandée par la HAS.
Mais « une autre technique – dite en oméga – s’est largement diffusée » depuis quelques années, car « plus simple à réaliser », explique la HAS. Cette technique est jusqu’à présent remboursée car le texte de l’Assurance maladie mentionne les bypass en général, sans précision. Sur la base de résultats récemment publiés, la HAS juge que le bypass en oméga « ne représente pas une alternative pertinente au bypass en Y » et préconise qu’il « ne soit pas remboursé par l’Assurance maladie ».



Plus de complications nutritionnelles

Avec un bypass en oméga, « les études révèlent un plus grand nombre de complications graves – parmi lesquelles des carences sévères, notamment en vitamines et minéraux, des reflux biliaires », selon la HAS.
Pour les patients déjà opérés avec un bypass en oméga, la HAS recommande « une vigilance particulière sur la survenue de complications nutritionnelles et liées au reflux biliaire – dont on ignore les conséquences à long terme ». Elle préconise « en particulier une fibroscopie cinq ans après l’intervention chirurgicale ».



Un acte lourd et un suivi médical à vie

En outre, la HAS indique qu’elle va « évaluer la pertinence, l’efficacité et la sécurité des techniques de chirurgie bariatrique autres que les quatre aujourd’hui recommandées (l’anneau gastrique, la sleeve, le bypass en Y et la dérivation bilio-pancréatique) ».
Son but : « Réaliser un état des lieux des techniques actuellement en développement », afin de « les évaluer avant qu’elles ne se diffusent dans la pratique courante ».
La HAS insiste enfin sur le fait que la chirurgie doit être réservée aux obésités « morbides » (indice de masse corporelle supérieur à 40), voire à celles avec un IMC de 35 ou plus en cas de complications graves dues à l’excès de poids, et après échec d’autres moyens, notamment diététiques. « Cet acte lourd ne doit être réalisé qu’à l’issue d’une décision médicale partagée, avec une information claire sur les techniques existantes, leurs avantages et inconvénients, leurs conséquences, les complications et sur la nécessité d’un suivi médical tout au long de la vie », souligne-t-elle.


Source : AFP (1) Lire aussi notre article publié le 19 septembre 2019 : « La chirurgie bariatrique sauve des vies, mais nécessite un grand suivi »