En fin de semaine dernière, la direction de l’hôpital de Toulouse, en Haute-Garonne, a fait le point sur l’activité hospitalière liée à la Covid-19. Si le nombre d’admissions liées à la Covid-19 est en légère baisse depuis une quinzaine de jours, le plateau reste très élevé. Une nouvelle population plus jeune, le plus souvent atteinte d’obésité massive, apparaît dans les lits de réanimation.

En fin de semaine dernière, la direction de l’hôpital de Toulouse, en Haute-Garonne, a fait le point sur l’activité hospitalière liée à la Covid-19. Si le nombre d’admissions liées à la Covid-19 est en légère baisse depuis une quinzaine de jours, le plateau reste très élevé. Une nouvelle population plus jeune, le plus souvent atteinte d’obésité massive, apparaît dans les lits de réanimation.

Avec près de 170 patients hospitalisés, dont une quarantaine placée en réanimation, le « plateau reste très élevé ». Marc Penaud, le directeur du CHU de Toulouse (1) a fait le point, vendredi dernier, sur les cas d’hospitalisation liés à la Covid-19. Pour lui, le niveau reste très l’important au sein l’établissement. « On a observé une augmentation continue jusqu’à il y a quinze jours, qui nous a amenés – avec 190 patients hospitalisés en même temps – à un niveau quasiment aussi élevé que lors de la première vague. Depuis, on reste sur un plateau très élevé, avec autour de 170 patients », détaille Marc Penaud, le directeur du CHU de Toulouse.
Vendredi 19 février 2021, les chiffres étaient particulièrement éloquents : par les 167 personnes hospitalisées, 41 se trouvaient en réanimation, 27 en soins continus et en soins intensifs. Ce « plateau très haut » a d’ailleurs conduit le CHU de Toulouse à déprogrammer 25% des activités chirurgicales non urgentes.
Si au CHU de Toulouse, l’activité hospitalière concernant la prise en charge de patients souffrant de formes graves de Covid-19 reste donc très soutenue, on assiste toutefois à un tournant depuis ces quinze derniers jours : le rajeunissement des patients. Selon les chiffres toulousains, les personnes âgées de plus de 75 ans sont moins nombreuses dans les services.



« Certains patients souffrant d’obésité morbide ont 25, 35 ans ou 40 ans »

Si ce sont généralement des « hommes âgés, souffrant de comorbidités, diabète ou obésité » qui peuplent les services de réanimation, indique l’infectiologue Muriel Alvarez, le docteur Béatrice Riu, responsable de l’unité de réanimation polyvalente au CHU de Purpan, observe qu’il y a« davantage de jeunes depuis une quinzaine de jours », c’est-à-dire de personnes âgées de moins de 65 ans.
« Certains patients souffrant d’obésité morbide ont 25, 35 ans ou 40 ans. La semaine dernière, sur quinze entrées quatorze avaient mois de 65 ans. C’est peut-être conjoncturel, mais ça interpelle », explique-t-elle. La plupart du temps, il s’agit souvent de trentenaires ou de quadragénaires souffrant de comorbités, en particulier d’obésité massive.
Les transmissions, elles, se font dans la plupart des cas au sein du cercle familial ou entre amis. « Au travail, le lieu du repas, qui est un endroit où on se démasque, reste une faiblesse », note l’infectiologue Muriel Alvarez.
A ce jour, en réanimation, de 50% à 70% des lits des différentes unités sont occupés par des patients Covid-19.


La vaccination devrait réduire la pression hospitalière

Si la situation s’améliore de manière très légère, l’équilibre reste donc très précaire et la pression soutenue et permanente. « On n’est pas encore sortis d’affaire, estime le virologue Jacques Izopet. Le variant britannique représente désormais près de 50% des tests PCR positifs. Même si on n’a pas observé de flambée épidémique, on sait qu’il est probablement un peu plus contagieux. Et on sait qu’un relâchement des mesures barrières déséquilibrerait la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement », précise le praticien.
Si la vaccination devrait permettre de mieux contrôler l’épidémie dans les prochaines semaines, elle devrait aussi réduire peu à peu la pression hospitalière.
Près de 17 000 vaccinations ont été réalisées par le CHU de Toulouse depuis le début de la campagne (2). En Haute-Garonne, près de 48 000 personnes prioritaires ont reçu au moins une dose de vaccin. Signe positif : « On a l’impression qu’il y a moins de demandes d’hospitalisations dans les Ehpad. Les formes les plus graves de la maladie sont en recul dans les Ehpad depuis le lancement de la campagne de vaccination…», constate la gériatre Hélène Villars.
Mais l’épidémie, implacable, a continué à tuer dans les établissements pour personnes âgées. Pour le seul département de la Haute-Garonne, 325 décès ont été recensés en 19 semaines, soit une moyenne de 17 décès par semaine.


Philippe PALAT

(1) Le CHU de Toulouse compte cinq centres : Purpan, Rangueil, Larrey, Lagrave et l’Oncopole.

(2) Pour renforcer les effectifs Covid et vaccination, le CHU de Toulouse précise avoir embauché 60 personnes de plus entre 2020 et 2021 dont 36 infirmiers et 15 aides-soignants. Une partie sont des vacataires ou des retraites venus aider pour la vaccination.