Pour la première mois depuis le début de la pandémie, une équipe de médecins légistes de Hambourg a réalisé une étude poussée pour décrire la situation anatomique des personnes emportées par le coronavirus. L’analyse révèle que sur douze patients étudiés, deux étaient en surpoids et neuf souffraient d’obésité.

Pour la première fois depuis le début de la pandémie, une équipe de médecins légistes de Hambourg a réalisé une étude poussée pour décrire la situation anatomique des personnes emportées par le coronavirus. L’analyse révèle que sur douze patients étudiés, deux étaient en surpoids et neuf souffraient d’obésité.

« Dans les douze cas, la cause du décès résidait dans les poumons ou dans le système vasculaire pulmonaire ». C’est la conclusion sans appel des médecins légistes et des anatomo-pathologistes du département de médecine légale du centre médical universitaire de Hambourg-Eppendorf, en Allemagne. Pour parvenir à cette affirmation, ces experts ont réalisé la première étude au monde décrivant les résultats à la suite de l’autopsie d’une série de patients décédés du Covid-19.
Publiée le 6 mai dans les Annals of Internal Medicine, cette étude révèle la présence fréquente de caillots sanguins dans les veines profondes et dans la circulation sanguine pulmonaire. Ces autopsies ont été complétées par un scanner, une analyse microscopique de plusieurs organes et une évaluation de la charge virale dans divers tissus.



5 patients en surpoids, 2 en obésité modéré, 4 en obésité sévère

Dans leurs conclusions, les experts font état d’« une tendance nette à l’obésité dans tous les cas, sauf un patient atteint d’une tumeur neuroendocrine pulmonaire et présentant une maigreur extrême ». Les docteurs Dominic Wichmann et Jan-Peter Sperhake, auteurs principaux de l’étude, font état d’un indice moyen de masse corporelle de 28,7 kg/m2.
Dans le détail, sur les onze autres patients, cinq étaient en surpoids, deux en obésité modérée (IMC>30) et quatre en obésité sévère (IMC>35).
Ces travaux ont été réalisées entre un à cinq jours après le décès des patients. Ceux-ci étaient en moyenne âgés de 73 ans (âge compris entre 52 et 87 ans). Neuf des 12 patients étaient des hommes. « Pour tous les patients, des maladies médicales chroniques préexistantes, telles que l’obésité, les maladies coronariennes, l’asthme ou les maladies pulmonaires obstructives chroniques, les maladies périphériques de l’artère, le diabète sucré de type 2 et les maladies neurodégénératives ont été identifiées », écrivent les auteurs de l’étude.

Des poumons très lourds, jusqu’à 3,4 kg chez un patient

L’autopsie montre qu’une embolie pulmonaire massive a été la cause du décès dans quatre cas, un gros caillot (également appelé thrombus) ayant migré dans une branche de l’artère pulmonaire à partir d’une veine profonde des membres inférieurs.
Dans trois autres cas, le patient était porteur d’une thrombose veineuse profonde mais en l’absence d’embolie pulmonaire. Les auteurs ont ainsi observé une fréquence élevée de thrombose veineuse profonde parmi les douze cas analysés. Par ailleurs, chez tous les patients ayant développé une thrombose veineuse profonde, les deux membres inférieurs étaient concernés.
Les poumons étaient souvent lourds, jusqu’à atteindre chez un patient un poids de 3 420 grammes. Chez les patients autopsiés, le poids moyen du poumon était de 1 988 grammes, sachant que celui-ci est normalement de 840 grammes pour l’homme et 639 grammes chez la femme.
Les médecins légistes indiquent avoir observé chez onze des douze patients des lésions liées à des pathologies cardiaques préexistantes : athérosclérose coronarienne, cicatrice myocardique indiquant une mauvaise oxygénation du cœur et insuffisance cardiaque.

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Crédit photo : BBC