En fin de semaine dernière, la Ligue contre l’obésité a interpellé le ministre Olivier Véran pour regretter que les personnes souffrant d’obésité soient exclues de la procédure d’arrêt de travail simplifiée en ligne mise à place par l’Assurance maladie pour les personnes vulnérables considérées comme « à risque » au regard du Covid-19.

En fin de semaine dernière, la Ligue contre l’obésité a interpellé le ministre Olivier Véran pour regretter que les personnes souffrant d’obésité soient exclues de la procédure d’arrêt de travail simplifiée en ligne mise à place par l’Assurance maladie pour les personnes vulnérables considérées comme « à risque » au regard du Covid-19.

A défaut d’avoir été entendue, la Ligue contre l’obésité a été écoutée par le ministère de la Santé. Trois jours après avoir alerté le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur exclusion des personnes souffrant d’obésité du système d’arrêt de travail simplifié en ligne (cliquez ici), le ministère a réagi et adressé une réponse à la Ligue contre l’obésité.
Reconnaissant que « le dispositif en ligne n’est possible que pour les personnes en ALD car la pathologie est connue et caractérisée » (1), Valérie Mazeau-Woynar, conseillère au cabinet de la ministre des Solidarités et de la Santé rappelle dans sa réponse que « les patients hors ALD peuvent avoir un arrêt de travail via leur médecin ouvrant aux mêmes droits ».
Et la représentante du ministre de rajouter : « S’il y a un enjeu de difficultés de déplacement ou de craintes d’être exposés virus en salle d’attente, cela peut se faire aisément en téléconsultation ».



« La téléconsultation, une interface sécurisée avec un médecin »

Dans la lettre qu’elle a adressé en fin de semaine dernière au ministre de la Santé, et dans le communiqué de presse qu’elle a diffusé à l’ensemble des médias, la Ligue contre l’obésité s’est dit heurtée que les personnes atteintes d’obésité ne puissent pas bénéficier du dispositif declare.ameli.fr alors même que le Haut conseil de santé publique (HCSP) classe, parmi les personnes à risque des formes graves du Covid-19, les patients présentant une obésité morbide (indice de masse corporelle > 40kg/m², mais aussi « en cas d’obésité avec IMC > 30 »).
« Je suis consciente que cela ne répond pas exactement à votre demande et à celle des personnes que vous représentez, mais vos préoccupations avaient bien été identifiées et c’est la solution qui y a été apportée. Je rappelle que cela accorde les mêmes droits et que la téléconsultation, si ce choix est fait, permet une interface sécurisée avec un médecin », conclut la conseillère du ministre de la Santé.



Pris en charge à 100% par l’Assurance maladie

Dans sa fiche de fiche de « Prise en charge des personnes en situation d’obésité » publiée lundi le 20 avril, le ministère de la Santé rappelle que « le recours à la téléconsultation est à privilégier, lorsque cela est pertinent et selon les règles en vigueur ». Et le document ministériel d’ajouter : « Ainsi, il est rappelé que les téléconsultations et le télésuivi assurés par des médecins, infirmiers, et sages-femmes consultables à distance sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. »
Dans cette note ministérielle, il est également précisé qu’« un dispositif dérogatoire a été mis en place qui permet aux personnes présentant un risque de développer une forme grave d’infection de bénéficier d’un arrêt de travail à titre préventif. Les personnes en situation d’obésité, y compris celles ne bénéficiant pas d’une prise en charge en ALD par l’assurance maladie, qui ne peuvent télétravailler, peuvent contacter leur médecin traitant, un médecin de ville, leur médecin du travail, pour évaluer si leur état de santé justifie la délivrance d’un arrêt de travail ». A défaut de pouvoir utiliser declare.ameli.fr, site non autorisé aux 8 millions de Français atteints d’obésité.

(1) Affection de longue durée (ALD) : maladie chronique à caractère grave qui nécessite un suivi médical et des soins prolongés de plus de six mois. Une personne en ALD est exonérée du paiement des soins, pris à 100% en charge par l’Assurance maladie.