Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) vient de réactualiser son avis du 31 mars 2020 relatif aux personnes à risque de formes graves de Covid-19. Suite aux récentes publications en France et à l’international, il écrit noir sur blanc que l’obésité avec un indice de masse corporelle supérieur à 30/m2, est désormais identifiée comme facteur de risque de développer une forme grave de Covid-19.

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) vient de réactualiser son avis du 31 mars 2020 relatif aux personnes à risque de formes graves de Covid-19. Suite aux récentes publications en France et à l’international, il écrit noir sur blanc que l’obésité avec un indice de masse corporelle supérieur à 30/m2, est désormais identifiée comme facteur de risque de développer une forme grave de Covid-19.

Le Haut conseil de santé publique (HCSP) persiste et signe. Instance française chargé d’apporter une aide à la décision au ministère de la Santé, le HCSP vient de confirmer, dans son avis publié le 26 avril 2020, que l’obésité avec un IMC>30 recèle bien un caractère prédictif des formes graves de Covid-19.
Ce nouvel avis vient confirmer définitivement celui émis le 31 mars dernier dans lequel le HSCP estimait, pour la première fois, que les personnes souffrant d’obésité avec un IMC>30 entraient dans les populations à risque de développer une forme grave de Covid-19. Non sans préciser, à l’époque, que ce réajustement était réalisé « malgré l’absence de données dans la littérature ». (cliquez ici)
Depuis le 31 mars, la littérature médicale et scientifique évoquant l’obésité comme risque élevé de forme du Covid-19 a été particulièrement abondante. Aussi bien en France (étude du CHU de Lille, données de REVA, etc.) qu’à l’international (Grande-Bretagne, Chine, États-Unis, etc.). D’où la nouvelle et définitive position du HCSP.
Dans son dernier avis mis en ligne le 26 avril, le HCSP se réfère d’ailleurs aux données issues des informations fournies par l’Italie, l’Espagne, la Suède et les Pays-Bas pour argumenter sa position sur le niveau IMC>30. « Ces données confirment le risque de formes graves de Covid-19 chez les personnes atteintes de comorbidités précédemment rapportées : hypertension artérielle, diabète, pathologie cardiovasculaire, maladie respiratoire chronique, immunodépression, cancer et obésité », souligne le HCSP dans sa note de synthèse. Une note qui précise qu’en terme d’obésité « 73,4% des cas critiques ont un index de masse corporelle d’au moins 30 à 40 kg/m2 ».



Les données de Santé publique France mises à jour ?

Si le HCSP confirme donc officiellement sa position, en revanche Santé publique France (1) n’a pas encore adapté ses critères.
En effet, selon les données de Santé publique France à la date du 16 avril 2020, 67 % des patients admis en réanimation en France entre le 16 mars et le 12 avril 2020 présentaient au moins une comorbidité. Les plus fréquentes des comorbidités rapportées étaient un diabète (25%), une hypertension artérielle (21%), une pathologie cardiaque (20%), une pathologie pulmonaire (17%) et une obésité avec IMC>40kg pour 9,4% d’entre eux. Quant aux résultats à partir du niveau de l’IMC>30, c’est encore le flou.
Afin d’y voir clair, la Ligue contre l’obésité a contacté Santé publique France et l’a interrogée afin de savoir pourquoi l’IMC>30 n’était toujours pas prise en considération dans les statistiques régulièrement présentées, et ce malgré malgré l’avis du HCSP qui, dés le 31 mars, utilisait ce seuil de gravité plus bas.
Réponse de Santé publique France : « Si ce chiffre n’apparaît pas c’est que nos experts ont jugé qu’il n’était pas encore consolidé pour être publié. La nouvelle variable est, en effet, en cours de vérification et recodage. Nous faisons de notre mieux ». Et Santé publique France de rajouter : « Il faut au moins deux semaines avant que cette donnée devienne exploitable car l’ensemble des déclarants doit adopter le nouveau mode de recueil (cela peut prendre plusieurs semaines), sachant que plus de 140 services participent au recueil. Par ailleurs, nous devons vérifier la fiabilité du recueil et la cohérence avec les autres données recueillies ainsi que la cohérence avec des données déjà existantes ».
Fort du nouvel avis du HSCP publié le 26 avril, il est donc probable que Santé publique France propose prochainement une « cartographie » incluant désormais l’IMC>30 comme facteur de risque de développer une forme grave de Covid-19.



Une référence aux CDC américains

Dans cet avis publié le 26 avril, le HCSP fait référence à plusieurs organismes qui ont travaillé sur les rapports entre obésité et Covid-19. Parmi eux, le HCSP a suivi les recommandations des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) des Etats-Unis.
Dans leur document, les CDC estiment que « l’obésité sévère augmente le risque d’un problème respiratoire grave appelé syndrome de détresse respiratoire aigu (SRA), qui est une complication majeure de Covid-19 et peut causer des difficultés respiratoires pour les patients gravement malades ». Et les CDC de conclure que « les personnes vivant avec une obésité sévère peuvent avoir de multiples maladies chroniques graves et des conditions de santé sous-jacentes qui peuvent augmenter le risque de maladie grave de Covid-19 ».

(1) L’Agence nationale de santé publique, aussi connue sous le nom de Santé publique France, est un établissement public à caractère administratif français, placé sous la tutelle du ministère de la Santé.

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