Menée en Grande-Bretagne, la plus grande étude réalisée en Europe a permis de comparer les données de 17 000 patients atteints du Covid-19. Parmi les conclusions de l’enquête : « Etre un homme souffrant d’obésité avec un IMC supérieur à 30 constitue un facteur important associé à la mort dans les hôpitaux du Royaume-Uni. » La Ligue contre l’obésité avait révélé l’existence de cette étude dont les données se précisent.

Menée en Grande-Bretagne, la plus grande étude réalisée en Europe a permis de comparer les données de 17 000 patients atteints du Covid-19. Parmi les conclusions de l’enquête : «Etre un homme souffrant d’obésité avec un IMC supérieur à 30 constitue un facteur important associé à la mort dans les hôpitaux du Royaume-Uni.» La Ligue contre l’obésité avait révélé l’existence de cette étude dont les données se précisent.

Alors que la Grande-Bretagne enregistre, avec quelque 26 000 morts, le plus grand nombre de décès en Europe derrière l’Italie, les résultats d’une vaste étude menée sur son territoire entre le 6 février et le 18 avril 2020 confirme que l’obésité réduit les risques de survie au coronavirus. « L’âge et les comorbidités accrus, y compris l’obésité, sont associés à une probabilité plus élevée de mortalité », écrivent les auteurs du rapport.
Pour les chercheurs à l’origine de ce travail, il s’agit de la plus grande étude de ce genre réalisée en dehors de la Chine, pays où le coronavirus a émergé pour la première fois.
Les résultats de cette grande enquête menée en Grande-Bretagne auprès de 17 000 patients atteints du Covid-19 commencent à filtrer. Ils ont été communiqués très récemment au gouvernement du Royaume-Uni et à l’Organisation mondiale de la santé. Ils sont actuellement comparés aux données d’autres pays à travers le monde.
L’analyse préliminaire confirme que l’hypertension artérielle, les maladies coronariennes, l’obésité et les maladies pulmonaires chroniques sont des facteurs de risque qui peuvent mener à des cas graves, voire mortels, de Covid-19.



2 500 infirmières et étudiants de 166 hôpitaux mobilisées

Comme le révélait la Ligue contre l’obésité le 20 avril dernier sur son site (cliquez ici), cette enquête à grande échelle a été menée par un consortium de chercheurs de l’Imperial College de Londres, l’Université de Liverpool et l’Université d’Édimbourg sous le nom de ISARIC4C (étude internationale Severe Acute Infection Consortium).
Les données obtenues auprès de 16 749 patients touchés par le coronavirus au Royaume-Uni ont été recueillies par 2 500 infirmières et étudiants en médecine répartis dans quelque 166 hôpitaux.
Objectif de cette grande enquête : répondre à d’importantes questions sur l’évolution et les facteurs de risque de la maladie. Après avoir ajuster les résultats en fonction des autres problèmes médicaux tels que les maladies pulmonaires, cardiaques et rénales, les chercheurs ont conclu que « le fait d’être un homme ou une personne souffrant d’obésité avec un IMC supérieur à 30 constitue un facteur important associé à la mort dans les hôpitaux du Royaume-Uni ».


Une hausse de 37% du risque de décès

Partie prenante de cette étude, Calum Semple, professeur de santé infantile et de médecine des épidémies à l’Université de Liverpool, a déclaré que le coronavirus est une « maladie incroyablement dangereuse ». « Le taux de létalité de cas à l’hôpital est de la même ampleur que le virus Ebola. Si vous arrivez à l’hôpital avec le Covid-19 et que vous êtes assez malade pour être admis en soins intensifs, le taux brut de létalité se situe entre 35 et 40%. » Dans le détail, le professeur Semple a expliqué de 60% des personnes admises étaient des hommes et que les femmes avaient 20% de chance en plus de survivre. Selon cette étude britannique, les recherches ont révélé que près de la moitié des cas atteints par le coronavirus ne présentait aucun facteur sous-jacent ou risque supplémentaire comme, par exemple, l’obésité. « Mais lorsque les patients admis à l’hôpital sont obèses, leur risque de décès augmente de 37% », a poursuivi le représentant de l’Université de Liverpool. Il a également précisé que les personnes obèses avec un IMC>30 (Indice de masse corporelle supérieur à 30) gravement touchées par le Covid-19 « sont plus susceptibles de se retrouver dans les unités de soins intensifs et de mourir ».


Une augmentation de la « tempête cytokine »

Bien que les raisons pour lesquelles les personnes obèses souffrent d’une forme sévère de Covid-19 et meurent plus que d’autres groupes ne sont pas encore très claires, les chercheurs pensent que la réduction de la fonction pulmonaire et l’inflammation dans le tissu adipeux peuvent être à l’origine de la dégradation brutale de la santé des patients. Cette situation pourrait contribuer à une augmentation de la « tempête cytokine », une réaction potentiellement mortelle de la réaction immunitaire de l’organisme.
Le professeur Peter Openshaw de l’Institut national de cardiologie et de poumon de l’Imperial collège de Londres a déclaré que « cette étude est assez étonnante car elle a été lancée avec une grande vitesse et a recueilli beaucoup de données. Elle met en lumière plusieurs questions cruciales auxquelles les chercheurs, les professionnels de la santé, le public et les patients ont besoin de réponses. Nos recherches donnent une image exceptionnelle de la maladie et des facteurs de risque ».



Une personne hospitalisée sur trois a participé à l’enquête

De son côté, le professeur Calum Semple de l’Université de Liverpool, a précisé les conditions de l’étude. « Une personne sur trois admise atteinte du Covid-19 et admise à l’hôpital au Royaume-Uni a contribué à cette recherche vitale. La contribution des patients britanniques dans ces circonstances tragiques a été essentielle pour améliorer la compréhension globale de cette terrible maladie. Nous devons faire tout ce qui est humainement possible pour comprendre cette maladie, afin d’être mieux préparés à la prochaine vague de cette pandémie », a commenté le chercheur de Liverpool.
L’équipe d’ISARIC4C espère désormais en savoir plus sur les personnes à risque de maladie grave et pourquoi, et quelle est la meilleure façon de diagnostiquer la maladie. Dans le même temps, elle travaille sur les effets des traitements et s’interrogent sur le rôle du système immunitaire dans la protection et, potentiellement, dans la cause des dommages.

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