L’association française d’étude et de recherche sur l’obésité estime que tous les moyens nécessaires doivent mis en œuvre pour accélérer la campagne de vaccination, afin que toutes les personnes en situation d’obésité qui le souhaitent puissent se faire vacciner le plus rapidement possible. Elle rappelle que l’obésité est une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19, notamment chez les plus jeunes.

L’association française d’étude et de recherche sur l’obésité estime que tous les moyens nécessaires doivent mis en œuvre pour accélérer la campagne de vaccination, afin que toutes les personnes en situation d’obésité qui le souhaitent puissent se faire vacciner le plus rapidement possible. Elle rappelle que l’obésité est une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19, notamment chez les plus jeunes.

La Ligue contre l’obésité a tiré la sonnette d’alarme le 15 janvier (cliquez ici), l’Afero lui emboîte le pas le 20 janvier.
Dans un communiqué publié mercredi après-midi, l’Association française d’étude et de recherche sur l’obésité (1), essentiellement constituée de professionnels de santé, demande « en urgence à ce que l’obésité, pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19, figure dans la liste des pathologies prioritaires pour la vaccination ».
Cette prise de position intervient alors que les autorités sanitaires françaises maintiennent la vaccination des personnes en obésité (hors personnels de santé) en phase 3, c’est-à-dire dans le cadre de la période la plus lointaine du plan décidé par le gouvernement.



« L’obésité augmente la mortalité d’un facteur 2 à 4 en fonction des études »

Une aberration lorsque l’on sait que l’obésité est l’une des premières, sinon la première cause d’hospitalisation et de placement en réanimation en cas d’infection par la Covid-19. « La moitié des personnes admises en réanimation en France pour une infection à la Covid-19 sont en situation d’obésité (IMC ≥ 30 kg/m2). De plus, l’obésité augmente la mortalité d’un facteur 2 à 4 en fonction des études, notamment chez les femmes et les moins de 50 ans, proportionnellement à l’IMC », écrit l’Afero dans son communiqué.
Reprenant à juste titre les éléments évoqués par la Ligue contre l’obésité, l’Afero cite le dernier bulletin de Santé Publique France du 14 janvier qui précise que « 40% des personnes décédées en France entre le 5 octobre 2020 et le 12 janvier 2021 étaient en situation d’obésité ».



L’Afero invite les médecins généralistes à prescrire la vaccination…

Dans son texte, l’Afero rappelle que l’obésité est une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19. Ce constat l’incite a réclamer clairement la vaccination des personnes atteintes d’obésité « même si à ce jour l’obésité ne fait pas partie de la liste des pathologies prioritaires ».
Et l’Afero de « recommander vivement aux personnes en situation d’obésité de se faire vacciner contre la Covid-19 » et d’ « inviter les médecins généralistes à prescrire la vaccination chez ces personnes ».
L’Afero rappelle que, dès à présent, « les personnes présentant une obésité et au moins deux insuffisances d’organes (diabète, insuffisance respiratoire, cardiaque ou rénale) peuvent se faire vacciner ». Et l’Afero de citer le cas de patients « atteints de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes ». Une manière diplomatique mais ferme de rappeler que l’obésité peut entrer dans les critères de vaccination, mais surtout d’adresser un signal à l’Etat afin qu’il se penche expressément sur le cas de plusieurs millions de personnes souffrant d’obésité modérée, sévère ou massive.



La situation préoccupante de l’autre côté de la Manche

Informée des dégâts du variant anglais en Grande-Bretagne et en Irlande (cliquez ici), l’Afero attire l’attention des autorités sanitaires françaises sur l’urgence de la situation. « Compte tenu de la situation très préoccupante de l’autre côté de la Manche, tous les moyens nécessaires doivent être mis en œuvre pour accélérer la campagne de vaccination, afin que toutes les personnes en situation d’obésité qui le souhaitent puissent se faire vacciner le plus rapidement possible », écrit l’association co-signataire du communiqué avec le réseau Force (French Obesity Research Centre of Excellence) et la Coordination nationale des centres spécialisés de l’obésité (CSO).
Reste la question : la Ligue contre l’obésité et l’Afero seront-elles entendues ? Considérées comme les plus grands vulnérables tout au long de la pandémie, les personnes en obésité seront-elles les dernières à être vaccinées ? On en prend le chemin.


Philippe PALAT

(1) L’Afero a pour objet de promouvoir les échanges scientifiques, la diffusion des connaissances et la formation dans le domaine de la recherche biomédicale sur l’obésité. Elle contribue également à la recherche, la prévention, le traitement et l’éducation de l’obésité.

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