Alors que la pandémie repart de plus belle en France, le Gouvernement a décidé de réduire la période d’isolement de 14 à 7 jours. Une option qui semble de plus en plus s’inscrire dans la stratégie de l’immunité collective. Un danger pour les personnes vulnérables, en particulier pour celles qui souffrent d’obésité et qui ont déjà payé une lourd tribut à la Covid-19.

Alors que la pandémie repart de plus belle en France, le Gouvernement a décidé de réduire la période d’isolement de 14 à 7 jours. Une option qui semble de plus en plus s’inscrire dans la stratégie de l’immunité collective. Un danger pour les personnes vulnérables, en particulier pour celles qui souffrent d’obésité et qui ont déjà payé un lourd tribut à la Covid-19.

En dépit de la dégradation sanitaire en France, de l’augmentation des cas de contamination et de la hausse particulièrement sensible du nombre de personnes hospitalisées, le Premier ministre Jean Castex a annoncé une série de décisions à l’issue du Conseil de défense qui s’est tenu en fin de semaine dernière.
Parmi elles, la réduction de la durée de la période d’isolement de 14 jours à 7 jours. Une période considérée comme « véritable risque de contagion » pour les cas positifs et les cas contacts. En contrepartie de ce raccourcissement, il sera demandé un respect strict de l’isolement qui pourra être soumis à des contrôles.
Pour l’infectiologue François Bricaire, cet assouplissement permet de rendre la mesure « plus acceptable socialement ». Pour l’épidémiologiste Catherine Hill, « il n’y a pas de justification à ce raccourcissement », l’urgence, selon elle, étant plutôt que trouver les 80 % de cas qu’on ne détecte pas aujourd’hui. « Une stratégie qui consiste à laisser le virus circuler, c’est une grenade dégoupillée, qui coûtera bien plus cher que de bien faire les choses », a-t-elle ajouté.
Une vision qui rejoint celles de tous ceux qui prennent en considération la situation des personnes vulnérables, très souvent atteints de graves pathologies telle que l’obésité.
Par ailleurs, au vu des délais et des files d’attente pour réaliser un dépistage Covid, le Premier ministre a expliqué que des circuits prioritaires vont être réservés à trois types de population : les cas symptomatiques, les cas-contacts et les soignants ou assignés, travaillant dans un Ehpad ou à domicile, sous forme de créneaux dédiés.



Les points clés de Santé Publique France

Dans son point épidémiologique hebdomadaire du 17 septembre 2020, Santé Publique France revient sur un certain nombre de points clés liés à l’évolution de la situation sanitaire.
Durant la semaine 37 (7 au 14 septembre 2020), 1 041 279 personnes ont été testées pour la Covid-19, soit 1,6% de la population : 56 227 étaient positives, soit 5,4%. Soit une augmentation de 8% des cas confirmés par rapport à la semaine précédente (51 893 cas positifs).
Santé Publique France note une augmentation de l’ensemble des indicateurs de suivi de l’épidémie à SARS-CoV-2 : hausse des passages aux urgences, des nouvelles hospitalisations et des admissions en réanimation.
Le nombre de décès liés au Covid-19 en milieu hospitalier et en établissements d’accueil pour personnes âgées a doublé d’une semaine sur l’autre (265 contre 129 en semaine 36)
Santé Publique France évoque une « forte circulation du virus chez les jeunes adultes, et une hausse chez les 75 ans et plus ». A ce jour, 48 départements se situent au-dessus du seuil d’alerte avec 50 cas pour 100 000 habitants. Parmi ces territoires, 12 départements ont un taux supérieur à 100 cas pour 100 000 habitants.
Si on constate une augmentation de la circulation du virus en Guadeloupe et à Saint Martin, on assiste à une stabilisation en Martinique, à Saint-Barthélemy et à la Réunion. En Guyane et à Mayotte, le Covid est en régression.
Saint Publique France remarque qu’en terme de prévention le masque est porté plus fréquemment. Il est toujours très recommandé d’améliorer le maintien systématique d’une distance d’au moins un mètre entre les personnes, sans se serrer les mains ni s’embrasser, notamment chez les jeunes adultes et en milieu privé.



Comment se protéger ?

Masques, gel hydro-alcoolique, distanciation, quarantaine… Ces gestes et mesures barrières font désormais partie de la routine des Français, et ce d’autant qu’ils ont réintégré des espaces clos comme les salles de classe, les cabinets médicaux, salles de repos et autres locaux professionnels qui favorisent la transmission du coronavirus.
En quoi ces espaces fermés sont-ils plus à risque ? Comment les masques agissent-ils pour stopper la transmission du virus ? Que le virus s’éteigne ou devienne saisonnier, la mise au point d’un vaccin est-elle proche ?
Le site Medscape.com a interrogé deux virologues qui recommandent « d’aérer, autant que possible, les lieux où l’on se trouve » pour lutter contre la diffusion de ce virus respiratoire. D’où l’importance de maintenir des courants d’air, de changer l’air des pièces en ouvrant les fenêtres, et non en faisant tourner la climatisation ou la ventilation
L’intérêt des masques n’est plus à démontrer, en particulier dans les espaces clos. Les masques FFP2 – réservés aux personnels soignants très à risque de contamination – protègent les personnes saines qui le portent vis-à-vis des aérosols d’une personne malade ou potentiellement infectée. Les masques chirurgicaux, ainsi que les autres types de masques (tissu, fait maison…), protègent l’entourage de la personne qui le porte en bloquant les gouttelettes et les postillons émis lorsqu’elle parle. Selon les virologues, « ces masques ne protègent pas ceux qui les portent des aérosols mais en limitent la quantité. C’est donc une mesure efficace ».
Côté vaccin, ce n’est pas pour demain. A en croire les virologues, mieux vaut faire confiance, dans l’immédiat, aux gestes barrières pour stopper la transmission du virus, qu’attendre un hypothétique vaccin.

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