On le sait : obésité et Covid-19 ne font pas bon ménage. Une méta-analyse réalisée par l’université américaine de Caroline du Nord a rassemblée les données de 400 000 patients. Les chercheurs estiment que les individus souffrant à la fois d’obésité et de la COVID-19 ont deux fois plus de chance d’être hospitalisés. Pire : ils risquent de perdre deux fois plus la vie qu’un individu non atteint d’obésité.

On le sait : obésité et Covid-19 ne font pas bon ménage. Une méta-analyse réalisée par l’université américaine de Caroline du Nord a rassemblé les données de 400 000 patients. Les chercheurs estiment que les individus souffrant à la fois d’obésité et de la Covid-19 ont deux fois plus de chance d’être hospitalisés. Pire : ils risquent de perdre deux fois plus la vie qu’un individu non atteint d’obésité.

L’obésité augmente le risque de mourir de la Covid-19 de près de 50% et peut rendre les vaccins contre la maladie moins efficaces. C’est la double conclusion d’une étude très approfondie qui a utilisé des données mondiales. Publiée fin août dans la revue Obesity Reviews, cette méta-analyse dirigée à l’Université américaine de Caroline du Nord (UNC) à Chapel Hill a rassemblé les données de nombreuses études menées à travers le monde, dont la Chine, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Au total, ce sont 75 études précédentes (parmi les 1 733 recensés par les chercheurs), portant sur près de 400 000 patients, qui ont été décryptées. Selon les principales conclusions, l’obésité modérée à sévère ferait bondir de près de 50 % le risque de décéder de la Covid-19. Et les chercheurs de faire remarquer que « les probabilités de complications associées à la corpulence sont plus élevées qu’on le pensait jusqu’à maintenant ».



« C’est un nombre élevé assez effrayant »

Cette nouvelle étude de l’Université de Caroline du Nord sur les effets de la Covid-19 sur les personnes souffrant d’obésité (IMC>=30) constate que ces dernières sont plus à risque du virus dans tous les sens (1). Leur risque de se retrouver à l’hôpital avec la Covid-19 augmente de 113% et de besoin de soins intensifs de 74%. Autre chiffre inquiétant : le risque de succomber au coronavirus serait de 48 % supérieur.
L’étude a été menée par le professeur Barry Popkin, du département de nutrition de la Gillings Global School of Public Health de l’UNC, qui s’est dit choqué par les résultats. Le risque de mourir de Covid-19 chez les personnes souffrant d’obésité serait significativement plus élevé que quiconque ne l’avait pensé. « C’est un effet assez important pour moi, a reconnu le professeur Popkin. Il s’agit essentiellement d’une augmentation de 50 %. C’est un nombre assez élevé effrayant. Tout cela est beaucoup plus élevé que je ne m’y attendais. Le risque d’être admis à l’hôpital pour les personnes souffrant d’obésité a été doublé. L’admission aux soins intensifs et la mortalité sont très élevés. Pour être honnête, tous ces chiffres m’ont choqué. »



Hypertension, maladies cardiaques… des facteurs de vulnérabilité

Selon cette méta-analyse, cette situation s’expliquerait par le fait que l’obésité est liée à d’autres problèmes de santé qui sont des facteurs de vulnérabilité face à la Covid-19, comme l’hypertension, les maladies cardiaques, le diabète de type 2 et des problèmes rénaux.
Le surpoids pourrait aussi entraîner une résistance à l’insuline et de l’inflammation, qui peuvent en retour gêner le combat du corps contre l’infection virale. « Les personnes souffrant d’obésité sont également plus susceptibles d’éprouver des maux physiques qui rendent la lutte contre cette maladie plus difficile, comme l’apnée du sommeil, qui augmente l’hypertension pulmonaire, ou un indice de masse corporelle qui augmente les difficultés dans un milieu hospitalier avec intubation », a déclaré le co-auteur de l’étude, le professeur Melinda Beck, spécialisée en nutrition



Vaccins moins efficaces ?

L’étude soulève également la possibilité que les futurs vaccins contre la Covid-19 puissent être moins efficaces chez les individus atteints d’obésité en s’appuyant sur le fait que les vaccins contre l’influenza seraient moins efficaces chez les adultes qui ont ce problème de santé. « On ne dit pas que le vaccin ne sera pas efficace chez les populations souffrant d’obésité, mais bien que l’obésité devrait être considérée comme étant un facteur qui pourrait modifier son rendement », a précisé dans un communiqué Melinda Beck.
Et le professeur Barry Popkin de déclarer que les développeurs de vaccins devraient en effet examiner les données de leurs essais cliniques pour connaître l’effet de l’obésité, même lorsque ces vaccins ont un avantage global. « Ils pourraient faire quelques tests dans le vaccin pour le faire fonctionner mieux pour les personnes en situation d’obésité », a-t-il dit.



Saines habitudes et politiques publiques

Les auteurs préviennent que l’insécurité économique risque de réduire l’accès à une alimentation saine chez les gens à faible revenu. Par ailleurs, les mesures de confinement et même le télétravail, bien qu’ils soient nécessaires pour limiter la propagation du coronavirus, peuvent entraîner plus de comportements sédentaires, ajoutent-ils.
Pour les chercheurs, la population devrait adopter de meilleures habitudes de vie, tandis que les gouvernements auraient intérêt à mettre en place des politiques publiques allant en ce sens.

(1) Par exemple, l’un des rapports étudiés par les chercheurs de Caroline du Nord, qui a inclus 5 700 patients souffrant d’obésité à New York, a montré que 41,7% des patients hospitalisés Covid‐19 étaient des personnes souffrant d’obésité, alors que la prévalence moyenne des personnes souffrant d’obésité à New York était de 22%.

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