Une collaboration entre des chercheurs espagnols, français et allemands a permis d’identifier des biomarqueurs chez les patients souffrant d’obésité atteints par une inflammation du foie connue sous le nom de Nash. Ces caractéristiques biologique expliqueraient pourquoi ces personnes vulnérables ont un risque plus élevé en cas d’infection à la Covid-19.

Une collaboration entre des chercheurs espagnols, français et allemands a permis d’identifier des biomarqueurs chez les patients souffrant d’obésité atteints par une inflammation du foie connue sous le nom de Nash. Ces caractéristiques biologique expliqueraient pourquoi ces personnes vulnérables ont un risque plus élevé en cas d’infection à la Covid-19.

C’est désormais une certitude : l’obésité est un facteur de risque de développer une forme grave de Covid-19. Mais des chercheurs espagnols de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle ont mené une étude encore plus poussée pour connaître l’impact du coronavirus sur l’obésité lorsque celle-ci est liée à la « maladie de foie gras », aussi appelée Nash.
En collaboration avec des chercheurs français de l’Inserm, de l’Université de Lille et du CHU de Lille, et des chercheurs allemands de l’Université de Lübeck, les scientifiques du nord de l’Espagne ont planché pour comprendre la vulnérabilité de cette population de patients. Ils ont identifié des biomarqueurs chez les patients souffrant d’obésité atteints de stéatohépatite (ou « maladie du foie gras ») expliquant ce risque plus élevé de maladie sévère. Ils ont publié leurs résultats dans le Journal of Hepatology.



Une inflammation et par une fibrose hépatite

La stéatohépatite non alcoolique ou « maladie du foie gras » non alcoolique se caractérise par une inflammation et par une fibrose hépatique (tissu cicatriciel remplaçant les cellules hépatiques endommagées). Cette pathologie est parfois associée à l’obésité, maladie chronique touchant 1,9 milliard de personnes dans le monde (cliquez ici)
Pour l’équipe internationale de chercheurs pilotés par le Centre de recherche de médecine moléculaire et de maladie chronique (Cimus) de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle, alors que la pandémie de Covid-19 continue de frapper toutes les régions du monde, les patients présentant une obésité et une stéatohépatite non alcoolique associée sont particulièrement à risque.



Une expression plus élevée de l’ACE-2

Leurs travaux ont permis de mettre en évidence chez ces personnes une expression plus élevée de l’ACE-2 (cliquez ici), le récepteur cellulaire du virus, et l’enzyme Tmpross2 qui facilite l’union des membranes du virus et de la cellule. « Ces patients sont dotés d’un mécanisme très efficace permettant l’entrée du virus, ce qui accroît leur vulnérabilité en cas d’infection », indique le chercheur espagnol Ruben Nogueiras qui a coordonné l’étude.
Curieusement, ces observations ne s’appliquent pas aux patients atteints d’obésité présentant une stéatose simple (un stade plus léger que la stéatohépatite) ou aux patients obèses atteints de diabète de type 2.


Philippe PALAT


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