Menée sur plus de 4 000 Américains testés positif au Covid-19, une étude de grande envergure a permis d’examiner les différentes caractéristiques de chaque patient afin d’identifier les plus grands facteurs de risque. Cette expérience new-yorkaise tend à démontrer que, face au coronavirus, l’obésité et l’âge représentent les principaux facteurs qui déterminent l’évolution de la santé des patients.

Menée sur plus de 4 000 Américains testés positif au Covid-19, une étude de grande envergure a permis d’examiner les différentes caractéristiques de chaque patient afin d’identifier les plus grands facteurs de risque. Cette expérience new-yorkaise tend à démontrer que, face au coronavirus, l’obésité et l’âge représentent les principaux facteurs qui déterminent l’évolution de la santé des patients.

C’est une confirmation de plus qui démontre que les personnes souffrant d’obésité risque de développer une forme grave d’infection au Covid-19. Un premier rapport réalisé par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) tout au long du mois de mars dans quatorze Etats américains avait conclu que l’obésité était la condition sous-jacente la plus répandue chez les patients âgés de 18 à 49 ans, comme chez les patients âgés de 50 à 64 ans (Cliquez ici).
En début de semaine, l’annonce d’une nouvelle et très large étude menée auprès de 4 103 patients new-yorkais testés positifs au Covid-19 apporte des arguments supplémentaires à la dangerosité du lien entre obésité et coronavirus.



Âgés de plus de 65 ans avec un IMC>40

Sur ces 4 103 patients atteints par le coronavirus entre le 1er mars et le 2 avril, et suivis jusqu’au 7 avril 2020, la moitié d’entre eux. a été renvoyée chez elle et 1 999 ont été hospitalisés (48,7%). Parmi eux, 445 patients ont nécessité une ventilation mécanique, mais 162 sont décédés (36,4 %).
Dans leurs conclusions, les auteurs de l’étude confirment l’importance de l’âge et de l’obésité comme facteurs prédictifs d’hospitalisation. Plus précisément un âge supérieur à 65 ans et un IMC supérieur à 40. « La condition chronique la plus fortement associée à cette maladie grave était l’obésité, avec un rapport sensiblement plus élevé que les maladies cardiovasculaire ou pulmonaire », indique dans son rapport le professeur de médecine Christopher M. Petrilli de la Grossman School de l’université de New York (NYU).



L’importance des marqueurs inflammatoires

« Nous trouvons des associations particulièrement fortes entre l’âge avancé, l’obésité, l’insuffisance cardiaque et les maladies rénales chroniques et le risque d’hospitalisation, avec une influence beaucoup moins importante pour la race, le statut tabagique, les maladies pulmonaires chroniques et d’autres formes de maladies cardiaques », poursuit le médecin américain qui confirme avoir conduit « la plus grande série de cas aux États-Unis à ce jour ». Une étude menée afin de mieux comprendre « quels patients sont les plus à risque »
Dans leur document publié sur le site medRXiv, les chercheurs expliquent que « le plus frappant » dans leur diagnostic était l’importance des marqueurs inflammatoires qui déterminent la nécessité de placer le patient en soins intensifs. « Cela, écrivent-ils, pourrait expliquer le risque lié à l’obésité puisque cette maladie est reconnue comme un état pro-inflammatoire », tandis que le Covid-19 déclenche une réponse immunitaire inflammatoire.
« Les états hyperinflammatoires sont bien décrits dans les cas de septicémie grave, mais on ignore dans quelle mesure l’inflammation liée au Covid-19 est similaire ou différente de celle que l’on trouve habituellement dans les cas de septicémie », note l’équipe du professeur Petrilli. Elle remarque également que les patients atteints de Covid-19 ont présenté une coagulation sanguine, ou « hypercoagulabilité » qui se présente sous la forme de thromboses ou d’embolies.



La Chine n’a pas identifié l’obésité comme facteur de risque

Leora Horwitz de NYU Langone, qui a également participé à ces recherches, a déclaré à Newsweek, avoir été très surprise de voir que l’obésité était un facteur si important. « Aucun des premiers rapports en provenance de Chine n’a examiné l’obésité comme facteur de risque, de sorte que nous n’avions pas de preuves existantes de son importance comme forme grave d’infection ». Dans l’entretien accordé à l’hebdomadaire américain, le docteur Horwitz explique par ailleurs que dans les cas graves de Covid-19, le corps réagit de façon excessive à l’infection par l’inflammation, provoquant une irritation des poumons. « Or, il s’avère que l’obésité elle-même augmente la quantité d’inflammation dans le corps. Il est donc possible que l’obésité contribue aussi directement à la dégradation de l’état de santé du patient ».
Également interrogé par Newsweek, Ian Hall, le directeur du Centre des sciences biomoléculaires de l’Université de Nottingham au Royaume-Uni, a estimé que l’étude du professeur Christopher Petrilli constitue « une analyse précieuse » des patients atteints de Covid-19, montrant que l’obésité est un « facteur de risque majeur ».

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