Près de 36% des 393 premiers adultes atteints du coronavirus admis dans deux hôpitaux de New York souffraient d’obésite selon une lettre de recherche publiée la semaine dernière dans le New England Journal of Medicine. Une étude qui rejoint l’enquête menée tout au long du mois de mars auprès de 4 103 patients new-yorkais.

Près de 36% des 393 premiers adultes atteints du coronavirus admis dans deux hôpitaux de New York souffraient d’obésite selon une lettre de recherche publiée la semaine dernière dans le New England Journal of Medicine. Une étude qui rejoint l’enquête menée tout au long du mois de mars auprès de 4 103 patients new-yorkais.

Lorsque les Covid-19 s’est abattu sur les Etats-Unis, c’est d’abord New-York qui a été frappée. Dés le début du mois de mars, deux hôpitaux de la ville américaine ont vécu en direct les conséquences de l’épicentre du Covid-19. Une situation d’urgence et complexe sur le moment qui, avec le recul, permet aujourd’hui au NewYork-Presbyterian/Weill Cornell Medical Center et au NewYork-Presbyterian Lower Manhattan Hospital, de caractériser les 393 premiers patients consécutifs touchés par la pandémie et hospitalisés. « Cette série de cas rétrospectifs comprend des adultes de 18 ans ou plus atteints du Covid-19 et admis entre le 3 mars, date du premier cas positif, et le 27 mars. Pour sauver les patients, les deux hôpitaux ont adopté une stratégie d’intubation précoce avec l’utilisation limitée des canules nasales à débit élevé pendant cette période », précise les rédacteurs de la note parue dans le journal médical New England Journal of Medicine.
« Si l’obésité s’avère être un facteur de risque important pour les jeunes, et que nous examinons le reste des États-Unis où les taux d’obésité sont plus élevés qu’à New York, cela sera très préoccupant, a déclaré le docteur Roy Gulick, chef des maladies infectieuses à Weill Cornell Medicine, l’un des deux hôpitaux qui a participé à cette étude détaillée. Nous pourrions voir beaucoup plus de jeunes être hospitalisés. »
L’examen par le docteur Gulick des données des 393 premiers patients atteints par le Covid-19 admis dans les deux établissements hospitaliers de New York lui a permis d’identifier l’obésité comme facteur de risque d’admission. Il a également constaté que chez les adultes de moins de 54 ans, la moitié vivent en situation d’obésité, alors que le taux d’obésité de New York City est de 22%.



« L’obésité, facteur de risque pour l’échec respiratoire »

Dans la série rétrospective de cas paru dans le New England Journal of Medicine, les chercheurs ont utilisé des données électroniques sur les dossiers de santé pour décrire les caractéristiques cliniques des patients hospitalisés admis du 3 au 27 mars. L’âge médian était 62,2 ans et 60,6% étaient des hommes. Parmi eux, 35,8% souffraient d’obésité . « L’obésité était commune et c’est, peut-être, un facteur de risque pour l’échec respiratoire menant à la ventilation mécanique invasive », écrivent les auteurs de la note.
Cette étude rejoint celle menée entre le 1er mars et le 2 avril auprès de 4 103 patients newyorkais atteints du Covid-19 (cliquez ici). Dans leurs conclusions, l’équipe du professeur Petrilli confirmait déjà l’importance de l’âge et de l’obésité comme facteurs prédictifs d’hospitalisation. Plus précisément un âge supérieur à 65 ans et un IMC supérieur à 40. « La condition chronique la plus fortement associée à cette maladie grave était l’obésité, avec un rapport sensiblement plus élevé que les maladies cardiovasculaire ou pulmonaire », avait indiqué dans son rapport le professeur de médecine Christopher M. Petrilli de la Grossman School de l’université de New York (NYU).



Les symptômes : toux, fièvre, essoufflement…

En ce qui concerne les symptômes des patients, les médecins de deux hôpitaux de New York ont décortiqué les dossiers des 393 patients. Ils ont constaté que la toux (79,4 %), la fièvre (77,1 %), l’essoufflement (56,5 %), les douleurs musculaires (23,8 %), la diarrhée (23,7 %) et les nausées et vomissements (19,1 %) étaient les symptômes les plus courants.
La grande majorité des patients (90 %) ont eu une lymphopenie (faible niveau de lymphocytes, c’est-à-dire de globules blancs dont le rôle est la défense immunitaire de l’organisme face aux agressions infectieuses), tandis que 27% ont eu de faibles niveaux de plaquette. Les médecins ont noté que beaucoup de patients ont démontré des signes de fonction hépatique compromise et d’inflammation.



Un besoin de ventilation mécanique dix fois plus élevé qu’en Chine

Sur les 393 patients admis, 130 ont été placés sous ventilation mécanique invasive du 5 mars au 10 avril. Parmi eux, seulement 43 (33,1 %) ont été extubés à la date de l’écriture du document par les médecins.
Les patients sous ventilation mécanique étaient plus souvent des hommes atteints d’obésité. Ils étaient également plus susceptibles que les autres patients d’avoir besoin de médicaments vasopresseurs pour augmenter l’hypotension artérielle (95,4% contre 1,5%), d’avoir des complications comme les arythmies auriculaires (17,7% contre 1,9%), et d’avoir besoin de dialyse pour la première fois (13,3% contre 0,4%).
Quarante patients (em>30,8%) de ceux qui ont reçu la ventilation mécanique n’a pas eu besoin d’oxygène supplémentaire durant les trois premières heures d’arrivée aux urgences.
Les chercheurs ont noté que les signes et symptômes des patients à l’admission étaient semblables à ceux rapportés dans une grande série de cas en Chine, mais que les symptômes gastro-intestinaux étaient plus communs dans les patients de new-yorkais, ce qui pourraient être le reflet de la variation régionale ou une différence dans le rapport.
Le pourcentage de patients recevant une ventilation mécanique était dix fois plus élevé que celui signalé en Chine, ce qui pourrait être attribué à une maladie plus grave et au protocole d’intubation précoce utilisé dans les hôpitaux de New York.

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