En réalisant des tests de thérapie génique chez la souris, des scientifiques de Houston, aux Etats-Unis, ont identifié un circuit neuronal associé à la fois à l'obésité et à la dépression. Cette découverte pourrait peut-être aboutir à une nouvelle forme de thérapie pour contrôler l’appétit et les états mentaux.

En réalisant des tests de thérapie génique chez la souris, des scientifiques de Houston, aux Etats-Unis, ont identifié un circuit neuronal associé à la fois à l’obésité et à la dépression. Cette découverte pourrait peut-être aboutir à une nouvelle forme de thérapie pour contrôler l’appétit et les états mentaux.

Les recherches ont régulièrement montré que l’obésité et les troubles mentaux, tels que la dépression et l’anxiété, semblent souvent aller de pair. Cependant, les mécanismes neuronaux qui sous-tendent le contrôle réciproque de l’alimentation et des états mentaux sont en grande partie insaisissables. L’enjeu sanitaire est d’autant plus important qu’aux Etats-Unis les recherches font apparaître que 43 % des adultes souffrant de dépression sont en situation d’obésité et que les adultes qui ont souffert de maladies mentales sont plus susceptibles d’être en obésité que ceux qui sont en bonne santé mentale.
C’est donc pour tenter de percer ce mystère neuronal que des chercheurs américains ont cherché à démontrer comment se déroule l’évolution de souris, nourries à partir d’un régime riche en matières grasses.
Dans leur conclusion, les scientifiques du Baylor College of Medicine, à Houston, signalent qu’au fur et à mesure que les rongeurs ont pris du poids, leur niveau d’anxiété et de dépression ont augmenté.



Un traitement basé sur la thérapie génique

Publiée dans le journal Molecular Psychiatry, cette étude nous apprend que pour tenter de rectifier ce mécanisme cérébral défectueux, les scientifiques ont cherché à modifier le comportement des souris en leur administrant un traitement basé sur la thérapie génique. Ce procédé médical consiste à introduire du matériel génétique dans les cellules d’une personne malade pour la soigner. « Nous avons découvert chez des souris normales que deux groupes de cellules cérébrales, les neurones dBNST et AgRP, situés dans des zones cérébrales distinctes, forment un circuit ou une connexion entre eux en étendant les projections cellulaires. Ce circuit nouvellement découvert fonctionnait mal chez les souris qui étaient à la fois obèses et déprimées », écrit le Dr Guobin Xia, auteur principal de la recherche. « En utilisant des approches génétiques, nous avons identifié des gènes spécifiques et d’autres médiateurs qui étaient altérés et qui étaient à l’origine du dysfonctionnement du circuit chez les souris obèses et déprimées », complète son collègue le Dr Yong Han, qui a également participé à l’étude.



« La combinaison du zonisamide et du granisétron réduitl’anxiété et la dépression »

Au cours de leurs recherches, les scientifiques ont constaté que le traitement a eu pour effet de modifier les préférences alimentaires des souris, qui se sont tournées vers un régime plus sain, avec moins de graisses et une abondance de protéines et de glucides.
Devant ces résultats encourageants, les chercheurs ont étudié la possibilité de rétablir le nouveau circuit de manière pharmacologique. « Nous avons découvert que la combinaison de deux médicaments, le zonisamide et le granisétron, réduisait profondément l’anxiété et la dépression chez les souris et favorisait la perte de poids en agissant de manière synergique sur deux cibles moléculaires différentes au sein du circuit cérébral nouvellement identifié. Cela signifie que nos résultats dévoilent un mécanisme neuronal pour le contrôle réciproque de l’appétit et des états mentaux », note le Pr Yong Xu, co-auteur de l’étude.
Les scientifiques à l’origine ces travaux en concluent que des études complémentaires et de futurs essais cliniques testant l’intérêt d’un cocktail thérapeutique associant le zonisamide et le granisétron pourraient confirmer, ou infirmer, la possibilité d’un nouveau traitement pour la prise en charge les maladies métaboliques et psychiatriques.



Philippe PALAT (avec Pourquoi docteur)

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