Et deux confirmations de plus ! Après l’enquête réalisée auprès de 400 000 patients dans plusieurs pays, deux nouvelles études américaine et coréenne décrivent le lien entre l’obésité et le risque élevé d’infection par la Covid-19. Elles démontrent aussi les mauvais résultats en terme de guérison.

Et deux confirmations de plus ! Après l’enquête réalisée auprès de 400 000 patients dans plusieurs pays, deux nouvelles études américaine et coréenne décrivent le lien entre l’obésité et le risque élevé d’infection par la Covid-19. Elles démontrent aussi les mauvais résultats en terme de guérison.

L’obésité, terrain favorable pour la Covid-19 et ses dramatiques conséquences ? Fin août, une méta-analyse réalisée auprès de 400 000 patients par l’Université américaine de Caroline du Nord (cliquez ici) a une nouvelle fois démontré le douloureux impact du coronavirus sur les patients atteints d’obésité. Deux autres études, l’une américaine l’autre coréenne, confirme une nouvelle fois ces constatations scientifiques.
La première étude publiée le 25 août dans Diabetes Care, montre que les patients hospitalisés, principalement noirs, atteints par la Covid-19 avec le syndrome métabolique (1) étaient près de cinq fois plus susceptibles que leurs pairs d’avoir besoin de soins intensifs et d’une ventilation mécanique. Ils étaient 3,4 fois plus susceptibles de mourir de leurs infections.



Le syndrome métabolique augmente les chances de mortalité

« L’inflammation sous-jacente, en cas de syndrome métabolique, peut être le conducteur qui conduit à ces cas plus graves, a déclaré le docteur Joshua Denson de l’Université Tulane, l’un des auteurs de l’étude. Le syndrome métabolique devrait être considéré comme un prédicteur composite des résultats létaux de Covid-19, augmentant les chances de mortalité par les effets combinés de ses composants individuels. »
Les chercheurs ont suivi 287 patients atteints de coronavirus hospitalisés dans deux hôpitaux de la Nouvelle-Orléans du 30 mars au 5 avril, ce qui a coïncidé avec le pic pandémique dans cette ville. Sur ces 287 patients hospitalisés dans des établissements de la Nouvelle-Orléans, 188 (66%) étaient atteints du syndrome métabolique.



L’obésité, un marqueur pour 65% des cas

Comparativement à leurs pairs, un taux plus élevé de patients atteints de syndrome métabolique ont dû être pris en charge dans une unité de soins intensifs (56 % contre 24 %), avaient besoin d’un ventilateur (48 % contre 18 %), ont développé un syndrome de détresse respiratoire aiguë (37 % contre 11 %). Parmi eux, 26% sont décédés (contre 10 %).
L’âge moyen du patient était de 61 ans, près de 57 % étaient des femmes et plus de 85 % étaient noirs.
Leurs affections sous-jacentes les plus courantes étaient l’hypertension artérielle (80 %), l’obésité (65 %), le diabète (54 %) et les faibles taux de cholestérol à haute densité, c’est-à-dire le bon cholestérol (39 %).
Dans un communiqué de presse, le docteur Joshua Denson a expliqué que les personnes atteintes de syndrome métabolique devraient être particulièrement vigilantes en évitant l’exposition à la Covid-19. « Peu importe que vous soyez jeune ou vieux, nous en avons tenu compte, a-t-il dit. Vous devriez vraiment être très prudents, faire de la prévention, et si vous finissez par tomber malade, vous devriez probablement consulter votre médecin plus tôt. »



Des niveaux d’IMC plus élevés peuvent être associés à un risque plus élevé de contracter le virus

Dans la seconde étude publiée le même jour, des chercheurs en Corée du Sud se sont interrogés sur le fait de savoir si l’obésité est un facteur de risque de contracter le Covid-19. Cette option n’a, en effet, guère fait l’objet d’étude jusqu’à présent.
Dans leur étude, comparativement aux sujets témoins qui présentaient un « poids santé » normal, les adultes en surpoids étaient 1,1 fois plus susceptibles de contracter le coronavirus, tandis que les personnes en situation d’obésité étaient 1,3 fois plus susceptibles d’attraper le coronavirus. « Nous avons examiné l’association entre le niveau d’IMC et le risque d’infection à la Covid-19 dans une étude cas-témoins nationale comprenant 3 788 patients atteints du coronavirus entre le 24 janvier et le 9 avril 2020 », expliquent les scientifiques dans Clinical Infectious Diseases. Leur conclusion : des niveaux d’IMC plus élevés peuvent être associés à un risque plus élevé de contracter la Covid-19.



Les IMC élevés devraient être prioritaires dans les tests Covid-19

« Au fur et à mesure que la pandémie évolue, la poursuite de l’enquête sur l’interaction entre la santé métabolique, en particulier l’obésité, et le risque des Covidés-19 est justifiée afin d’éclairer les stratégies de contrôle du virus », écrivent les auteurs de l’étude. Ils préconisent notamment que « la relation causale entre l’obésité et le risque d’infections des personnes ayant un IMC plus élevé pourraient être potentiellement classées comme présentant un risque élevé et, par conséquent, être prioritaires dans les tests Covid-19. »

(1) Le syndrome métabolique, aussi appelé syndrome X, n’est pas une maladie en soi. Il désigne plutôt la présence d’un ensemble de signes physiologiques qui accroissent le risque de diabète de type 2, de maladies cardiaques et d’accident vasculaire cérébral (AVC). En France, il touche plus d’un adulte sur 6.

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