Sous prétexte que le poids des locataires pourrait causer « de graves dommages » aux poutres du logement, un couple britannique du Kent refusent que les personnes souffrant d’obésité accèdent à leur hébergement. Face à la levée de bouclier, le site Airbnb a retiré l’adresse de son site.

Sous prétexte que le poids des locataires pourrait causer « de graves dommages » aux poutres du logement, un couple britannique du Kent refusent que les personnes souffrant d’obésité accèdent à leur hébergement. Face à la levée de bouclier, le site Airbnb a retiré l’adresse de son site.

Un pas de plus dans la discrimination. L’histoire se passe début septembre dans le sud-est de la Grande-Bretagne, dans le Kent. A Sandwich, plus exactement (et cela ne s’invente pas !). Marcus Farkas et sa compagne Zsuzanna gèrent un chalet mis en location sur le site Airbnb. Un chalet qui possède des poutres en chêne du XVe siècle, des planchers en pierre décorés et un bain à remous à l’extérieur.
Sauf que le chalet, qui répond au joli nom de la Tanière de Bobbit (Bobbit’s Lair), et se loue autour de 220 euros la nuit possède un surprenant règlement. Un règlement dans lequel on peut lire en point n°6 que la propriété est interdite aux invités « plus grands que la moyenne » ou aux « personnes atteintes de troubles de l’alimentation avec une limite de poids maximale de 100 kilos par personne ».



Les associations montent au créneau

Cette limite de poids imposée aux clients voulant séjourner dans ce chalet a aussitôt créé la polémique. Au point qu’une bonne partie de la presse britannique a raconté cette affaire et que plusieurs associations de défense des personnes en situation d’obésité sont montées au créneau pour dénoncer une acte de grossophobie et de discrimination envers les personnes atteintes d’obésité.
Parmi elles, l’activiste anglaise Lindsay McGlone qui a aussitôt appelé à l’interdiction des hôtes d’Airbnb et a déclaré qu’il s’agissait d’un « nouvel exemple de discrimination contre les personnes grosses ». « Quand je l’ai vu, je n’arrivais pas à croire ce que je lisais, je ne comprenais pas que quelqu’un écrive ça », a déclaré Mme McGlone, de Doncaster, dans le Yorkshire du Sud.



« Ils prennent le prétexte de la stabilité de la maison… »

Pour leur défense, les loueurs ont affirmé qu’ils cherchaient à protéger leur bien et que c’est sur les conseils du constructeur du chalet qu’ils avaient pris l’initiative d’écrire cette liste d’interdictions. Le bâtisseur les aurait averti que « les personnes pesant plus de 100 kilos causeraient de graves dommages aux vieilles poutres du chalet ».
Sarah Le Brocq, directrice d’Obesity en Grande-Bretagne, un organisme de bienfaisance qui soutient les personnes vivant avec l’obésité, a qualifié la liste de « folie ». « Je suis quelqu’un qui vit avec l’obésité, et pour moi quelque chose comme ça renforce les sentiments négatifs que j’ai sur moi-même, a-t-elle expliqué au journal The Telegraph avant de déclarer que l’interdiction faite aux personnes atteintes d’obésité de rester dans cette propriété était « une grosse honte ». « La stabilité structurelle d’une propriété est une chose, mais combien de personnes limitez-vous dans la maison ? En fait, ils prennent le prétexte de la stabilité de la maison, mais en fin de compte, il s’agit clairement de fat-shaming (1), de stigmatisation du poids et de vrais préjugés contre les personnes qui ont de plus grands corps. »



La plateforme de location a suspendu l’inscription

Dans un communiqué publié très vite après l’apparition de la polémique, Airbnb a déclaré que « la discrimination et les préjugés n’avaient pas leur place dans notre communauté. Nous avons suspendu l’inscription de cette location », a précisé la plateforme communautaire de location et de réservation.
Et Airbnb de s’engager : « Nous appliquons une politique stricte de non-discrimination et dans le cadre de notre initiative Portes ouvertes, si un client estime avoir été victime de discrimination, nous fournirons un soutien personnalisé pour nous assurer qu’il trouve un endroit où séjourner. »
C’était sans compter sur l’étonnante et affligeante réaction de M. Farkas qui a déclaré au Times : « Certains ‘’flocons de neige’’ se sont offusqués de cette indication. C’est compréhensible, les gens sont facilement offensés par la vérité… »

(1) Fat-shaming : humiliation des personnes jugées grosses.

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