Si la Conférence interministérielle santé belge a décidé d’allonger le délai entre les deux doses du vaccin Pfizer de 21 à 35 jours, elle a par ailleurs lancé les préparatifs pour la phase de vaccination des personnes à risque âgées de 45 à 65 ans.

Si la Conférence interministérielle santé belge a décidé d’allonger le délai entre les deux doses du vaccin Pfizer de 21 à 35 jours, elle a par ailleurs lancé les préparatifs pour la phase de vaccination des personnes à risque âgées de 45 à 65 ans.

Tardive, la campagne de vaccination en Belgique tente d’accélérer le rythme. N’empêche : le manque de doses pénalise le pays qui, tant bien que mal, organise les vaccination de ses administrés selon des phases distinctes. Une organisation qui, dans le cadre de la phase 1B, devrait toutefois permettre aux personnes en situation d’obésité, âgées de 45 à 65 ans, de recevoir l’injection à partir du samedi 3 avril.
Initialement programmée à partir du 15 mars, cette phase de vaccination a pris du retard pour les personnes dites à risque.
Par « à risque », les autorités belges entendent les 45 à 65 ans qui souffrent de trouble respiratoire chronique, trouble cardiovasculaire chronique, trouble du système nerveux chronique, obésité (IMC supérieur à 30), diabète de type 1 et 2, démence, cancer (néoplasme), hypertension artérielle.
La liste des personnes « à risques » comprend également les 18 à 65 ans ceux qui souffrent de cancer du sang, maladie rénale chronique, maladie chronique du foie, syndrome de Down, système immunitaire affaibli, sida ou VIH, « maladie rare » officiellement diagnostiquée, receveurs de greffe d’organes ou personnes sur liste d’attente.



L’intervalle entre les deux injections allongé

De son côté, la Conférence interministérielle santé belge vient de décider de porter l’intervalle entre deux doses du vaccin Pfizer de 21 à 35 jours, ce qui permettra de diminuer la taille des stocks tampons et d’accélérer à court terme la vaccination. En clair, en élargissant la période entre les deux injections, la Belgique tente de se donner un peu d’air afin de pouvoir vacciner rapidement le plus grand nombre.
Le Conseil supérieur de la santé (CSS) avait déjà rendu un avis positif sur cet allongement début mars mais les ministres de la Santé avaient préféré prendre une semaine de réflexion avant de s’engager dans cette voie.
Le cabinet du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, précise que, pour ceux qui ont déjà reçu une première dose du vaccin Pfizer et ont un rendez-vous fixé pour l’injection de la seconde dose, rien ne change. Le délai de 21 jours reste d’application. Ce n’est que pour les nouveaux vaccinés que l’intervalle passera à 35 jours.



1,5 million de personnes dites à risques sont concernées

La conférence interministérielle s’est également penchée une nouvelle fois sur le délicat dossier des patients souffrant de comorbidités, notamment d’obésité. Un accord est intervenu entre les différentes entités du pays pour commencer les préparatifs visant à vacciner les personnes à risques à partir du 3 avril dans tout le pays. Cela concerne 1,5 million de personnes dites à risque.
Si la date du 3 avril a été retenue, c’est notamment en raison de la complexité politico-administrative belge. En effet, il faut que les différents parlements du pays ratifient l’accord (Parlement bruxellois, Parlement wallon, Communauté germanophone, Flandre, etc.) et ainsi donnent le feu vert aux mutuelles d’envoyer les données dont elles disposent. Car, en Belgique, ce sont elles qui doivent identifier les personnes avec comorbidités sur base des données de remboursement connues (prescriptions de médicaments, de traitements…).



Aux médecins généralistes belges de compléter la liste des vulnérables

Selon le journal Le Soir, les mutuelles veulent être « couvertes » au vu du caractère sensible de ces données. « Les listes de patients sont faites, explique Pierre Cools, secrétaire général adjoint de Solidaris. Il ne reste plus qu’à les envoyer dans la base de données comorbidités. Nous attendons les ratifications ».
Si ces listes ne sont pas complètes – pour certains facteurs de risque, les personnes ne vont pas à l’hôpital et ne prennent pas de médicaments particuliers (exemple : l’obésité) – il sera demandé aux médecins généralistes de les compléter suite à une consultation de la base de données. Charge à eux d’intégrer des listes de patients via leur logiciel médical.




Philippe PALAT


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