A l’autre bout de la planète, on affronte les mêmes problèmes qu’en France : l’assurance maladie ne couvre pas le traitement de l’obésité. Le professeur Koh Hye-jin de l’Hôpital national universitaire de Kyungpook tire la sonnette d’alarme. La même problématique existe concernant la chirurgie réparatrice après une intervention bariatrique.

A l’autre bout de la planète, on affronte les mêmes problèmes qu’en France : l’assurance maladie ne couvre pas le traitement de l’obésité. Le professeur Koh Hye-jin de l’Hôpital national universitaire de Kyungpook tire la sonnette d’alarme. La même problématique existe concernant la chirurgie réparatrice après une intervention bariatrique.

L’Organisation mondiale de la santé a eu beau reconnaître l’obésité comme maladie chronique en 1997, la plupart des pays dans le monde ne prenne pas en charge cette pathologie. C’est le cas de la France, mais aussi, par exemple, de la Corée du Sud.
Sur le continent asiatique, l’obésité est pourtant une réalité. « Ce n’est pas un problème cosmétique, mais bien une maladie qui nécessite un traitement. Sauf que les professionnels de la santé éprouvent des difficultés à assurer le suivi pour les préoccupations de coût », a récemment déclaré le professeur Koh Hye-jin de l’Hôpital national universitaire de Kyungpook, à Daegu.
C’est dans le cadre de la 53e conférence annuelle de printemps de la Société coréenne pour l’étude de l’obésité (KSSO) que le professeur Koh s’est exprimé. « L’obésité nécessite plus d’heures de traitement que les maladies générales et nécessite des conseils et de l’éducation, mais il est difficile de gérer les patients en pratique clinique parce que l’assurance maladie ne couvre pas le traitement de l’obésité », a-t-elle expliqué à l’assistance.



Temps de consultation long : l’exemple d’Obésanté

Tout comme la France, la Corée du Sud se heurte donc a une très importante difficulté économique lorsqu’il s’agit d’aborder le sujet du traitement, du suivi et du remboursement des frais médicaux liés à l’obésité. « Comme l’obésité est une maladie chronique qui nécessite un traitement médicamenteux continu et à long terme, les patients sont confrontés à des coûts très importants en raison de l’absence de remboursement », a-t-elle ajouté.
« Les patients en situation d’obésité connaissent très souvent des problèmes sociaux et économiques, à quoi s’ajoutent diverses complications médicales, a souligné le professeur Koh. Par conséquent, les professionnels de la santé doivent tenir compte de l’environnement socioéconomique du patient et connaître les antécédents médicaux des patients atteints d’obésité. Dans le processus, le temps de consultation est inévitablement plus long que lors du traitement des patients en général ».
Une situation connue qui, en France, a été prise en compte par le centre de santé Obésanté initiée par la Ligue contre l’obésité. « En règle générale, un médecin généraliste accorde dix à quinze minutes à un patient. Or l’obésité réclame plus de temps. Voilà pourquoi nous avons ouvert en février dernier Obésanté. Dans le cadre d’un parcours de soins, nos médecins obésitologues peuvent accorder jusqu’à une heure de consultation gratuite à une personne atteinte d’obésité », détaille Agnès Maurin, directrice de la Ligue contre l’obésité et présidente d’Obésanté.



« Les patients contraints à des dépenses médicales excessives »

En Corée du Sud, le professeur Koh estime que « si le temps de consultation est prolongé lors du traitement des patients en obésité, cela peut entraîner une diminution du nombre de patients traités et donc peut rendre difficile le traitement des patients souffrant d’obésité. Si le gouvernement fixe des frais de consultation, le personnel médical sera alors en mesure de mieux traiter les patients et de fournir un traitement approprié contre l’obésité. »
La problématique semble la même concernant l’après chirurgie bariatrique. « Après la chirurgie métabolique de l’obésité, des conseils nutritionnels sont nécessaires, poursuit le professeur Koh. Comme il n’y a pas de frais médicaux fixes pour cela, il n’est pas facile pour les travailleurs médicaux de demander conseil à un nutritionniste. De la même manière, comme les autorités sanitaires ne remboursent pas les médicaments contre l’obésité, les patients sont contraints à des dépenses médicales excessives ».



La nécessité de rembourser la chirurgie réparatrice

Le professeur Koh a également souligné la nécessité de rembourser la chirurgie réparatrice, notamment pour les patients « ultra-obèses » qui ont eu une perte de poids significative et dont la peau est devenue excessivement distendue. « Si quelqu’un perd de 30 à 40 kg, sa peau peut devenir lâche. Cela peut l’obliger à subir une intervention de chirurgie plastique, a reconnu l’experte coréenne. Or si le gouvernement offre des prestations d’assurance maladie à la reconstruction mammaire pour les patientes atteintes d’un cancer du sein, il devrait de la même manière rembourser les patients en obésité qui souffrent d’un relâchement excessif de la peau après perte de poids. » En France, on fait le même constat.



Philippe PALAT

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