L’été dernier, en pleine pandémie de la Covid-19, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, en obésité lui-même et victime d’une forme grave de la Covid-19, avait décidé un « plan anti-obésité » tous azimuts. Des députés anglais s’alarment de cette stratégie génératrice de troubles de l’alimentation. Le Comité des femmes et des égalités demande la suppression de la mesure de l’Indice de masse corporelle.

L’été dernier, en pleine pandémie de la Covid-19, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, en obésité lui-même et victime d’une forme grave de la Covid-19, avait décidé un « plan anti-obésité » tous azimuts. Des députés anglais s’alarment de cette stratégie génératrice de troubles de l’alimentation. Le Comité des femmes et des égalités demande la suppression de la mesure de l’Indice de masse corporelle.

La stratégie gouvernementale de la Grande-Bretagne sur l’obésité est considérée comme « dangereuse » par des députés anglais. Selon eux, cette approche entraîne des troubles de l’alimentation et des problèmes négatifs d’image corporelle.
Cette réaction intervient après que le Premier ministre britannique Boris Johnson, lui-même en obésité et victime de la Covid-19 au point d’être placé en réanimation (cliquez ici et ici), ait déclenché un « plan anti-obésité » tous azimuts. Un plan qui repose notamment sur un contrôle accru des publicités alimentaires sur le petit écran, la mise sous surveillance des promotions dans les supermarchés, une meilleure information des consommateurs, des budgets destinés à l’hopital public et aux municipalités afin de financer du conseil médical, des campagnes de publicité nationales ou locales, etc.
Bref, un ensemble de mesures qui repose essentiellement sur l’alimentation… sans suffisamment prendre en compte l’environnement global des personnes en situation d’obésité.



Une approche « Santé à chaque taille » plutôt que l’IMC

Face à cette stratégie, un rapport du Comité des femmes et des égalités vient de mettre le feu aux poudres. Ce document publié le vendredi 9 avril 2021 met en garde contre le confinement qui a eu, selon les auteurs du rapport, un effet « dévastateur » sur les personnes à haut risque de troubles.
Ce Comité estime que la stratégie choisie par le gouvernement pourrait effectivement déclencher des troubles de l’alimentation chez les personnes qu’elle est pourtant censée aider. Les membres de ce comité ont également déclaré que le Programme national de mesure de l’enfant est « susceptible de causer des dommages ».
Ce rapport demande au gouvernement de revoir la stratégie actuelle sur l’obésité, l’indice de masse corporelle (IMC) et les images publicitaires. « L’utilisation de l’IMC inspire la stigmatisation du poids, contribue aux troubles de l’alimentation et perturbe l’image corporelle et la santé mentale des gens », peut-on lire dans le rapport. Le Comité des femmes et des égalités demande également l’adoption d’une approche de « Santé à chaque taille ».



Le gouvernement doit veiller à ne pas contribuer aux pressions exercées sur l’image corporelle

Dans ce document d’une cinquantaine de pages, le Comité des femmes et des égalités demande un examen indépendant de la stratégie gouvernementale et la suppression immédiate de l’utilisation de l’indice de masse corporelle.
A la place, il préconise qu’une « Santé à chaque taille » soit adoptée pour donner la priorité aux choix de mode de vie en matière de santé plutôt qu’à la correction du poids.
Caroline Nokes, présidente du Comité des femmes et des égalités a déclaré que « l’utilisation de l’IMC comme mesure du poids santé est devenue une sorte de proxy ou de justification de l’humiliation du poids. Il faut que cela s’arrête. Nous sommes particulièrement alarmés par l’augmentation des troubles de l’alimentation et nous sommes préoccupés par le fait que la stratégie sur l’obésité et la collecte de données sur les niveaux d’obésité chez les enfants aggravent les choses en ne faisant pas la promotion de comportements sains. Le gouvernement doit veiller à ce que ses politiques ne contribuent pas aux pressions exercées sur l’image corporelle », a-t-elle expliqué devant le presse britannique.



Le gouvernement s’engage à améliorer les résultats

Le rapport indique également que la stratégie du gouvernement en matière d’obésité est « dangereuse » pour ceux qui ont des problèmes d’image corporelle et que cela pourrait déclencher des troubles de l’alimentation chez ces personnes vulnérables. « 61% des adultes se sentent négatifs au sujet de leur image corporelle la plupart du temps. Ce chiffre s’élève à 66 % pour les enfants et à 71 % pour les personnes handicapées », a précisé Caroline Nokes sur le site de la chaîne Sky News.
En réponse, un porte-parole du ministère de la Santé et des Soins sociaux britannique a déclaré savoir « qu’une mauvaise image corporelle peut être un facteur de troubles de l’alimentation pour les hommes et les femmes. Nous nous engageons à améliorer les résultats pour les personnes atteintes de troubles de l’alimentation et de problèmes de santé mentale connexes – avec un financement record pour élargir les services dévoués dans la collectivité », a-t-il précisé.



Philippe PALAT

Pour en savoir plus : cliquez ici et ici