Les personnes atteintes de diabète et d’obésité devraient être prioritaires dans la vaccination anti-Covid-19 selon les médecins de la Société irlandaise de nutrition clinique et métabolique. Cet appel fait suite à la troisième vague de contamination qui a submergé le pays en raison de la contagiosité de la variante anglaise du virus. Et ce, malgré un énième confinement.

Les personnes atteintes de diabète et d’obésité devraient être prioritaires dans la vaccination anti-Covid-19 selon les médecins de la Société irlandaise de nutrition clinique et métabolique. Cet appel fait suite à la troisième vague de contamination qui a submergé le pays en raison de la contagiosité de la variante anglaise du virus. Et ce, malgré un énième confinement.

Ce qui se passe en Irlande devrait inspirer les autorités sanitaires françaises et le gouvernement. Au cours du week-end dernier, les médecins de I’Irish Society for Clinical Nutrition and Metabolism (IrSPEN) ont annoncé que les personnes en situation d’obésité et les personnes souffrant de diabètes devraient être priorisées dans le cadre de vaccination à la Covid-19.
Carel le Roux, porte-parole de l’IrSPEN et spécialiste de l’obésité à l’hôpital universitaire St Vincent’s à Dublin, a déclaré que « les unités de soins intensifs font actuellement le plein de nombreux patients plus jeunes qui souffrent du diabète et d’obésité et qui ont contracté la Covid-19 ». Et le praticien irlandais d’expliquer cette situation par une réalité hospitalière qui empire au fil des jours. « Les personnes atteintes d’obésité massive et de diabète de type 1 et de type 2 plus grave sont les plus à risque. Ces patients ne sont, maintenant, pas ventilés aussi rapidement que lors de la première vague. La raison pour laquelle leurs niveaux d’oxygène deviennent si bas à autant à voir avec leur état sous-jacent. Le coronavirus n’est pas la seule cause », a précisé le professeur Carel Le Roux.
A l’évidence, le variant anglais du virus a accéléré la propagation alarmante du coronavirus dans le pays. Au point que les experts irlandais tirent la sonnette d’alarme et réclament une vaccination d’urgence pour éviter une hécatombe chez les plus vulnérables.



« Vacciner cette cohorte de patients afin de minimiser l’hospitalisation »

Le constat des médecins de l’IrSPEN rejoint depuis longtemps celui fait au niveau international : l’obésité, tout comme le diabète, sont apparus comme des facteurs de risque sous-jacents importants qui provoquent pour une maladie grave à partir de la Covid-19. « Ces patients devraient donc être priorisés pour la continuité du traitement pendant la pandémie. Le diabète et l’obésité provoquent une inflammation des petits vaisseaux sanguins autour des poumons et d’autres organes, ce qui est ensuite exagéré par la Covid-19. D’où l’importance de la continuité des traitements dans le cadre de la gestion de l’impact du virus, mais aussi l’importance de vacciner cette cohorte de patients afin de minimiser l’hospitalisation », a commenté le professeur Le Roux.
De son côté, le docteur Anna Clarke, responsable de la recherche sur le plaidoyer pour Diabetes Ireland, a souligné que déclaré « plus le contrôle du diabète est mauvais, plus le risque de complications graves du Covid-19 est élevé ». Ce qui fait dire au docteur Clarke que « la recherche médicale menée au cours de ces dix derniers mois montre l’importance pour les personnes atteintes de diabète et d’obésité de continuer à prendre leurs médicaments et d’assister à des rendez-vous, même s’ils sont virtuels ».



Un consensus pour prioriser la vaccination et la continuité des soins

La professeure Helen Heneghan, chirurgienne consultante à l’hôpital St-Vincent’s et membre de l’IrSPEN, a expliqué pour sa part que « le consensus parmi les médecins métaboliques spécialisés dans le traitement de ces affections est que ces patients devraient être priorisés à la fois pour la vaccination et la continuité des soins ». Selon la Société irlandaise de nutrition clinique et métabolique, « de nombreux patients atteints de diabète et d’obésité ont vu leurs traitements reportés ou dépriorisés dans les soins hospitaliers au cours des derniers mois. La relation entre ces conditions et le développement d’une maladie grave à partir de Covid-19 signifie que nous devrions continuer à traiter les patients », a poursuivi la professeur Heneghan.



L’obésité touche 23% de la population adulte en Irlande

Le docteur Mick Crotty, médecin généraliste basé à Dublin, estime que « le virus a évolué en passant d’une maladie à l’intérieur du poumon à une maladie qui réduit le flux sanguin immédiatement en dehors des poumons, réduisant de fait le transport de l’oxygène ».
Pour ce médecin irlandais, pas de doute : « Le virus accélère les complications sous-jacentes de maladies telles que le diabète et l’obésité. La pandémie de la Covid-19 nous a déjà alertés sur la vulnérabilité des patients atteints de diabète et d’obésité qui devraient être priorisés pour la vaccination. Nous devrions redoubler d’efforts pour aider ces patients à traverser la pandémie, ce qui profiterait aux taux d’hospitalisation et de mortalité ».
L’Irlande, qui compte 5 millions d’habitants, est sévèrement touchée par l’obésité avec un taux de 23% constaté dans la population adulte.



Philippe PALAT

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