Selon le professeur Chedlia Fendri, présidente de la société des sciences pharmaceutiques de Tunisie, l’obésité et le surpoids toucheraient près de 50 % des Tunisiens. Un chiffre qui placerait la Tunisie au 4ème rang mondial des pays les plus touchés par la maladie.

Selon le professeur Chedlia Fendri, présidente de la société des sciences pharmaceutiques de Tunisie, l’obésité et le surpoids toucheraient près de 50 % des Tunisiens. Un chiffre qui placerait la Tunisie au 4ème rang mondial des pays les plus touchés par la maladie.

Une étude de l’Association tunisienne d’étude et de recherche sur l’athérosclérose (Atera) vient de révéler, en cette fin décembre, une prévalence de 22,3 % de l’obésité dans la population adulte en Tunisie. Ce qui constitue un chiffre très important au regard des tendances mondiales puisque les dernières données internationales évaluent à plus de 650 millions le nombre de personnes souffrant d’obésité sur la planète, soit environ 13% de la population mondiale.
D’après le professeur Chedlia Fendri, présidente de la société des sciences pharmaceutiques de Tunisie, l’obésité et le surpoids toucheraient près de 50 % des Tunisiens ce qui placerait la Tunisie au 4ème rang mondial (cliquez ici)
Entre 1997 et 2005, la prévalence de l’obésité en Tunisie est passée de 7,9% à 13% pour les hommes et de 25,9% à 29,9%chez les femmes.
Selon le professeur Saisa, une projection de l’évolution de l’obésité pourrait conduire à une prévalence de 27% chez les hommes et 44% chez les femmes à l’horizon 2027.



80% de chance d’atteindre 70 ans avec un IMC normal

Dans leur analyse, les professionnels de santé tunisiens rappellent que l’obésité a un impact direct sur l’espérance de vie puisque cette dernière diminue au fur et à mesure que l’indice de masse corporelle (IMC) augmente : 80% de chance d’atteindre 70 ans avec un IMC normal, 60%si l’IMC si situe entre 35 et 40 kg/m² et 50% si l’IMC varie entre 40 et 50 kgm².
En plus de l’impact direct sur l’espérance de vie, l’obésité est associée à plusieurs comorbidités et complications. Des complications d’ordre mécaniques (apnée du sommeil, arthrose, incontinence urinaire, douleurs chroniques), métaboliques (asthme, stéatose hépatique non alcoolique, infertilité, diabète de type 2, facteurs de risques cardiovasculaires, AVC, dyslipidémie, HTA, maladies coronariennes, embolies pulmonaires, insuffisance cardiaque) ou psychiatriques (anxiété, dépression).
Face à ces chiffres alarmants ainsi que l’impact socio-économique de l’obésité, les experts tunisiens estiment qu’il est urgent de sensibiliser dès l’enfance pour lutter contre l’obésité et la prendre en charge de façon précoce.



Selon l’Unicef, 17,2% des enfants tunisiens âgés de 0 à 5 ans souffrent d’obésité

Une mobilisation générale qui s’inscrit dans le droit fil de l’étude réalisée par l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance) et relayée en novembre dernier par l’agence Tunis Afrique Presse (cliquez ici).
Selon ce rapport, quelque 17,2% des enfants tunisiens âgés de 0 à 5 ans souffrent d’obésité et 44,2% sont à risque d’obésité. Un chiffre qui s’explique notamment par l’existence d’un terrain génétique (au moins un parent en situation d’obésité), ainsi que par les pratiques alimentaires obésogènes de la société.
Le taux élevé s’explique également par le faible recours à l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois ainsi que les mauvaises pratiques d’introduction d’aliments de complément et le manque d’exercices physiques, selon l’organisation mondiale.



Un problème de conscience chez les adultes

Malheureusement, l’étude réalisée par l’Unicef montre aussi qu’il y a un problème de conscience chez les adultes qui ne sont pas sensibles aux soucis sanitaires de surpoids chez les enfants.
C’est le cas de la plupart des parents, et, pire encore, de nombreux professionnels de santé, notamment des médecins et des pédiatres, qui les détournent des bonnes pratiques d’alimentation du jeune enfant.
L’étude de l’Unicef souligne, par ailleurs, que l’État tunisien est complice dans cette situation, car il incite, via les subventions aux produits de base, à la consommation d’aliments hypercaloriques, favorisant l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires.


Philippe PALAT


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