Le calvaire d’Alain P. a pris fin. En obésité massive, ce patient de 53 ans est enfin sorti de son appartement de Perpignan où il était cloitré depuis plusieurs années et immobilisé à la suite d’une chute depuis juillet 2019. Mardi 1er décembre, l’intervention des secours a duré plus de six heures (1). Hospitalisé à Montpellier, Alain P. a souhaité adresser ses premiers mots à la Ligue contre l’obésité qui l’a soutenue dans cette épreuve.

Le calvaire d’Alain P. a pris fin. En obésité massive, ce patient de 53 ans est enfin sorti de son appartement de Perpignan où il était cloîtré depuis plusieurs années et immobilisé à la suite d’une chute. Mardi 1er décembre, l’intervention des secours a duré plus de six heures (1). Admis au CHU Saint-Éloi de Montpellier, Alain P. a souhaité adresser ses premiers mots à la Ligue contre l’obésité qui l’a soutenue dans cette épreuve.


Comment allez-vous Alain ?

Ça va. Je suis soulagé, j’ai enfin vu le bout du tunnel. Je suis dans une chambre d’hôpital à Montpellier, on s’occupe bien de moi. Ça va beaucoup mieux qu’à la maison. Je ne croyais pas qu’on y arriverait. Cela a été très dur. J’ai longtemps pensé que j’allais mourir à Perpignan. Si la Ligue ne s’était pas occupée de moi, si elle n’était pas intervenue, je serai toujours enfermé chez moi. Je ne serai pas ici. Et je serai sans doute décédé. Je n’aurais pas assez de vie pour remercier l’équipe de la Ligue contre l’obésité et mon avocat, Me Codognès. C’est grâce à eux que je suis toujours en vie.


Comment avez-vous vécu votre évacuation de l’appartement ?

Cela s’est bien passé, mais les secours ont eu de grandes difficultés pour me sortir. Malgré leur coquille spéciale, ils ont eu beaucoup de mal à me soulever. Cela faisait un an et demi que j’étais comme ça, sans bouger. Je n’ai jamais reçu de soins. Mardi, ils étaient dix pompiers et des médecins autour de moi et ils n’arrivaient pas à me soulever d’un centimètre. Puis, petit à petit, ils y sont arrivés. Tous ont été très gentils, ils ont été patients et efficaces.


Les médecins ont dit que vous avez été coopératif et que vous avez tout fait pour les aider….

Oui, c’est vrai, j’ai fait tout mon possible. Mais c’était difficile pour moi de bouger. Je suis resté assis, j’ai fait ce qu’ils m’ont demandé et comme j’avais mal, ils m’ont donné de la morphine à haute dose pour éviter les douleurs. Du coup, comme je souffrais moins, j’ai essayé de les aider au maximum. Mais cela a été dur. Puis ils m’ont placé dans un conteneur spécial. S’ils n’avaient pas découpé la fenêtre et la façade, je n’aurai jamais pu passer. Ils se sont bien occupés de moi et je les remercie tous, surtout les médecins de Montpellier. S’ils n’interviennent pas eux aussi, je crois que je serai mort là-bas. Dites-le leur…


Comment s’est déroulé le transport en ambulance jusqu’à Montpellier ?

Oui, impeccable. Ça secoué un petit peu, mais le trajet s‘est bien déroulé. Tout le monde était attentif à moi.


A l‘arrivée, il paraît que vous étiez ému…

Oui, c’est vrai, j’étais soulagé et heureux. Je ne suis qu’un homme après tout. Comme je n’y croyais plus, je me suis lâché un peu.


Comment s’est passée votre première nuit d’hôpital ?

On m’a mis sous perfusion. J’ai eu le sommeil un peu coupé. Je dors deux ou trois heures, puis je réveille, puis je me rendors. J’ai un peu regardé la télévision et j’ai vu le conteneur accroché à la grue qui m’a descendu dans la rue. C’est incroyable. En fait, chez moi, comme je ne voyais personne à part mon frère, la télévision marchait tout le temps, même la nuit. Cela me faisait de la compagnie.


Aujourd’hui, ce sont les personnels soignants qui vont vous tenir compagnie…

Oui, ça va me changer. Ils s’occupent déjà bien de moi. J’ai eu droit à des soins et à la toilette. Ça fait du bien. Je crois que demain ils vont me laver les cheveux.

(1) La photo de l’article est issue de la vidéo captée par Guillaume Collard du Sdis 66 (Service Départemental Incendie et Secours des Pyrénées-Orientales).



Pour en savoir plus : cliquez ici, ici , ici et ici