BAM15, une protéine qui agit comme un décupleur de dépense d'énergie, pourrait « devenir » le nouveau médicament anti-prise de poids. Les travaux menés en Louisiane apportent la première preuve in vivo de son efficacité contre l'obésité et ses principales comorbidités. BAM15 diminue la masse graisseuse corporelle des souris sans affecter l’apport alimentaire et la masse musculaire.

BAM15, une protéine qui agit comme un décupleur de dépense d’énergie, pourrait « devenir » le nouveau médicament anti-prise de poids. Les travaux menés en Louisiane apportent la première preuve in vivo de son efficacité contre l’obésité et ses principales comorbidités. BAM15 diminue la masse graisseuse corporelle des souris sans affecter l’apport alimentaire et la masse musculaire.

L’obésité n’a, aujourd’hui, pas de remèdes. Aux Etats-Unis, seule une poignée de médicaments sont actuellement approuvés par la « Food and drug administration » pour le traitement de l’obésité. Et, le plus souvent, « les personnes qui prennent ces traitements atteignent rarement la perte de poids à long terme », estime le professeur John Kirwan, le directeur exécutif du Pennington Biomedical Research Center à Baton Rouge, en Louisiane. « Pour mettre fin à l’épidémie d’obésité, il faut de nouveaux médicaments plus efficaces. Notre recherche sur la protéine BAM15 représente une étape très prometteuse dans le processus de découverte. Nous espérons que dans un avenir pas trop lointain, BAM15 ou ses composés connexes permettra de faire progresser le développement de médicaments cliniques et deviendra une option de traitement viable pour les patients souffrant d’obésité », souligne le chercheur.



Les mitochondries, centrales électriques de la cellule, seraient moins efficaces

Pour le professeur Kirwan, BAM15 diffère des médicaments existants de gestion du poids, qui fonctionnent en grande partie en réduisant la quantité de nourriture qu’une personne mange ou les calories que son corps absorbe. Habituellement, les médicaments de gestion du poids existants agissent en réduisant, par la régulation de la sensation de faim et/ou de satiété, la prise alimentaire et calorique du patient. Contrairement aux médicaments habituels de gestion du poids, BAM15 n’a pas réduit la quantité d’aliments consommés, mais a rendu les mitochondries moins efficaces.
Selon les recherches menées à Pennington, l’action « dynamique » de BAM15 agirait en rendant les mitochondries, véritables centrales électriques de la cellule, moins performantes. Le résultat est que les mitochondries brûlent plus d’énergie.



Des souris résistantes au gain de poids

Dans cette nouvelle étude, les scientifiques biomédicaux de Pennington montrent pour la première fois que les souris ayant reçu la protéine BAM15 sont résistantes au gain de poids en brûlant plus de calories que leurs homologues non traités.
Les chercheurs ont notamment observé avec BAM15 une augmentation de la respiration mitochondriale et de l’activité soutenue dans une large mesure. Une régulation accrue du poids corporel a été observée avec des réductions de l’accumulation de graisse, des améliorations dans le dégagement de glucose de corps entier et la dépense d’énergie sans changer la température corporelle.



« BMA15 réduit la glycémie et l’insuline »

BAM15 serait-il un nouveau « brûleur de graisses » ? Si c’est bien là le modèle de son action, les scientifiques expliquent que ce processus pourrait contribuer à traiter d’autres problèmes de santé, dont le diabète, la stéatose hépatique et certaines formes de cancer.
Mieux : selon l’équipe du professeur John Kirwan, BAM 15 « réduit la glycémie et l’insuline, quelle que soit la perte de poids ; améliore la sensibilité du muscle squelettique aux effets de l’insuline et réduit l’accumulation de graisses en particulier dans le foie, les reins et le sang », écrivent-ils dans leur étude publiée dans la revue EMBO Molecular Medicine.

(1) La FDA est l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux.

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