Instagram et son propriétaire Facebook sont-ils grossophobes ? Début février, les algorithmes de ces réseaux sociaux ont bloqué le compte de Télérama en raison de la couverture photo qui présentait une jeune femme nue et surtout corpulente. Pire : les internautes qui ont voulu partager cette « Une » ont été censurés.

Instagram et son propriétaire Facebook sont-ils grossophobes ? Début février, les algorithmes de ces réseaux sociaux ont bloqué le compte de Télérama en raison de la couverture photo qui présentait une jeune femme nue et surtout corpulente. Pire : les internautes qui ont voulu partager cette « Une » ont été censurés.

Machine arrière toute. La couverture de Télérama est à nouveau visible sur Instagram. Pourtant, quelques jours avant ce retour en grâce, le réseau social spécialisé dans le partage de photos et de vidéo avait bel et bien supprimé la « Une » de l’hebdomadaire télé. Motif de la suppression : en couverture, Télérama a publié une photo de la DJ et militante Leslie Barbara Butch, toute nue. Un « nu artistique qui, comme le dit Télérama, ne montre ni sexe, ni sein ». Une précision d’autant plus essentielle que la représentation du corps humain sur les réseaux sociaux demande une prudence de Sioux.



Trop de peau, trop de kilos ?

N’empêche : impossible pour les internautes de partager cette « Une ». Elle est censurée. Pire : le compte de Leslie Barbara Butch a été bloqué et fermé.

Du côté de Télérama, Thomas Bécard apporte une autre vision. Pour lui, si la photo a été interdite, c’est parce que « cette photo montre trop de peau ». En clair : trop de kilos ! Comprendre, comme le dit Valérie Barbe dans son éditorial sur France Bleu, ce qui est vraiment en cause , « c’est le format XXL de la jeune femme ». Car ce n’est pas la première fois qu’elle et d’autres femmes avec des courbes généreuses voient leur photo squeezées.
Et la journaliste d’argumenter : notre société ne veut pas voir de gros. « Ni sur internet, ni au boulot, ni même dans la vie de tous les jours. Dans les transports en commun, pas de siège adaptés. Pareil à l’école. Et idem à l’hôpital où les lits et les chaises roulantes sont inadaptés pour les plus de 100 kilos. Et pas mieux dans le regard des autres : en surpoids égal sans volonté. D’où un cycle infernal de souffrance qui bousille l’estime de soi et pousse à l’isolement. »



Des excuses, mais le mal est fait…

Devant la levée de bouclier, Facebook et Instagram ont présenté leurs plates excuses et ont rétabli les comptes. Un porte parole d’Instagram s’est même adressé directement à Télérama : « Nous souhaitons qu’Instagram soit un endroit inclusif où tout le monde se sente assez à l’aise pour être lui-même. Le contenu a été retiré par erreur et nous en sommes désolés. Il a depuis été rétabli. »
Trop tard : l’expression de la grossophobie s’est, une fois de plus, installée.

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