A l’initiative de la Ligue contre l’obésité créée en 2014 à Montpellier, plusieurs événements ont lieu en France en ce mercredi 4 mars, Journée mondiale unifiée contre l’obésité (World Obesity Day). A Paris, Nice, Rouen, Lille, Bordeaux... on marche pour changer le regard sur la maladie. Un regard complètement faussé si l’on en croit les résultats du sondage Odoxa commandé par la Ligue contre l’obésité et révélé aujourd’hui par de nombreux médias.

A l’initiative de la Ligue contre l’obésité créée en 2014 à Montpellier, plusieurs événements ont lieu en France en ce mercredi 4 mars, Journée mondiale unifiée contre l’obésité (World Obesity Day). A Paris, Nice, Rouen, Lille, Bordeaux… on marche pour changer le regard sur la maladie. Un regard complètement faussé si l’on en croit les résultats du sondage Odoxa commandé par la Ligue contre l’obésité et révélé aujourd’hui par de nombreux médias.

67% des Français estiment que perdre du poids est d’abord une question de volonté.
62 % des Français pensent que l’obésité est avant tout due à une mauvaise alimentation et à un manque d’activité physique.
55 % considèrent qu’il ne faut pas hésiter à mettre les personnes en situation d’obésité face à leurs responsabilités.
Pour les Français, c’est clair : les personnes souffrant d’obésité sont responsables de ce qui leur arrive. Tel est le terrible constat et tels sont les chiffres inquiétants dévoilés par le sondage Odoxa publié aujourd’hui, 4 mars, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’obésité.
Commandée par la Ligue contre l’obésité avec le soutien de Withings, cette enquête réalisée début février démontre à quel point il est urgent d’agir pour changer le regard sur cette maladie et sur toutes les personnes souffrant d’obésité.
En miroir, les patients directement interrogés par la Ligue contre l’obésité disent avoir déjà été, à 73,7%, victimes de racisme anti-gros. Un pourcentage effrayant si l’on compare à d’autres discriminations relevées par le baromètre du Défenseur des droits en septembre 2018 (33 % des personnes perçues comme non blanches déclarent avoir subi des attitudes racistes, 24 % des personnes homosexuelles ou bisexuelles déclarent avoir été victimes d’attitudes homophobes, 23 % des femmes déclarent avoir subi un comportement sexiste).
Traduction : les Français sont donc en majorité persuadés que si les personnes obèses ne parviennent pas à maigrir, c’est bien qu’elles sont paresseuses. Qu’elles manquent de volonté.



L’obésité est une maladie complexe aux causes multiples

Cette conscience collective est entretenue depuis plus de vingt ans par une communication gouvernementale de lutte contre l’obésité exclusivement axée sur l’alimentation et l’activité physique. Cet unique message est désastreux.
Cette politique gouvernementale permanente et étriquée bloque la prise en charge de l’obésité en tant que maladie. Pire : elle alimente les préjugés.
Dirions-nous aujourd’hui qu’une personne est diabétique parce qu’elle a une faiblesse pour le sucre ? Évidemment non, nous avons compris que le diabète est une dérégulation de la glycémie. Depuis, nous acceptons les dérèglements provoquant cette pathologie et le diabète est une maladie reconnue.
L’obésité aussi est une maladie. C’est une pathologie complexe, aux cause multiples. Et les raisons pour lesquelles nous pouvons prendre du poids nécessitent d’être comprises, analysés.
A l’échelle de la recherche fondamentale, la science s’intéresse depuis très peu de temps aux mécanismes qui favorisent l’émergence de l’obésité.



Des facteurs biologiques et environnementaux

En simplifiant, on peut dire que l’obésité provient de deux phénomènes : le premier est biologique, le second environnemental.
Au plan biologique, chaque individu possède son propre métabolisme de base. A comportement égal, chacun de nous va dépenser différemment les calories au repos. Certains brûlent de la graisse, d’autres non.
Ce processus biologique, cette fonction évolutive vitale a permis durant des siècles la sauvegarde de l’espèce humaine. Les individus dotés d’un métabolisme lent ou bas ont, par exemple, survécu aux famines.
L’évolution de notre société et la disparition des famines produisent aujourd’hui l’effet inverse : plus besoin de stocker de la graisse pour survivre. Sauf que les personnes qui ont hérité d’un métabolisme de base lent souffrent aujourd’hui d’obésité. Pire, aujourd’hui cette graisse nous tue.



Génétique, pollution, sommeil, bruit, stress, traumatisme

La recherche avance et les chercheurs commencent à mieux comprendre les dysfonctionnements biologiques hérités ou pas, qui entretiennent la prise de poids et l’augmentation de la masse graisseuse. Par ces facteurs, on trouve des prédispositions génétiques et des mécanismes physiologiques défaillants tels qu’une libération plus élevée de l’hormone de la faim (la ghréline) ou le blocage par le cerveau de l’hormone de satiété : la leptine.
Au plan socio-environnemental, ces mécanismes biologiques sont amplifiés par le type de société dans lequel nous évoluons. Les facteurs sont multiples : pollution, perturbateurs endocriniens qui dérèglent notre microbiote ou flore intestinal, qualité et quantité de sommeil qui jouent un rôle primordial dans le stockage des graisses, stress psychologique, exposition au bruit, traumatismes et agressions, etc.
Le modèle sociétal dans lequel nous évoluons, qui peu à peu détruit la planète, provoque aussi l’extinction humaine. Et, en priorité, toutes les populations à risques.
Parmi elles, les personnes susceptibles de développer la maladie chronique de l’obésité sont particulièrement vulnérables.



Mettre le cap sur la recherche pour stopper la progression

Le « Mangez moins et bougez plus », message simpliste et inopérant délivré aux personnes atteintes d’obésité, ne fonctionne pas. Et ne fonctionnera pas.
Penserait-on simplement, soigner un cancer avec des fruits et des légumes ? Penserait-on soigner un asthme sévère en demandant les personnes de respirez plus profondément ?
De la même manière qu’il a fallu des années de lutte pour reconnaître au cancer et au sida leur statut actuel, il en sera de même pour l’obésité.
En 1997, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré l’obésité comme première maladie chronique de l’histoire.
Cette pathologie, grave et galopante, nous ne savons pas encore la guérir. Il n’existe pas de traitements médicamenteux. Il n’existe pas de solution miracle.
En revanche, il est du devoir de notre société de prendre soins de ses malades. De changer le regard sur l’obésité. Et d’enfin mettre le cap sur la recherche en France, seul véritable espoir pour inverser la courbe de progression de l’obésité qui, en vingt ans, est passée de 5 à 8 millions de Français atteints par la maladie.

(1) Pour lire l’intégralité du sondage Odoxa commandé par la Ligue contre l’obésité : Cliquez ici

(2) Découvrez le site de la Journée mondiale contre l’obésité et l’agenda des événements : Cliquez ici