L’épidémie d’obésité prend un nouveau sens outre-Atlantique. Non seulement elle présente des risques élevés dans le cadre de la pandémie de coronavirus, mais elle impacte les ressources de chacun, propulsant les familles vers l’insécurité alimentaire.

L’épidémie d’obésité prend un nouveau sens outre-Atlantique. Non seulement elle présente des risques élevés dans le cadre de la pandémie de coronavirus, mais elle impacte les ressources de chacun, propulsant les familles vers l’insécurité alimentaire.

Les États-Unis cumulent de bien tristes records. En cette fin novembre 2020, la Covid-19 a contaminé près de 12 millions de personnes et tué près de 260 000 Américains, tandis que les chiffres de l’obésité ne cesse d’augmenter puisque la barre des 42% de personnes souffrant de cette pathologie a été franchie selon les données 2018-2019 du système de surveillance des facteurs de risque comportementaux des Centres de contrôle de santé et de prévention des Etats-Unis (Centers for Disease Control and Prevention).
Selon les experts, cette double peine « obésité – Covid-19 » fait des dégâts dans la population américaine. « Cette année a vraiment exposé les crises qui se chevauchent en terme de maladies chroniques, d’inégalités en matière de santé et de Covid-19, a estimé en fin de semaine dernière Dara Lieberman, directeur des relations gouvernementales au Trust for America’s Health (association à but non lucratif ‘’Confiance pour la santé de l’Amérique’’). Beaucoup d’entre nous dans la santé publique redoutaient depuis un bon moment car on savait que cela mettrait l’Amérique dans un risque de sécurité nationale en raison de notre risque élevé de maladie chronique. »



Les risques posés par l’obésité se sont aggravés pendant la pandémie de coronavirus

Selon le Système de surveillance des facteurs de risque comportementaux des Centers for Disease Control and Prevention, 12 États avaient en 2019 des taux d’obésité chez les adultes à ou au-dessus de 35% contre seulement neuf États en 2018 et zéro en 2012. La majorité de ces États se trouvent dans le Sud : avec 40,8% de sa population atteinte, le Mississippi est l’Etat qui a le taux d’obésité le plus élevé en 2019. De son côté, le Colorado a le taux le plus bas de l’obésité avec 23,8% de sa population concernée par la pathologie.
Le rapport, basé en partie sur les données récemment publiées en 2019 révèle que 42,4 % de la population américaine était en situation d’obésité en 2017-2018, selon l’Enquête nationale sur l’examen de la santé et de la nutrition de cette année-là.
L’obésité, qui est mesurée par un indice de masse corporelle de 30 ou plus, est étroitement associée à certaines conditions de santé néfastes comme les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, deux des principales causes de décès aux États-Unis.
De plus, les risques posés par l’obésité se sont aggravés pendant la pandémie de coronavirus. En effet, de très nombreuses études internationales ont démontré que les personnes aux prises avec l’obésité sont susceptibles de connaître de pires résultats avec la Covid-19. Non seulement, elles sont plus susceptibles d’être hospitalisées que la moyenne de la population, mais elles courent un risque accru de mortalité.



La pandémie de la Covid-19 sur l’économie a limité les ressources de beaucoup de gens

Mais selon les experts de la Trust for America’s Health, la relation entre l’obésité et le coronavirus ne s’arrête pas là. L’effet de la pandémie de la Covid-19 sur l’économie a limité les ressources de beaucoup de gens, propulsant les familles à travers le pays vers l’insécurité alimentaire.
Définie par des habitudes alimentaires perturbées, une consommation alimentaire réduite et une qualité alimentaire réduite, l’insécurité alimentaire est liée à des régimes alimentaires de moindre qualité. Selon le rapport, cette situation présente des risques graves pour la santé car, en fin de compte, elle augmente la probabilité d’obésité.
« La prévalence de l’insécurité alimentaire est sans surprise liée aux conditions économiques au niveau individuel et sociétal, a déclaré Dara Lieberman. Les ménages à faible revenu sont donc beaucoup plus susceptibles d’être en situation d’insécurité alimentaire que l’ensemble de la population. Et 2020 devrait être une année record pour l’insécurité alimentaire, bien sûr en raison de la pandémie et de la récession économique qui y est liée. »



Les ménages à faible revenus plus à risque de connaître l’obésité

Selon le rapport de l’association américaine, en plus d’être à un risque accru d’insécurité alimentaire, les ménages à faible revenus sont également plus à risque de connaître l’obésité. Cela est encore plus vrai dans les régions rurales et dans celles qui ont un système éducatif moins performant.
Le rapport précise par ailleurs que ce sont les Noirs américains qui ont connu les taux d’obésité les plus élevés en 2017-2018 avec 49,6% pour les adultes de 20 ans et plus. Les personnes d’origine latines ont le deuxième taux le plus élevé avec 44,8%, alors que les Américains blancs se situe à 42,2% et les Asiatiques à 17,4%.
Le rapport souligne que ce sont les femmes asiatiques qui ont le taux d’obésité le plus bas de tous les groupes démographiques, tandis que les femmes noires avaient le taux le plus élevé.


Philippe PALAT


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