Une récente méta-analyse confirme que l'adiposité qui se dépose au niveau du ventre accroît le risque de mourir prématurément, toutes causes de mortalité confondues. L’étude, menée par une équipe de scientifiques iraniens, a été publiée dans le British Medical Journal.

Une récente méta-analyse confirme que l’adiposité qui se dépose au niveau du ventre accroît le risque de mourir prématurément, toutes causes de mortalité confondues. L’étude, menée par une équipe de scientifiques iraniens, a été publiée dans le British Medical Journal.

C’est à la fois une confirmation du risque accru de mortalité et une véritable remise en question de l’Indice de masse corporelle. Pendant plusieurs mois, l’équipe du professeur de nutrition Sakineh Shab-Bidar de l’Université médicale de Téhéran, en Iran, a étudié la corrélation entre l’obésité centrale (celle qui se situe au niveau du ventre) et le risque de décès toutes causes confondues. Les résultats sont particulièrement éclairants.
L’étude, qui a été publiée dans le British Medical Journal fin septembre, rappelle que l’obésité, avec tout ce que cette maladie implique, est associée à un risque accru de mortalité. Pourtant, il existe un concept qui fait son chemin dans les têtes : celui d’obésité saine.
L’idée défendue serait que, même en étant en situation d’obésité, si l’intéressé n’a aucune autre pathologie et pas de difficulté pour se mouvoir, il serait alors considéré comme étant en bonne santé. Sauf que la récente méta-analyse menée par les chercheurs de Téhéran bat clairement en brèche cette idée. En effet, leur vaste enquête qui vient d’être révélée met en évidence qu’il existe une forte corrélation, couplée d’une association dose-réponse, entre l’adiposité ventrale et le risque de mortalité toutes causes confondues.



72 études scientifiques analysées

Pour parvenir à leurs conclusions, les scientifiques de l’équipe du professeur Sakineh Shab-Bidar ont d’abord examiné près de 100 000 études. Parmi elles, 1 950 ont été sélectionnées en fonction de leur admissibilité au sujet concernant l’impact de l’adiposité.
Les analyses finales se sont appuyées sur 72 études de cohorte prospectives portant, au total, sur 2 528 297 participants. Chacune de ses études abordait de manière différente le sujet de l’association entre adiposité ventrale et mortalité, toutes causes confondues.
Les études prises en compte comportaient des marqueurs plus ou moins précis (tour de taille, tour de hanche, tour de cuisse, rapport taille/hanche, rapport taille/hauteur, rapport taille/cuisse, indice d’adiposité corporelle) de l’adiposité ventrale.



Des mesures d’adiposité pour compléter celles de l’IMC

Toutes ces données ont été intégrées dans les modèles et les calculs statistiques des chercheurs. Au terme de son analyse, l’équipe du professeur Sakineh Shab-Bidar a conclu que l’adiposité ventrale est associée de manière significative avec un risque de mortalité élevée. Une dose-réponse a même été identifiée, ce qui est un des critères pour soupçonner un effet de causalité. « Si une plus grande circonférence de hanche et la circonférence de cuisse ont été associées à un risque plus bas, les résultats suggèrent que des mesures de l’adiposité centrale pourraient être utilisées avec l’Indice de masse corporelle (IMC) comme approche supplémentaire pour déterminer le risque de décès prématuré », souligne dans son rapport l’équipe iranienne.



L’obésité est une maladie

Dans leur étude, les chercheurs iraniens rappellent que pour combattre l’obésité, le vieil adage « Manger moins, bouger plus » n’est d’aucune utilité.
Comme la plupart des chercheurs, ils estiment que la prise alimentaire est quelque chose d’éminemment complexe, influencée par une pléthore de facteurs. Afin de lutter véritablement contre cette maladie, c’est tout le système alimentaire et médical qui, selon beaucoup d’experts, est à revoir.
A l’évidence, faire peser toute la responsabilité sur l’individu n’est pas en accord avec les données scientifiques désormais disponibles sur cette maladie. L’environnement complexe dans lequel nous vivons doit permettre aux individus malades de faire les bons choix et d’avoir accès aux informations de qualité pour avoir les moyens d’agir sur leur maladie, en plus des traitements médicaux essentiels qu’ils doivent suivre.

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