Interpellé par Le Parisien-Aujourd’hui en France, Dominique Le Guludec, présidente de la Haute autorité de santé (HAS) reconnaît que les personnes en obésité « paient un lourd tribut » à la pandémie. Dans son édition du 22 avril 2021 - qui cite la Ligue contre l’obésité pour son action - la patronne de l’HAS estime « qu’il serait légitime d’ouvrir la vaccination à toutes les personnes obèses ».

Interpellée par Le Parisien-Aujourd’hui en France, Dominique Le Guludec, présidente de la Haute autorité de santé (HAS) reconnaît que les personnes en obésité « paient un lourd tribut » à la pandémie. Dans son édition du 22 avril 2021 – qui cite la Ligue contre l’obésité pour son action – la patronne de l’HAS estime « qu’il serait légitime d’ouvrir la vaccination à toutes les personnes obèses ».

C’est une victoire de la Ligue contre l’obésité sur le papier. Et, en filigrane, peut-être une future modification du calendrier vaccinal favorable aux personnes en obésité. Depuis plusieurs mois, la Ligue contre l’obésité réclame la vaccination des personnes en situation d’obésité de moins de 50 ans. Pour l’association, il n’est pas tenable que cette vaccination soit toujours prévue en même temps que l’ouverture à la vaccination que les Français de moins de 50 ans en bonne santé. Une absurdité au moment où les services de réanimation sont saturés et que la population des hospitalisés rajeunit…
Après que de très nombreux médias nationaux aient relayé la position de la Ligue contre l’obésité (cliquez ici), un début de réponse favorable au souhait de la Ligue contre l’obésité vient d’être publié, ce jeudi 22 avril, dans le journal Le Parisien-Aujourd’hui en France. Une réponse éclairante qui émane de la Haute autorité de santé (HAS), c’est-à-dire de la plus importante autorité publique française indépendante à caractère scientifique.



Une déclaration dans le droit fil des revendications de la Ligue contre l’obésité

Dans son édition du jour, le journal interroge Dominique Le Guludec, présidente de l’HAS sur une potentielle ouverture de la vaccination à toutes les personnes souffrant d’obésité, et pas seulement celles de plus de 50 ans. Sa réponse est claire : « Il serait légitime, dès lors que la vaccination aura été ouverte aux plus de 50 ans et qu’on disposera des doses en nombre suffisant – ce point est essentiel -, de l’ouvrir à toutes les personnes obèses ».
Cette déclaration s’inscrit dans le droit fil des revendications de la Ligue contre l’obésité qui réclame l’ouverture rapide de la vaccination aux personnes atteintes d’obésité sans limite de critère d’âge.



« Souvent, leur jeunesse frappe : ils ont 30, 40, 50 ans »

C’est à partir de la réalité du terrain dans les hôpitaux, de témoignages de patients et de la position de la Ligue contre l’obésité que le journal Le Parisien a abordé le sujet sous forme de lettre ouverte à la présidente de la Haute autorités de santé. « Il suffit de parcourir ne serait-ce qu’un service de réanimation pour être interpellé. Dans les chambres, un malade du coronavirus sur deux est en situation d’obésité. 48 % très exactement aujourd’hui, alors qu’ils représentaient 45 % des admis cet automne. Souvent, leur jeunesse frappe : ils ont 30, 40, 50 ans », écrit le journal qui indique, à juste titre, que les moins de 50 ans « ne font pas tous partie de la liste des prioritaires à la vaccination ».
Et Le Parisien de s’intéresser aux quelques 3,3 millions de personnes en obésité qui ont moins d’un demi-siècle qui ont, écrit le journal, « l’impression d’être laissés sur le carreau ».
Pourtant, rappelle le journal, « le ministère de la Santé, dans sa note du 4 mars, indique bien que l’obésité est reconnu comme un facteur avéré de vulnérabilité face au virus indépendamment de l’âge, ou d’autres comorbidités (hypertension, diabète…) » (cliquez ici). Et Le Parisien de citer Agnès Maurin, directrice de la Ligue contre l’obésité : « Même si on exclut le côté humain pour se concentrer sur l’aspect mathématique, ce n’est pas logique : la vaccination cherche à désengorger les services de réa et à sauver des vies. Or, 50 % de ceux qui s’y trouvent et de ceux qui craignent d’y mourir sont obèses ! ».



« Cette décision serait cohérente avec les avis que nous avons rendus »

Face à cette démonstration, le journal national a donc soumis sa question à la présidente de la Haute autorité de Santé : « Le Parisien – Aujourd’hui en France aimerait ainsi savoir si vous comptez plaider pour un élargissement de la stratégie à toutes les personnes obèses ? Si oui, à quelle échéance peuvent-elles l’espérer ? ».
C’est par écrit que Dominique Le Guludec a fourni sa réponse à la presse : elle parle de situation « grave » pour les obèses face au Covid, reconnaît qu’ils paient « un lourd tribut » à la pandémie et qu’ils font partie des publics prioritaires et doivent être vaccinés « avant la population générale ».
Quid alors des 3,3 millions d’obèses pas encore quinquagénaires, demande le journal à la présidente de la HAS. « Il serait légitime, dès lors que la vaccination aura été ouverte aux plus de 50 ans et qu’on disposera des doses en nombre suffisant – ce point est essentiel -, de l’ouvrir à toutes les personnes obèses. Cette décision n’appartient pas à la HAS, qui n’émet que des recommandations, mais elle serait en tout cas cohérente avec les avis que nous avons rendus », répond Dominique Le Guludec, la présidente de la Haute autorité de santé. Et le journal de conclure : « C’est donc acté. Objectif mi-mai. »



Philippe PALAT (avec Le Parisien Aujourd’hui en France)

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