Invité jeudi 7 octobre du 19/20 sur France 3 Normandie, le président régional de la Ligue contre l’obésité, Olivier Foulatier, a abordé les questions liées à la maladie. Un peu plus tard dans la soirée, France 3 Occitanie a consacré une émission à la grossophobie. Agnès Maurin, la directrice de la Ligue contre l’obésité, a évoqué le sujet sensible de la discrimination.

Invité jeudi 7 octobre du 19/20 sur France 3 Normandie, le président régional de la Ligue contre l’obésité, Olivier Foulatier, a abordé les questions liées à la maladie. Un peu plus tard dans la soirée, France 3 Occitanie a consacré une émission à la grossophobie. Agnès Maurin, la directrice de la Ligue contre l’obésité, a évoqué le sujet sensible de la discrimination.

C’est sans doute le hasard du calendrier ! Jeudi 7 octobre, à quelques heures seulement d’intervalle, la chaîne France 3 a invité des représentants de l’association pour évoquer le sujet de la maladie et de la grossophobie. Les téléspectateurs des régions Normandie et Occitanie ont, du coup, entendu les messages portés par la Ligue nationale contre l’obésité, mais également des témoignages de personnes souffrant d’obésité particulièrement poignants.
Présent durant le journal télévisé de France 3 Normandie, Olivier Foulatier, chirurgien digestif et président régional de la Ligue contre l’obésité a répondu, en direct, aux questions du journaliste chargé du 19/20. Il a rappelé que « l’obésité est une maladie qui a été portée par un slogan néfaste ‘’Mangez bougez’’ qui a laissé croire qu’il s’agit d’un problème d’alimentation ou d’excès de sédentarité ».
Or, comme le soutient la Ligue contre l’obésité et comme l’affirment de plus en plus de voix, notamment dans le milieu scientifique, les causes sont ailleurs. « On ne choisit pas d’être obèse. Il y a des causes génétiques, hormonales. On prend du poids à l’adolescence, à la grossesse, à la ménopause. On peut prendre du poids si on arrête de fumer, si on consomme de l’alcool, à cause d’un mauvais sommeil… » a expliqué le chirurgien normand.
Face caméra, le président Foulatier a rappelé les chiffres de l’obésité. « C’est une maladie dangereuse et mortelle. On compte chaque année 180 000 décès liés à l’obésité. A titre de comparaison, la Covid-19, c’est 32 000 morts et une économie à plat ; la mortalité routière, c’est 3 000 décès par an. »



« La chirurgie ne marchera que s’il y a une vraie prise en charge »

Face à ce constat alarmant, le président régional a précisé que ce combat nécessitait « des moyens importants pour lutter contre l’obésité. Il faut mettre à la disposition des patients des outils de diagnostic et surtout pouvoir identifier l’obésité comme une maladie ». Et le chirurgien de rappeler que la France n’a toujours pas reconnu l’obésité comme une pathologie, contrairement à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui l’affirme depuis 1997.
A la question de la chirurgie bariatrique, Olivier Foulatier a reconnu qu’il s’agissait du « premier réflexe », mais qu’il ne fallait pas nier « les 30% de récidive » si le diagnostic de chacune de ces causes de l’obésité n’a été fait correctement ou si les patients ne sont pas accompagnés après l’opération. « La chirurgie ne marchera que s’il y a une vraie prise en charge », a conclu le président Foulatier en parlant « d’enjeu majeur pour la chirurgie ».



« Le culte de la minceur, le diktat de la silhouette »

A l’autre bout de la France, c’est France 3 Occitanie qui s’est également intéressé à l’obésité et à la grossophie. Devant le cadre de l’émission ‘’Enquêtes de région’’, Agnès Maurin, la directrice générale de la Ligue contre l’obésité a posé le débat en rappelant que « le culte de la minceur et le diktat de la silhouette font loi dans notre société qui ramène l’obésité à un comportement individuel, au manque de volonté, au manque de courage… ».
Préférant le terme de « discrimination » à celui de grossophobie car, selon elle, « ce mot évoque la peur du gros », Agnès Maurin a expliqué que cette stigmatisation était quotidienne et jamais condamnée. « L’arsenal juridique autour de l’apparence corporelle n’est pas du tout développée », a-t-elle souligné.



Déscolariation, désocialisation

Une situation qui entraîne une culpabilisation permanente des personnes atteintes d’obésité, et ce, très souvent depuis le plus jeune âge. « A force de tenir de ce discours stigmatisant, les gens s’enferment ». Un isolement qui peut aller jusqu’à la déscolarisation pour les enfants, au renoncement pour les adultes, voire à la désocialisation. « Beaucoup de personnes qui souffrent d’obésité nous disent qu’elles ont le sentiment de ne pas appartenir à cette société, qu’elles se sentent nulles, qu’elle s’habillent en noir pour disparaître… », a précisé Agnès Maurin.



« Il faut changer les messages gouvernementaux »

Fustigeant les régimes qui font prendre plus de poids qu’ils ne permettent d’en perdre, la directrice de la Ligue contre l’obésité a rappelé que « l’obésité est une maladie » qui trouve ses racines dans « la génétique et l’épigénétique » liée à nos modes de vie actuel.
Pour Agnès Maurin, la lutte contre la maladie passe par une autre approche. « Il faut changer les messages gouvernementaux. Oui, le surpoids, on peut le combattre pour perdre quelques kilos. Mais l’obésité est une maladie contre laquelle il faut mettre en place toute une série de mesures efficaces ». Comme, par exemple, une vraie prise en charge des patients, la formation des médecins, la lutte contre la grossophobie médicale, le soutien à la recherche… « On vit dans dans une société qui n’est pas du tout adaptée aux personnes atteintes d’obésité », assène-t-elle en guise de conclusion.

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