A ce jour, la vaccination par tranche d'âge ne permet pas aux personnes de moins de 50 ans atteintes d'obésité de se faire vacciner. Depuis plusieurs semaines, la Ligue contre l’obésité se mobilise, notamment, pour obtenir que les 18 à 50 ans qui souffrent de cette pathologie puissent devenir prioritaires. Un enjeu vital pour ces patients à risque et un levier majeur pour éviter la saturation dans les hôpitaux. La presse nationale s’en mêle.

A ce jour, la vaccination par tranche d’âge ne permet pas aux personnes de moins de 50 ans atteintes d’obésité de se faire vacciner. Depuis plusieurs semaines, la Ligue contre l’obésité se mobilise, notamment, pour obtenir que les 18 à 50 ans qui souffrent de cette pathologie puissent devenir prioritaires. Un enjeu vital pour ces patients à risque et un levier majeur pour éviter la saturation dans les hôpitaux. La presse nationale s’en mêle.

« Pas reconnues, pas soignées et désormais pas vaccinées ». Une triple peine pour les personnes en obésité. Depuis un an, la Ligue contre l’obésité bataille pour faire accepter l’obésité comme faisant partie des critères à risque. D’abord pour obtenir des mesures de protection spécifiques dues au confinement (isolement, télétravail et chômage partiel), puis pour la vaccination des plus de 50 ans.
N’empêche : dans un pays où plus de 7 millions de personnes souffrent d’obésité, et dont la moitié a justement moins de 50 ans, il y a une ligne que la Ligue contre l’obésité tente de faire bouger depuis plusieurs semaines : l’extension de la vaccination à toutes les personnes en état d’obésité sans aucun critère d’âge.(cliquez ici)
« Depuis le mois de mars 2020 nous ne cessons de faire bouger les lignes pour faire accepter l’obésité comme partie intégrante des critères à risque, alors que les chiffres des décès et les chiffres des hospitalisations prouvent que cette pathologie est très à risque », note Agnès Maurin, directrice cofondatrice de la Ligue contre l’obésité sur BFMTV (cliquez ici)
Selon les données de Santé Publique France, entre 45 et 47% des patients infectés entrant en réanimation sont en situation d’obésité, indépendamment de l’âge ou d’autres maladies associées (cliquez ici). Quant aux décès, Santé Publique France évalue à 41%, le taux de personnes décédées présentant au moins cette comorbidité.


Europe 1, France 3, Pourquoi docteur, BFMTV, France 2…

Réclamant haut et fort la priorisation à la vaccination pour les personnes souffrant d’obésité de moins de 50 ans, la Ligue contre l’obésité, à défaut d’être entendu par le ministère de la Santé et par les autorités sanitaires françaises, trouve un large écho dans toutes les médias nationaux qui, sujet après sujet, relaient le message d’urgence.
S’appuyant sur des témoignages de patients, la presse illustre l’incohérence de la situation à l’heure où la population des hospitalisés rajeunit et les services de réanimation affichent complet.
Au micro d’Europe 1, c’est Alina, 45 ans, qui explique sortir très peu de chez elle pour ne pas attraper le virus (cliquez ici). « Elle a essayé de se faire prescrire le vaccin auprès de son médecin traitant mais rien à faire. Aujourd’hui elle ne comprend pas pourquoi les personnes obèses ne sont pas prioritaires dans la campagne de vaccination », souligne la radio qui cite la jeune femme. « Les services de réanimation sont engorgés par des personnes en surpoids ou en état d’obésité, de plus en plus jeunes. La réalité est là ! », pointe-t-elle auprès d’Europe 1. « Ce n’est pas normal. Nous ne sommes pas des citoyens de deuxième classe ! ».
Même son de cloche sur France 3 Nouvelle Aquitaine qui a interviewé Jérôme, 41 ans, domicilié près de Bordeaux (cliquez ici). « Depuis deux semaines, il se bat pour se faire vacciner. Son premier coup de fil va à son médecin traitant, auprès de qui il espère avoir une attestation, qui lui est refusée. « Pas avant juin, juillet pour votre tranche d’âge », lui répond le practicien. Il contacte alors sa nutritionniste, qui lui parle du cas de deux de ses jeunes patientes en obésité morbides, elles aussi recalées », raconte France 3 Nouvelle Aquitaine.



Vaccinées au même moment que les moins de 50 ans en bonne santé…

Pour l’heure, le calendrier vaccinal national n’intègre pas les personnes en obésité de moins de 50 ans. Si rien ne bouge au niveau des autorités sanitaires, elles devront attendre la fameuse « phase 3 », c’est-à-dire le début de l’été. Elles seront alors vaccinées au même titre qu’une personne de moins de 50 ans en bonne santé…
« Pourtant, les études montrent bien qu’une personne en surpoids présente un risque plus important plus important de contracter une forme grave de Covid-19, et ainsi d’être admise en réanimation. Ce risque de complication augmente encore si elle a des pathologies associées, comme le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, l’apnée du sommeil, les maladies du foie ou les troubles hormonaux », confirme le site spécialisé Pourquoi docteur qui a également interrogé la Ligue contre l’obésité (cliquez ici).
Malgré ces évidences, seules les personnes considérées comme « à très haut risque de forme grave de coronavirus » sont considérées comme éligibles à la vaccination, comme le détaille le ministère de la Santé sur son site (cliquez ici).



« A Strasbourg, on peut se faire vacciner si on a 20 ans, mais pas ailleurs sur le territoire »

A l’évidence, les personnes en situation d’obésité de moins de 50 ans sont les grands oubliés de la campagne de vaccination contre la Covid-19. Alors que la vaccination est aujourd’hui ouverte à l’ensemble des plus de 55 ans et aux 50-54 ans avec comorbidité, 3,5 millions de personnes s’estiment mises sur la touche… et doivent prendre leur mal en patience avant d’espérer recevoir leur première dose. Sauf que…
Sauf que s’affranchissant du calendrier vaccinal, certains centres de vaccination ont décidé de leur donner la priorité, au même titre que les autres patients avec comorbidités. C’est le cas à Strasbourg, comme l’a révélé mi-avril la Ligue contre l’obésité (cliquez ici) où un centre de vaccination a décidé d’ouvrir ses portes aux personnes en obésité de plus de 18 ans. Le tout en accord avec l’Agence régionale de Santé du Grand-Est et le préfet. « Il faut se rendre compte que, finalement, très peu de personnes même de moins de 50 ans sont inéligibles. Les obèses à plus de 30 d’indice de masse corporelle ont toujours un autre facteur de risque », affirme à France Info le professeur Michel Pinget, qui gère ce nouveau centre (cliquez ici).
Une incohérence « positive » pour les personnes en obésité que pointe du doigt Agnès Maurin, la directrice cofondatrice de la Ligue contre l’obésité. Interrogée par Europe 1, elle dénonce des « inégalités sur le territoire. Cela signifie que lorsqu’on habite Strasbourg, on peut se faire vacciner si on a 20 ans, mais pas ailleurs sur le territoire ».
Comme le dit BMFTV à la fin de son reportage (cliquez ici), cette initiative est saluée par la Ligue contre l’obésité, qui souligne qu’il s’agit là d’un cas unique : « Ailleurs sur le territoire, les personnes souffrant d’obésité entre 18 et 50 ans ne peuvent pas se faire vacciner », répète Agnès Maurin qui, au nom de la la Ligue contre l’obésité, réclame une révision urgente du calendrier vaccinal.



Philippe PALAT

Pour en savoir plus : cliquez ici