Comme de nombreux polluants atmosphériques, le dioxyde d’azote, que l’on retrouve dans les moteurs diesel, est un polluant courant qui peut avoir un impact sur les symptômes de l’asthme. Une étude menée sur 271 élèves scolarisés en centre-ville aux États-Unis a examiné la relation entre le dioxyde d’azote, les symptômes de l’asthme et l’indice de masse corporelle. Des mesures de précaution peuvent êtres prises.

Comme de nombreux polluants atmosphériques, le dioxyde d’azote, que l’on retrouve dans les moteurs diesel, est un polluant courant qui peut avoir un impact sur les symptômes de l’asthme. Une étude menée sur 271 élèves scolarisés en centre-ville aux États-Unis a examiné la relation entre le dioxyde d’azote, les symptômes de l’asthme et l’indice de masse corporelle. Des mesures de précaution peuvent êtres prises.

Les données qui traitent de l’exposition des élèves asthmatiques souffrant d’obésité scolarisés dans les centres-villes sont très rares. Or, l’obésité et l’asthme sont deux maladies chroniques infantiles qui ont montré une augmentation frappante de la prévalence au cours des deux dernières décennies. La preuve par les chiffres : les taux d’obésité sont plus élevés chez les enfants hispaniques (25,8 %) et les enfants noirs (22%) que parmi les enfants blancs (14,1%) et les enfants asiatique (11 %). De même, les populations urbaines souffrent d’un taux disproportionné d’asthme.
Un certain nombre d’études ont déjà démontré une plus grande sévérité de l’asthme chez les enfants asthmatiques des centres-villes. Cela se traduit notamment par une consommation plus élevée de médicaments pour lutter contre l’asthme, mais également une mauvaise réponse aux médicaments et une plus grande utilisation des soins de santé.



Des élèves âgées de 4 à 13 ans scolarisés dans 37 écoles en centre-ville

Pour tenter d’avancer sur le sujet, une équipe d’experts américains de l’Etude sur l’asthme dans les écoles en milieu urbain (School Inner-City Asthma Study) a mené une analyse de cohorte prospective sur cinq ans visant à comprendre l’effet des expositions environnementales en classe scolaire sur l’asthme chez les écoliers urbains.
Son objectif : montrer la relation entre les symptômes du dioxyde d’azote et l’asthme selon la catégorie de l’indice de masse corporelle.
Les chercheurs ont analysé les données de 271 élèves âgés de 4 à 13 ans qui souffraient d’asthme et qui fréquentaient 37 écoles situées en centre-ville dans le nord-est des Etats-Unis. L’indice de masse corporelle de chaque élève a été précisé.



Les enfants en situation d’obésité sont plus vulnérables aux effets de l’exposition au dioxyde d’azote dans la salle de classe

Dans cette cohorte, 50% des enfants avaient un poids normal, 15% étaient en surpoids et 35% souffraient d’obésité. Les chercheurs ont constaté que plus les enfants souffraient de surpoids ou d’obésité, plus ces mêmes élèves avaient un risque d’avoir un jour les symptômes de l’asthme. « C’est très différent des élèves qui ont un poids normal et qui n’ont montré aucun lien entre l’exposition à l’azote et les symptômes de l’asthme », écrivent les chercheurs dans leur rapport publié en octobre dernier dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology.
Les chercheurs ont conclu que les enfants qui ont un indice de masse corporelle élevé qui se rapproche ou atteint un niveau d’obésité sont plus vulnérables aux effets de l’exposition au dioxyde d’azote dans la salle de classe.
De même, ces enfants sont beaucoup plus soumis l’impact aux symptômes de l’asthme. « Cibler les niveaux intérieurs de dioxyde d’azote dans les écoles pourrait aider à améliorer les résultats de l’asthme pour les enfants qui souffrent d’obésité » estime le docteur Perdita Permaul, professeure adjointe de pédiatrie à Weill Cornell Medicine à New York, qui a participé à cette étude.



Prévoir les futures écoles loin des routes à circulation dense

Dans leur rapport, les chercheurs évoquent des pistes visant à modifier l’environnement extérieur, mais également intérieur, des établissements scolaires. Parmi elles, la proximité des grandes routes, la réduction des sources de polluants ou l’exigence de normes de pollution atmosphérique. « Cela exige un effort réglementaire et une volonté politique considérables, précisent les experts. Il faut que l’environnement scolaire intérieur offre un cadre attrayant avec la mise en œuvre de méthodes de ventilation avec des filtres appropriés. Il faut planifier l’emplacement des futures écoles afin de réduire au minimum la proximité des routes à circulation dense et la réduction de la circulation au ralenti près des écoles ».
Et le rapport de s’appuyer sur l’expérience menée dans des écoles australiennes qui ont remplacé les poêles à gaz par des poêles électriques. « Cela a entraîné une réduction de 40% à 50% des niveaux de dioxyde d’azote. Il a également été démontré que le placement de purificateurs d’air équipés de filtres à particules et de carbone à haut rendement diminue les niveaux de pollution dans les maisons urbaines », souligne l’étude américaine.

(1) Le dioxyde d’azote est un composé chimique (formule NO2). Concentré, il se présente comme un gaz brun-rouge toxique suffocant à l’odeur âcre et piquante caractéristique. C’est un précurseur de la production industrielle de l’acide nitrique (HNO3) et un polluant majeur de l’atmosphère terrestre produit par les moteurs à combustion interne comme les moteurs diesel et les centrales thermiques.


Philippe PALAT


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