Selon les résultats d’une étude menée en en Nouvelle-Zélande, les expositions aux antibiotiques au début de la vie pourrait affecter le poids en modifiant le microbiote intestinal, ce qui pourrait augmenter la probabilité d’obésité infantile.

Selon les résultats d’une étude menée en Nouvelle-Zélande, les expositions aux antibiotiques au début de la vie pourrait affecter le poids en modifiant le microbiote intestinal, ce qui pourrait augmenter la probabilité d’obésité infantile.

En France comme partout dans le monde, l’obésité infantile constitue un problème majeur de santé publique. Déjà en 2013, 12 % des enfants français présentaient une surcharge pondérale en sortie de maternelle, et 3,5 % se trouvaient en situation d’obésité. Et le temps n’arrange rien à l’affaire puisque lors de la dernière rentrée scolaire, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a révélé qu’un élève français sur six inscrit en classe de 3e souffrait d’obésité. (cliquez ici)
Pour tenter de contrer cette situation, les chercheurs du monde entier explorent de nombreux domaines. En Nouvelle-Zélande (1), des scientifiques ont travaillé sur la piste des antibiotiques (étude Growing Up in New Zealand). Au terme de leur recherche, ils estiment qu’une exposition fréquente aux antibiotiques pendant l’enfance pourrait augmenter le risque d’obésité. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique JAMA Network Open.



L’IMC augmente en fonction du nombre de traitements antibiotiques prescrits

Pour atteindre ce résultat, les experts néo-zélandais ont conduit une étude de cohorte prospective sur 6 583 enfants recrutés avant même leur naissance entre 2009 et 2010. Leur poids et leur taille ont été suivis de leur naissance jusqu’à l’âge de 54 mois (soit 4 ans et demi) et l’analyse des données s’est déroulée de 2017 à 2018.
Parallèlement, l’équipe de chercheurs pilotée par le professeur Carol Chelimo du département de pédiatrie à l’université d’Auckland, a pris en compte les éventuelles administrations d’antibiotiques au cours de cette période de suivi. Sur les 5 128 enfants suivis sur l’ensemble de l’étude, 2 622 étaient des garçons, avec un poids moyen à la naissance de 3,527 kilos. Parmi eux, 95 % avaient déjà reçu au moins une fois des antibiotiques à l’âge de 48 mois et 9 % souffraient d’obésité l’âge de 54 mois.
L’analyse des données a révélé que l’indice de masse corporelle (IMC) moyen pour chaque tranche d’âge augmentait de manière significative, en fonction du nombre de traitements antibiotiques prescrits, en particulier entre une et six expositions aux antibiotiques.



Des antibiotiques pendant la grossesse associés à un IMC plus élevé

Au cours de leurs travaux, les scientifiques ont constaté que plus l’exposition aux antibiotiques était précoce, plus l’IMC pour chaque tranche d’âge était élevé par rapport aux enfants non exposés. Ainsi, une exposition avant l’âge de 12 mois apparaissait déterminante sur le risque de surcharge pondérale.
Ces données montrent que l’exposition précoce et/ou répétée aux antibiotiques au cours de la petite enfance est associée à une augmentation de l’IMC et donc à un risque majoré de surpoids et d’obésité. Des études complémentaires pourraient déterminer l’évolution de l’IMC des enfants traités par antibiotiques, au-delà de l’âge de 5 ans.
En outre, l’exposition répétée d’antibiotiques pendant la grossesse a été associée à l’IMC plus élevé dans les jeunes enfants.
Selon les chercheurs néo-zélandais, « des recherches futures pourraient examiner si les interventions visant à réduire la prescription inutile d’antibiotiques aux enfants en soins primaires peuvent également réduire la prévalence de l’obésité infantile », écrivent-ils.
Cette conclusion amène les chercheurs à s’interroger sur le potentiel bénéfice des campagnes d’information pour une utilisation plus raisonnée des antibiotiques sur l’incidence de l’obésité infantile précoce, un facteur connu de risque d’obésité à l’âge adulte.

(1) Selon les données 2017, la Nouvelle-Zélande a la troisième plus forte prévalence de l’obésité parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques après les Etats-Unis et le Mexique.

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