La taille d’un enfant peut-elle avoir un impact sur une future obésité ?

Les enfants qui sont relativement grands pour leur âge ont un risque plus élevé de développer l’obésité, selon une nouvelle étude qui a examiné les dossiers de 2,8 millions d’enfants. Selon l’analyse publiée dans la revue Obesity, la prévalence de l’obésité serait cinq fois plus élevée chez les enfants les plus grands que chez les enfants les plus petits.


La taille d’un enfant affecte-t-elle son risque futur d’obésité ? Les scientifiques l’ont déjà décrit : la taille de l’enfant et l’obésité sont corrélées. Jusqu’ici, plusieurs études longitudinales avaient déjà constaté que les enfants plus grands sont plus susceptibles d’être atteints d’obésité au début de l’âge adulte que les enfants d’une taille plus petite.
L’étude la plus ancienne remonte à plus de 75 ans. A l’époque, la psychanalyste Hilde Bruch, connue pour ses travaux sur les troubles de l’alimentation et l’obésité, avait conclu que les enfants qui avaient un excès de poids par rapport à leur taille, étaient généralement plus grands que les enfants qui pesaient moins.
Si d’autres études plus récentes ont montré que la taille de l’enfant est transversalement associée à l’Indice de masse corporelle (IMC), une vaste analyse américaine réalisé par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) répond également par l’affirmative : l’analyse, présentée dans la revue Obesity conclut que la prévalence de l’obésité est cinq fois plus élevée chez les enfants les plus grands que chez les enfants les plus petits.


« La taille peut être un marqueur complémentaire »


Dans cette étude américaine, les chercheurs ont examiné les dossiers de santé de 2,8 millions d’enfants qui ont été initialement examinés entre 2 et 13 ans. Lorsqu’ils ont été réexaminés en moyenne 4 ans plus tard (mais jusqu’à 13 ans plus tard), les enfants les plus grands s’avèrent en effet plus susceptibles d’avoir un IMC significativement plus élevé que les enfants de plus petite taille.
Par exemple, parmi les enfants les plus minces au début, la prévalence de l’obésité au deuxième examen était cinq fois plus élevée chez les enfants les plus grands que chez les enfants les moins grands (3,1 % contre 0,6 %).
Parmi les enfants les plus lourds au début, les taux de prévalence respectifs de l’obésité étaient de 89,5 % contre 53,4 %. L’association entre la taille plus grande et l’obésité au deuxième examen était plus forte chez les enfants qui ont été initialement examinés avant l’âge de 7 ans.
Les chercheurs concluent que la moitié du risque d’obésité au second examen, c’est-à-dire à un âge plus avancé de l’enfant, est indépendante de l’IMC initial de l’enfant. « La taille peut être un marqueur complémentaire à l’enfance du risque d’obésité plus tard dans la vie, a déclaré l’auteur principal, le professeur David S. Freedman des Centers for Disease Control and Prevention. En effet, comme environ la moitié de cette association est indépendante de l’Indice de masse corporelle initial de l’enfant, l’utilisation de la taille peut être un moyen simple de classer plus précisément quels enfants deviendront obèses ».


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