Pour les services hospitaliers spécialisés en obésité, l’âge peut apparaître parfois comme un obstacle à l’accueil des patients. Selon une étude britannique, qui a exploré l’effet de l’âge sur la capacité de perdre du poids grâce à des interventions sur le mode de vie, il y aurait pourtant un bénéfice très important. L’analyse porte sur 242 patients en obésité massive. Elle conclut à la nécessité d’optimiser la prise en charge de l’obésité chez les patients âgés.

Pour les services hospitaliers spécialisés en obésité, l’âge peut apparaître parfois comme un obstacle à l’accueil des patients. Selon une étude britannique, qui a exploré l’effet de l’âge sur la capacité de perdre du poids grâce à des interventions sur le mode de vie, il y aurait pourtant un bénéfice très important. L’analyse porte sur 242 patients en obésité massive. Elle conclut à la nécessité d’optimiser la prise en charge de l’obésité chez les patients âgés.

Les changements de mode de vie pour gérer la perte de poids sont efficaces pour réduire l’obésité indépendamment de l’âge. En clair : la capacité de perdre du poids n’est pas affectée par l’âge. Telle est la conclusion d’une nouvelle étude de l’Université de Warwick, en Angleterre. Selon l’auteur principal, le docteur Thomas Barber, de la Warwick Medical School, son travail dissipe les mythes sur l’efficacité de la perte de poids chez les personnes âgées. « Nous avons réalisé une étude rétrospective parmi les patients qui fréquentent notre service hospitalier d’obésité à Coventry au Royaume-Uni,explique le médecin. Nous avons divisé les groupes en deux, selon l’âge ».
L’étude a porté sur 242 patients en obésité massive, choisis au hasard, qui avaient participé à un service d’intervention sur le mode de vie de l’obésité entre 2005 et 2016. La fourchette d’âge de l’ensemble des patients se situaient entre 18 et 78 ans. « Le premier groupe était constitué de 167 personnes de moins de 60 ans et le deuxième groupe était constitué de 75 sujets âgés de 60 ans et plus, poursuit le praticien. Pour cette recherche, nous étions intéressés par le succès de la perte de poids dans ces deux groupes différents basés sur des interventions de style de vie. »
Dans le premier groupe, l’IMC était de 49,7 contre 46,9 dans le second. Reflétant la répartition sexuelle des patients au sein du service hospitalier d’obésité, la majorité de la cohorte d’étude étaient à 70,7 % des femmes.



« Nous devrions promouvoir les tentatives de perte de poids »

« Nous avons constaté qu’il n’y avait vraiment aucune différence dans le succès de la perte de poids entre ces deux groupes en fonction de l’âge », explique le docteur Barber. Les patients des deux groupes ont reçu des conseils diététiques et un soutien psychologique.
Selon lui, des attitudes sociétales plus larges alimentent la complaisance, le défaitisme et les attitudes chez les individus. « Peut-être que les professionnels de la santé sont plus réticents à orienter les patients âgés vers des interventions sur le poids alors qu’il n’y a vraiment aucune justification à cela. Nous devrions promouvoir les tentatives de perte de poids et les dispositions d’interventions dans la population âgée, plutôt que de se retenir », poursuit le médecin britannique.


Manque de sommeil signifie difficulté à perdre du poids

Pour ce praticien, la perte de poids vaut la peine d’être tentée car avec « plus de 50 maladies et affections, y compris les problèmes de santé mentale, parfois associées avec l’obésité », il existerait un plus grand risque de décès prématuré. « À mesure que nous vieillissons, nous sommes plus susceptibles de développer ces 50 comorbidités. Du coup, le surpoids ou l’obésité ressemblent un peu à une forme accélérée de vieillissement. »
Selon le docteur Barber , beaucoup d’aspects du mode de vie affectent le poids, et pas seulement l’alimentation. Il cite, par exemple, le sommeil. « Si nous sommes privés de sommeil, il est incroyablement difficile de perdre du poids. Les experts nous disent que nous devrions tous dormir environ 7 heures et demi par nuit ».
Côté alimentation, le médecin britannique préconise une alimentation saine. « L’idée est moins de restreindre ce que nous mangeons que de manger des aliments sains. Nous devrions donc tous optimiser les fibres que nous avons dans notre alimentation. Il y a des études qui montrent que dans l’ouest de l’Angleterre, nous appauvrissons les fibres. Nous devrions manger environ 50% fibres en plus. Car si nous optimisons notre apport en fibres, nous pouvons nourrir une flore intestinale saine, c’est-à-dire les bactéries qui vivent dans notre intestin. »
Côté activité physique, le docteur Barber est persuadé qu’il faut « éviter la sédentarité et maintenir l’activité physique ».


« Les maladies chroniques, dont l’obésité, constituent la majeure partie de pathologies »

Pour lui, les attitudes défaitistes de l’âge sont déplacées dans une société où nous vivons plus longtemps qu’avant. « Lorsque nous examinons les situations, ce sont les maladies chroniques, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et les affections respiratoires qui constituent la majeure partie des pathologies recensées. Et plus nous vivons longtemps, plus nous vieillissons, plus nous sommes susceptibles de développer ces conditions ». L’étude, à ce titre, est claire : comme les comorbidités liées à l’obésité ont tendance à s’aggraver avec le vieillissement, les patients âgés souffrant d’obésité ont besoin d’une attention supplémentaire et d’une approche prudente et compatissante de la part d’une équipe multidisciplinaire sur l’obésité, qui s’attaquera aux obstacles fondés sur des idées fausses.
Et le représentant de la Warwick Medical School de conclure que « l’accent doit être est mis sur le vieillissement en santé. Il s’agit de maintenir le bien-être et le bien-être dans l’âge plus âgé. Il est important qu’à mesure que nous vieillissons, nous visions à y parvenir ». Ce changement de culture de la santé, conjugué au vieillissement croissant de la population au cours des dernières décennies, souligne encore plus la nécessité d’optimiser la prise en charge de l’obésité chez les patients âgés.


Philippe PALAT


Pour en savoir plus : cliquez ici et ici