Selon une étude américano-canadienne, l’allaitement maternel exclusif a des effets à long terme sur l’indice de masse corporelle. Pour les personnes dont les gènes les exposent au risque de devenir obèses, il peut aider à conjurer la prise de poids plus tard dans la vie. Les résultats de cette nouvelle analyse viennent d’être publiés dans PLOS Genetics.

Selon une étude américano-canadienne, l’allaitement maternel exclusif a des effets à long terme sur l’indice de masse corporelle. Pour les personnes dont les gènes les exposent au risque de devenir obèses, il peut aider à conjurer la prise de poids plus tard dans la vie. Les résultats de cette nouvelle analyse viennent d’être publiés dans PLOS Genetics.

L’OMS s’était prononcée en mai 2019 : les enfants non allaités ont 22% de risques supplémentaires d’être obèses comparés à ceux nourris au sein durant six mois. Face au risque, l’Organisation mondiale de la santé a préconisé un objectif : atteindre un taux d’enfants en allaitement exclusif les six premiers mois de 50 % d’ici 2025. En France, aujourd’hui, ce taux est d’environ 25%.
Si un nombre important de recherches scientifiques dans le monde suggèrent que les bébés qui ne consomment que du lait maternel sont moins susceptibles d’être en surpoids que les enfants ou les adultes, force est de reconnaître que les avantages de l’allaitement maternel ne sont pas encore très bien compris par les chercheurs.



5 000 enfants, des différences entre les garçons et les filles

Face à ces interrogations, Laurent Briollais, généticien biostatistique et généticien statistique de l’Hôpital Mount Sinai à NewYork et de l’Université de Toronto a cherché à savoir si l’impact de réduction du poids du lait maternel peut contrecarrer les effets des variations génétiques qui augmentent les chances qu’une personne devienne obèse. En clair : le lait maternel est-il en mesure de modifier le
Les chercheurs ont examiné les données génétiques et l’indice de masse corporelle (IMC) de plus de 5 000 enfants de l’étude ALSPAC au Royaume-Uni. Chez les garçons de 18 ans, dont les gènes les placent dans la catégorie « à haut risque » d’obésité, l’allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 5 mois a réduit leur IMC de 1,14 kg/m2.
Chez les filles, l’impact a été encore plus important, avec une réduction de 1,53 kg/m2. L’allaitement maternel exclusivement jusqu’à l’âge de 3 mois, ou un mélange de lait maternel et de préparation, n’a pas causé la même réduction de l’IMC chez les personnes à risque élevé.



« La prédisposition à l’obésité n’est pas irréversible »

Si effectivement l’Organisation mondiale de la santé recommande que tous les bébés soient allaités exclusivement jusqu’à l’âge de 6 mois, seulement près de 40% d’entre eux sont, à ce jour, allaités jusqu’à cet âge. Les nouvelles conclusions renforcent la recommandation de l’OMS et suggèrent qu’une plus longue durée d’allaitement maternel exclusif pourrait avoir les plus grands avantages pour les personnes présentant un risque élevé d’obésité.
« L’obésité est un problème mondial qui entraîne une baisse du bien-être qui met à rude épreuve nos systèmes de santé », a déclaré le docteur Laurent Briollais. « Notre étude montre que si nos gènes influencent notre risque de développer l’obésité, cette prédisposition n’est pas irréversible et peut être modifiée de façon bénéfique par l’allaitement maternel exclusif. »
Les auteurs de l’étude insistent pour que, du point de vue de la santé publique, l’allaitement maternel devienne une priorité pour les bébés les plus à risque. Pour l’équipe du docteur Briollais, ces enfants s’engageraient ainsi sur la bonne voie pour la croissance et leur développement futur. Mieux : ils réduiraient le risque de maladies associées à l’obésité à l’âge adulte.

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