Sans cesse remis à jour, le calendrier de la vaccination contre la Covid-19 évolue une nouvelle fois concernant les personnes vulnérables. Si vous souffrez d’obésité, vous pourrez être vacciné à partir du 18 janvier si vous avez plus de 75 ans, et à partir de la fin février si vous avez 65 ans et plus. Les autres personnes atteintes d’obésité devront attendre la phase 3. A l’évidence, le critère de l’âge prévaut sur la vulnérabilité. Incompréhensible ! La Ligue contre l’obésité réagit.

Sans cesse remis à jour, le calendrier de la vaccination contre la Covid-19 évolue une nouvelle fois concernant les personnes vulnérables. Et une nouvelle fois aussi, les personnes souffrant d’obésité ne sont pas prioritaires alors qu’elles sont parmi les plus exposées. A l’évidence, le critère de l’âge prévaut sur le risque lié à la pathologie et au risque de contracter une forme grave de la Covid-19. Incompréhensible !

C’est à y perdre son latin ! Le 7 janvier dernier, la Ligue contre l’obésité, sur la foi des informations publiées sur le site Amelie.fr publiait un article concernant le calendrier de la vaccination anti-Covid. Mieux : pour plus de précision, l’article renvoyait, via un lien, sur le site Ameli.fr qui détaillait le rythme des phases de la campagne de vaccination (cliquez ici). Sauf que le lien vient d’être réactualisé à la date du 11 janvier. Preuve que le calendrier a encore évolué au rythme des déclarations politiques du gouvernement et de l’incapacité de l’Etat français de fournir un calendrier précis et cohérent.
Si on peut comprendre la difficulté de tenir un rythme en raison de l’approvisionnement des doses et la nécessité de procéder par phase, en revanche, force est de constater que la vulnérabilité des personnes touchées par des pathologies chroniques ne constitue pas une priorité. A l’évidence, elle s’efface clairement devant le critère de l’âge. Une incohérence flagrante qui démontre, encore une fois, le peu de cas que l’Etat fait des personnes en situation d’obésité depuis le début de la pandémie. Des patients qui, rappelons-le, se sont retrouvés et se trouvent encore en première ligne face à des formes graves de Covid-19.
Désormais, le nouveau calendrier de la vaccination anti-Covid pour les personnes souffrant d’obésité est le suivant :


Phase 1 : être professionnels de santé à risque ou avoir plus de 75 ans

Tout au long du mois de janvier 2021 pour les personnels travaillant dans des établissements pour personnes âgées lorsqu’ils sont à risque de développer une forme grave de la Covid-19, les professionnels des secteurs de la santé et du médico-social, des pompiers et des aides à domicile âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités depuis le 4 janvier 2021, les personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés et leurs personnels âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités. A partir du 18 janvier, les personnes de 75 ans et plus vivant à leur domicile. A ce titre, la prise de rendez-vous dans des centres de vaccination se fera par téléphone et via internet à partir du 14 janvier 2021. L’objectif est de vacciner 1 million de personnes d’ici fin janvier.


Phase 2 : être âgés de 65 à 74 ans

A partir de février, la campagne vaccination entre dans sa phase 2. A partir fin février début mars 2021, elle concerne les personnes de 65 à 74 ans.


Phase 3 : être âgés de 50 à 64, les personnes vulnérables, etc.

Dans un troisième temps, la vaccination sera ouverte à tous à partir du printemps 2021.
Cette phase 3 se poursuivra tout au long de l’année en commençant par :
Les personnes âgées de 50 à 64 ans
Les professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays en période épidémique (sécurité, éducation, alimentaire)
Les personnes vulnérables et précaires et les professionnels qui les prennent en charge
Les personnes vivant dans des hébergements confinés ou des lieux clos
Le reste de la population majeure.



La Ligue contre l’obésité dénonce une nouvelle double peine

De son côté, la Ligue contre l’obésité s’insurge de voir les personnes en situation d’obésité reléguer dans la dernière phase de la campagne de vaccination. « C’est incompréhensible et inadmissible, souligne Agnès Maurin, la directrice de l’association nationale. Si vous avez 45 ans et que vous souffrez d’obésité massive, c’est-à-dire avec un IMC>40, il va falloir que vous attendiez la fin du printemps ou le début de l’été pour vous faire vacciner. C’est d’autant plus aberrant que depuis le début de la pandémie on sait très bien que l’obésité est une maladie qui peuple les services de réanimation dans les hôpitaux du monde entier. On marche sur la tête. Les personnes qui souffrent d’obésité doivent être prioritaires. On ne peut pas attendre que la pandémie fasse encore plus de victimes chez ces patients déjà très fragilisés ».
Et la porte-parole de la Ligue contre l’obésité de rappeler que « toutes les campagnes de communication de l’Etat français ont mis l’âge en avant sans véritablement se soucier des maladies chroniques ou des comorbidités. A croire que le gouvernement est à la fois dans le déni et la schizophrénie car le président de la République, lui-même, martèle à chaque intervention depuis le 12 mars dernier qu’il faut protéger les plus vulnérables, notamment les personnes en obésité. Alors pourquoi ne pas les vacciner rapidement ? ».



« Il faut immédiatement ajuster la stratégie vaccinale »

En effet, aujourd’hui, des milliers de Français vulnérables de moins de 50 ans ne comprennent pas pourquoi ils ne font pas partie des publics prioritaires.
Pour ces hommes et ces femmes, qui ne pourront se faire vacciner qu’au début de la phase 3, c’est-à-dire en mai ou juin prochain, l’inquiétude est forte. Mardi 12 janvier, Au micro d’Europe 1, Jean-Pierre Thierry, conseiller médical de France Assos Santé, ne dit pas autre chose. Pour lui, « il faut immédiatement ajuster la stratégie vaccinale » pour inclure ces personnes vulnérables de moins de cinquante ans. « Si, dans quinze jours, on a l’impression que c’est une politique du chiffre, parce qu’il est plus facile de vacciner les soignants que les populations vulnérables et notamment les moins de 50 ans qui ont des comorbidités, on sera face à un problème éthique qui posera plein de questions », a-t-il lâché à l’antenne.
Pour le moment, ni la Haute autorité de santé ni le gouvernement ne semblent vouloir changer de position.


Philippe PALAT

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