Le journal américain USA Today relate l’histoire de Silvia, une jeune fille de 24 ans à l’IMC 60 et emportée par le coronavirus. Hospitalisée en soins intensifs, elle semblait aller mieux jusqu’à ce que le virus s’attaque à son coeur. L’impossibilité de bien la positionner afin qu’elle puisse être oxygénée par le ventilateur mécanique a contribué à son décès.

Le journal américain USA Today relate l’histoire de Silvia, une jeune fille de 24 ans à l’IMC 60 et emportée par le coronavirus. Hospitalisée en soins intensifs, elle semblait aller mieux jusqu’à ce que le virus s’attaque à son coeur. L’impossibilité de bien la positionner afin qu’elle puisse être oxygénée par le ventilateur mécanique a contribué à son décès.

Les Etats-Unis payent un très lourd tribut au coronavirus. Depuis le début de la pandémie qui s’est d’abord déclarée à New York et en Louisiane, la totalité des états américains sont touchés par le Covid-19. La barre des 100 000 morts est franchie. A West Valley City dans l’Utah, l’infection a frappé la famille Melendez. Silvia Deyanira Melendez, 24 ans, est décédée le 8 mars dernier après avoir contracté le virus, laissant ses parents et ses deux frères dans la douleur.
Cette histoire tragique d’une jeune femme emportée par le Covid-19, le journal USA Today la raconte dans son édition du 23 mai. « Je n’ai pas les mots pour dire à quel point elle était belle et gentille avec la famille », a déclaré son père, Marcos Melendez.
Sylvia cumulait les graves ennuis de santé. Elle pesait plus de 136 kilos et avait un indice de masse corporelle de 60, soit le double de l’IMC à partir duquel on considère une personne en situation d’obésité. Elle luttait contre un diabète de type 2, de l’hypertension et était atteint d’une maladie cardiaque qui a nécessité une chirurgie à cœur ouvert il y a deux ans. Pour son père en deuil, c’est sûr, « l’obésité morbide de sa fille est à blâmer », souligne le journal.



Une illustration parmi tant d’autres

Cette triste histoire, c’est l’une des tragiques illustrations parmi tant d’autres, d’autant que ces maladies chroniques augmentent le risque d’une forme grave de l’infection, voire de décès par Covid-19. A ce jour, on ne compte plus les victimes du coronavirus atteintes de diabète, de maladies cardiaques et d’hypertension et, le plus souvent, âgées de plus de 65 ans.
Mais dans les statistiques collectées depuis le début de la pandémie, les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) regroupent surtout des « taux d’obésité sévère », définis comme ayant un IMC de 40 ou plus.
Les données des CDC montrent que le pourcentage d’adultes considérés comme obèses est passé de 30 % à 42 % entre la période 1999-2000 et 2017-2018. Parmi eux, 9% se trouvaient en obésité sévère, soit une hausse de 5 % par rapport à la période 1999-2000. « Avant de devoir faire face au Covid-19, nous avons eu une épidémie d’obésité aux États-Unis et nous l’avons depuis un certain temps », a déclaré le docteur Robert Fildes, un pédiatre spécialisé dans le rein.



Une référence à l’étude française menée à Lyon

La revue médicale Obesity du mois dernier a déclaré que le coronavirus a créé une « double menace pandémique » et a exhorté les autorités sanitaires de tous les pays à « défendre la cause » de la lutte contre l’obésité avec leurs patients. D’autant qu’un nombre croissant d’études et de données sur les décès pour cause de Covid-19 confirment le lien.
Pire : si elle contracte le virus, une personne d’un IMC supérieur à 40 augmente les chances d’hospitalisation, très probablement dans une unité de soins intensifs. « Une étude menée par des chercheurs français (cliquez ici) a démontré une fréquence élevée d’obésité chez les patients admis en soins intensifs avec le coronavirus et relevé que la gravité de la maladie augmente avec l’IMC », lit-on également dans le revue Obesity.


« Le surpoids réduit la propre ventilation du patient »

L’autre difficulté importante, c’est la ventilation en milieu hospitalier des personnes à forte corpulence. « En plus de rendre la ventilation mécanique plus difficile, être gravement en surpoids peut rendre plus difficile à respirer, réduisant la propre ventilation du patient, a déclaré le docteur Kevin Kavanagh, un médecin du Kentucky, fondateur du groupe de défense des patients Health Watch USA. Ce surpoids réduit également la quantité d’oxygène par respiration, de sorte que les patients ont moins de réserve quand ils tombent malades. »
Cette dramatique situation, c’est justement celle qu’a connue la jeune Sylvia Melendez. Alors que l’état de santé de sa fille semblait pourtant s’améliorer à l’hôpital, où sa mère était également traitée pour le Covid-19, son père Marcos Melendez a vu la santé de Silvia se dégrader très vite. « Le coronavirus faisait de gros dégâts dans ses poumons, puis le virus a touché son cœur », a-t-il déclaré au journal USA Today.



Impossible de placer Silvia sur son estomac

Le docteur Jeanette Brown, un pneumologue de la santé de l’Université de l’Utah qui a traité Silvia Melendez, a déclaré que la taille de la jeune femme l’a empêché, elle et le personnel des soins intensifs, de la placer sur son estomac, qui est la position la plus sûre pour les patients avec des tubes respiratoires branchés à des ventilateurs. « Placer les patients dans cette position permet aux médecins de réduire la quantité d’oxygène nécessaire du ventilateur en permettant aux patients d’utiliser la partie moins endommagée des poumons », explique le journal américain. Mais quand la jeune Silvia Melendez se trouvait sur son estomac, sa capacité à prendre de l’oxygène s’est aggravée. « Plutôt que de passer jusqu’à dix-sept heures dans cette position, nous avons dû la retourner sur son dos et essayer de ne pas perdre les voies respiratoires, a déclaré le docteur Brown. Malheureusement, elle n’était même pas capable de tolérer cela plus de quelques minutes… »
Silvia Melendez est morte vingt-quatre heures après de nombreuses tentatives de ventilation.

(1) Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) forment ensemble la principale agence fédérale des États-Unis en matière de protection de la santé publique.

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