Matt Hancock, secrétaire d'État à la Santé et à la Protection sociale en Grande-Bretagne vient d’ordonner aux responsables de la santé de son pays de comprendre pourquoi les personnes en surpoids ou en obésité, les hommes et les minorités ethniques sont plus susceptibles de mourir du Covid-19.

Matt Hancock, secrétaire d’État à la Santé et à la Protection sociale en Grande-Bretagne vient d’ordonner aux responsables de la santé de son pays de comprendre pourquoi les personnes en surpoids ou en obésité, les hommes et les minorités ethniques sont plus susceptibles de mourir du Covid-19.

Coup de tonnerre en Grande-Bretagne ! Le secrétaire d’Etat à la Santé prend le taureau par les cornes et déclenche une grande enquête médicale et scientifique sur le Covid-19. Il exige qu’un examen urgent soit lancé pour déterminer si l’obésité, l’origine ethnique et le sexe augmentent le risque de décès par coronavirus. Pour obtenir des réponses, Matt Hancock a ordonné aux responsables de la santé de son pays de fouiller les dossiers de milliers de victimes de la pandémie.
Au cours de son intervention lundi 4 mai, le secrétaire d’Etat à la Santé a déclaré que « les connaissances sur ce virus se développent tous les jours et il semble que certains groupes sont plus touchés que d’autres. Des données émergentes du monde entier suggèrent qu’il pourrait y avoir une relation entre l’obésité et l’impact de Covid-19 sur les individus », a-t-il déclaré. Matt Hancock a estimé que s’il est encore « trop tôt pour dire si l’obésité en soi est un facteur ou si des conditions y sont associées, nous devons aborder toutes les hypothèses avec prudence ».



Un examen national supervisé par Santé publique Angleterre

Face à la presse britannique, le responsable de la Santé a rappellé que « chaque décès de ce virus est une tragédie. Derrière chaque statistique, il y a un nom, une perte et une famille qui ne sera plus jamais la même ». Afin de mieux comprendre pour mieux combattre la pandémie, le gouvernement de la Sa Majesté a donc commandé des travaux à Santé publique Angleterre (1). Sa mission : examiner l’impact de divers facteurs tels que l’origine ethnique, l’obésité, l’âge, le sexe et la situation géographique et comment ceux-ci peuvent avoir une conséquence sur la susceptibilité d’un individu au virus.
« Plus nous en saurons sur ce virus et son impact, plus nous serons en mesure de protéger des vies et de limiter la propagation », a souligné Matt Hancock.
Cet examen national sera supervisé par Santé publique Angleterre. Les fonctionnaires devront examiner des milliers de rapports de cas de patients morts du coronavirus. Ils examineront également les dossiers de santé de ces personnes afin d’identifier les facteurs de risque possibles, notamment l’obésité.
Le gouvernement britannique espère publier les conclusions à la fin du mois de mai. Elles seront utilisées pour décider si des «mesures supplémentaires» seront prises pour protéger ces groupes de personnes à risque. Parmi les mesures, le secrétaire d’Etat à la Santé n’exclut pas « des précautions de distanciation sociale supplémentaires ou des conseils spéciaux pour le personnel du National Health Service (2) en première ligne qui sont jugés à risque. »



L’obésité augmenterait le risque de mourir de 37% selon l’Université de Liverpool

Si le gouvernement britannique a déclenché cette vaste étude, c’est aussi parce que l’inquiétude règne en Grande-Bretagne. Dans le cadre d’une analyse auprès de 17 000 patients, des chercheurs de l’Université de Liverpool, associé à l’Imperial college London ont révélé la semaine dernière que l’obésité augmentait le risque de mourir du virus de 37% (cliquez ici)
Or, sur dix individus en Angleterre, on compte trois adultes en situation d’obésité, avec un indice de masse corporelle supérieur à 30. Cette proportion d’IMC>30 est l’une des plus élevée dans le monde occidental. Une situation d’autant plus grave pour le pays que le nombre de victime du virus en Grande-Bretagne vient de franchir la barre des 30 000. Soit la première nation européenne la plus meurtrie devant l’Italie (29 500 décès) et la deuxième au monde derrière les Etats-Unis (72 000 décès).

(1) Santé publique Angleterre est une agence exécutive du ministère de la Santé et des Soins sociaux au Royaume-Uni qui fonctionne depuis 2013. Sa formation est le résultat de la réorganisation du Service National de Santé en Angleterre décrite dans la Loi de 2012 sur la santé et les soins sociaux.

(2) Le National Health Service est le système de santé financé par l’État en Angleterre et l’un des quatre systèmes du National Health Service au Royaume-Uni.

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