C’est une nouvelle victoire pour la Ligue contre l’obésité, seule association disposant de l’agrément santé en France, qui réclamait depuis plusieurs moins la vaccination des personnes souffrant d’obésité âgées de moins de 50 ans. Jeudi soir, Olivier Véran a annoncé pouvoir « démarrer d’ici là mi-mai ». Des milliers de personnes soulagées, même s’il subsiste des inconnues concernant le calendrier en fonction des niveaux d’obésité. Explications.

C’est une nouvelle victoire pour la Ligue contre l’obésité, seule association disposant de l’agrément santé en France, qui réclamait depuis plusieurs moins la vaccination des personnes souffrant d’obésité âgées de moins de 50 ans. Jeudi soir, Olivier Véran a annoncé pouvoir « démarrer d’ici là mi-mai ». Des milliers de personnes soulagées, même s’il subsiste des inconnues concernant le calendrier en fonction des niveaux d’obésité. Explications.

Le travail de fond de la Ligue contre l’obésité a fini par payer. Et surtout a fini par convaincre le ministère de la Santé et les autorités sanitaires de l’impérieuse nécessité d’anticiper la vaccination des personnes en obésité de moins de 50 ans . Hier soir, à l’occasion d’une conférence de presse, le Premier ministre Jean Castex et le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran ont fait un point épidémique et annoncé un calendrier de sortie de crise.
Au cours de ce point presse, le ministre de la Santé a indiqué que les Français qui souffrent d’obésité, qui, pour l’instant, ne sont toujours pas éligibles à la vaccination, pourront y avoir accès.
Le ministre a précisé avoir « saisi les comités scientifiques » au sujet de la vaccination des personnes de moins de 50 ans souffrant d’obésité sévère qui présentent un risque accru de forme grave de Covid-19, mais ne sont pas éligibles à la vaccination pour le moment. « La réponse ne va pas tarder, mais il est probable que nous puissions là aussi démarrer d’ici la mi-mai », a affirmé le ministre.
Pour la Ligue contre l’obésité, cette annonce au goût de victoire pour des milliers de citoyennes et citoyens inquiets pour leur santé et leur vie s’inscrit dans le droit fil de ses revendications depuis plusieurs semaines (cliquez ici).



Olivier Véran s’appuie sur la déclaration de la présidente de la HAS

L’annonce du ministère de la Santé intervient quelques heures à peine après la déclaration, dans le journal Le Parisien Aujourd’hui en France, de Dominique Le Guludec, la présidente de la Haute autorité de santé (cliquez ici).
Interrogé par le journal au sujet de la non-vaccination des personnes en obésité de moins de 50 ans, Dominique Le Guludec a reconnu la situation « grave » pour les obèses face au Covid et qu’ils payaient « un lourd tribut » à la pandémie. La présidente de la HAS a clairement indiqué qu’il s’agissait de publics prioritaires qui doivent être vaccinés « avant la population générale ». « Il serait légitime, dès lors que la vaccination aura été ouverte aux plus de 50 ans et qu’on disposera des doses en nombre suffisant – ce point est essentiel -, de l’ouvrir à toutes les personnes obèses. Cette décision n’appartient pas à la HAS, qui n’émet que des recommandations, mais elle serait en tout cas cohérente avec les avis que nous avons rendus »
A l’évidence, cette déclaration a produit un effet immédiat dans les cénacles parisiens. S’appuyant sur cette recommandation, Olivier Véran a non seulement annoncé, jeudi soir, avoir « saisi les comités scientifiques » mais il a avancé la date « de la mi-mai » pour démarrer la vaccination de cette population à risque. Une date d’ailleurs préconisée par la Haute autorité de santé…



Vaccinables à partir de « l’obésité sévère », soit un IMC>35

Toutes les personnes en situation d’obésité pourront-elles se faire vacciner à partir du 15 mai ? Sans doute pas. En effet, dans sa déclaration, le ministre de la Santé précise qu’il devrait prioriser « les personnes de moins de 50 ans souffrant d’obésité sévère qui présentent un risque accru de forme grave de Covid-19 ».
« Obésité sévère », la précision est d’autant plus importante qu’elle sort de la bouche d’un professionnel de santé comme l’est le ministre Véran. En effet, par « obésité sévère » il faut donc entendre les personnes vaccinables à partir d’un Indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 35.
Selon la classification définie par l’Organisation mondiale de la santé, il existe trois niveaux d’obésité : modérée (IMC de 30 à 34,9), sévère (IMC de 35 à 39,9) et massive (IMC supérieur à 40), ce dernier terme étant préféré par les praticiens à celui de morbide.
Selon la déclaration du ministre de la Santé, on peut donc penser que deux catégories de population en situation d’obésité pourront prétendre à la vaccination à compter du 15 mai : les personnes avec un IMC>35 (sévère) et celles avec un IMC>40 (massive). Soit des centaines de milliers de Françaises et de Français qui souffrent de cette maladie… qui n’est toujours pas reconnue comme telle en France.



Philippe PALAT