Lors de son interview télévisée mercredi soir, le chef de l’Etat a évoqué, rapidement, la situation des personnes les plus fragiles. Au-delà du couvre-feu dans plusieurs métropoles de France, il a expliqué qu’« on doit freiner la diffusion du virus pour protéger les autres, les plus âgés, les plus précaires, les plus vulnérables ».

Lors de son interview télévisée mercredi soir, le chef de l’Etat a évoqué, rapidement, la situation des personnes les plus fragiles. Au-delà du couvre-feu dans plusieurs métropoles de France, il a expliqué qu’« on doit freiner la diffusion du virus pour protéger les autres, les plus âgés, les plus précaires, les plus vulnérables ».

Le Président de la République a une nouvelle fois reconnu que le virus « frappe plutôt celles et ceux qui ont (…) de l’obésité ». Mercredi soir, dés le début de son intervention télévisée retransmise en direct sur TF1 et France 2, le Président de la République a d’emblée affirmé que la France était entrée « dans la deuxième vague ». « Ce virus est dangereux et grave pour tout le monde », a-t-il déclaré avant de reconnaître qu’il a fait « 32 000 victimes ».
Précisant sa pensée avant d’annoncer une série de mesures contraignantes comme le couvre-feu dans plusieurs métropoles de France particulièrement touchées par la pandémie, le chef de l’Etat a rappelé que le virus « tue plutôt des gens qui sont plus âgés. 90%des gens qui sont morts de ce virus avaient plus de 65 ans », a-t-il souligné.
Toutefois, le Président de la République a aussitôt précisé que ce virus « frappe plutôt celles et ceux qui ont d’autres pathologies, un diabète, de l’hypertension, de l’obésité, mais on peut aussi ne rien avoir de tout cela et en mourir. » Et Emmanuel Macron de poursuivre que « le virus frappe aussi de manière très injuste les milieux les plus précaires et les plus pauvres ».



« La moitié des patients atteints du Covid qui sont en réanimation ont moins de 65 ans »

A propos de l’âge des victimes atteintes par le virus, le Président de la République a déclaré que la Covid-19 « frappe toutes les catégories d’âges et qu’il y a des formes sévères à tous les âges (…). La moitié des patients atteints du Covid qui sont en réanimation ont moins de 65 ans ». Une constatation importante qui vient en partie contredire les messages de communication répétés depuis plusieurs semaines expliquant que les personnes de plus de 65 ans étaient, de loin, les plus affectées. Ce qui confirme clairement qu’être atteint par une Covid-19 sévère, voire compliquée ou longue, n’est l’apanage d’aucun âge.
Définissant les objectifs de la stratégie de l’Etat pour tenter d’endiguer l’épidémie, le Président Macron a précisé qu’il fallait mettre tout en oeuvre pour « freiner la diffusion du virus pour protéger les autres, les plus âgés, les plus précaires, les plus vulnérables ». Cette politique de prévention vise également, selon le chef de l’Etat, à « protéger notre système de santé, nos soignants. L’objectif est de faire en sorte que les 20 000 nouveaux cas par jour soient ramenés à 3 000 nouveaux cas par jour pour que l’on puisse maîtriser l’épidémie », a-t-il précisé.



Une situation encore plus ambiguë

En ce qui concerne le télétravail, parfois solution de repli pour les personnes à risque de développer une forme grave de la Covid-19, le Président a surtout rappelé l’importance de soutenir l’économie en poursuivant son activité professionnelle. « Il faut donc que tout le monde soit présent au maximum, mais dans la mesure du possible pour les emplois où c’est pertinent, il faut demander à son entreprise de faire deux à trois jours de télétravail par semaine. Il faut du bon sens », a conclu le président sur ce sujet.
Cette intervention présidentielle intervient alors que la Ligue contre l’obésité a saisi le Conseil d’Etat afin de faire annuler le décret du 29 août qui réduit à la portion congrue le nombre de pathologies ouvrant droit au certificat d’isolement et l’accès au dispositif d’indemnisation dérogatoire en cas d’arrêt de travail. (cliquez ici)
« Ceux qui étaient vulnérables hier sont sacrifiables aujourd’hui, avait commenté Agnès Maurin, directrice générale de la Ligue contre l’obésité, lors du dépôt du recours. Depuis le 29 août 2020, les personnes souffrant d’obésité ou d’autres maladies chroniques sont exclues de la liste des personnes considérées comme les plus vulnérables face à la Covid-19 ». Une situation encore plus ambiguë depuis l’intervention, mercredi soir, du Président de la République qui a reconnu que « les moins de 65 ans » et les personnes qui souffrent « d’obésité » font partie des populations les plus fragiles.