Président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, le professeur Fischer a accepté de répondre à nos questions. Le grand patron de la vaccination en France confirme la date de la « mi-mai ». Il estime aussi que l’initiative de Strasbourg, où un centre vaccine les personnes en obésité dès 18 ans, se fait « au détriment des personnes plus âgées ».

Président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, le professeur Fischer a accepté de répondre à nos questions. Le grand patron de la vaccination en France confirme la date de la « mi-mai ». Il estime aussi que l’initiative de Strasbourg, où un centre vaccine les personnes en obésité dès 18 ans, se fait « au détriment des personnes plus âgées ».

La présidente de la Haute autorité de santé a confirmé la nécessité de vacciner les personnes souffrant d’obésité de moins de 50 ans, « avant la population générale ». En qualité de « Monsieur Vaccin du gouvernement », êtes-vous d’accord avec cette proposition ?

Oui le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale que je préside est en ligne avec la Haute autorité de santé. Nous nous sommes d’ores et déjà exprimés en ce sens en précisant que la vaccination doit être ouverte à toutes personnes vulnérables de moins de 50 ans, y compris les personnes souffrant d’obésité.
La présidente de la Haute autorité de santé avance la date de la mi-mai pour permettre à cette population plus jeune et très vulnérable d’être vaccinée. Confirmez-vous cette possibilité et allez-vous adapter le calendrier vaccinal ?
Je vous renvoie ici aux propos tenus par le ministre de la Santé et des Solidarités Olivier Véran lors de la conférence de presse du jeudi 22 avril, indiquant qu’il avait saisi les comités scientifiques sur cet enjeu et que la réponse serait donnée prochainement, en sachant qu’il était probable que nous puissions démarrer la vaccination de cette population d’ici la mi-mai.


Depuis le début de la campagne de vaccination, le manque de doses de vaccin explique-t-il, à lui seul, la non-priorisation des personnes en obésité quel que soit leur âge ?

Les personnes souffrant d’obésité de plus de 50 ans sont d’ores et déjà éligibles à la vaccination. La campagne a été organisée pour permettre la protection la plus rapide possible des personnes âgées, puis des personnes vulnérables, qui sont les plus à risque de développer des formes graves de la maladie. Nous avançons bien en ce sens puisque la quasi-totalité des résidents d’Ehpad et 70 % de nos concitoyens âgés de plus de 75 ans ont aujourd’hui reçu une première dose. Avec l’arrivée progressive des doses de vaccins nous allons désormais pouvoir ouvrir à des personnes vulnérables plus jeunes. Nous avons tenu compte des personnes souffrant d’obésité de plus de 50 ans et nous tiendrons compte des personnes souffrant d’obésité de moins de 50 ans.


Alors que l’obésité constitue un facteur majeur de vulnérabilité largement reconnu, que près d’une personne hospitalisée sur deux est en situation d’obésité et que la population hospitalisée rajeunit, pourquoi ne pas jouer la carte de la vaccination afin d’éviter la saturation des services de réanimation ?

Comme je l’ai indiqué précédemment nous avons toujours eu pour objectif de vacciner en priorité les personnes âgées et vulnérables, les plus à risque de développer des formes graves de la maladie. C’est ce que nous ferons pour les personnes en situation d’obésité qui ont moins de 50 ans.


Que pensez-vous de l’initiative du centre de vaccination de Strasbourg de vacciner les personnes en obésité à partir de 18 ans, alors que le calendrier vaccinal ne l’autorise toujours pas ?

Dans le contexte actuel, ces vaccinations se font aux détriment de personnes âgées qui ont peut-être des facteurs de fragilité plus fort. Nous l’avons dit, le nombre de doses arrivant croissant, nous ouvrirons progressivement la vaccination aux personnes vulnérables de moins de 50 ans.


Propos recueillis par Philippe PALAT

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