Aux Etats-Unis, la vague du coronavirus pourrait faire des ravages. Particulièrement vulnérables en raison des niveaux élevés d’obésité qui atteignent 42% de la population adulte, le pays risque d’enregistrer des taux de mortalité très importants. Une étude américaine menée pendant tout le mois de mars dans 14 Etats confirme cette tendance : l’obésité est la maladie sous-jacente la plus répandue chez les patients infectés.

Aux Etats-Unis, la vague du coronavirus pourrait faire des ravages. Particulièrement vulnérables en raison des niveaux élevés d’obésité qui atteignent 42% de la population adulte, le pays risque d’enregistrer des taux de mortalité très importants. Une étude américaine menée pendant tout le mois de mars dans 14 Etats confirme cette tendance : l’obésité est la maladie sous-jacente la plus répandue chez les patients infectés.

Ce qui se passe en France risque de prendre des proportions considérables de l’autre côté de l’Atlantique. Professeur en épidémiologie, Jean-François Delfraissy, pilote du conseil scientifique qui conseille le gouvernement français sur l’épidémie, estime que 17 des 67 millions de Français étaient gravement exposés au coronavirus. A la fois en raison en raison de l’âge, de la maladie préexistante ou de l’obésité.
« Ce virus est terrible, il peut frapper les jeunes, en particulier les jeunes obèses. Ceux qui sont en surpoids doivent vraiment être prudents, a déclaré le professeur Delfraissy sur France Info. C’est pourquoi nous nous inquiétons pour nos amis en Amérique, où le problème de l’obésité est bien connu et où ils auront probablement plus de problèmes à cause de l’obésité. »



Le Covid-19 frappe durement les patients obèses de 18 à 64 ans

Cette inquiétude, les Etats-Unis la vivent désormais comme une dure réalité. Et, jour après jour, la terrible démonstration semble se confirmer par les chiffres. Le 1er mars dernier, on dénombrait 88 cas confirmés de coronavirus aux États-Unis. Fin mars, le chiffre atteignait 170 000.
Afin d’obtenir une image démographique plus claire des patients les plus gravement infectés, les Centers for Disease Control and Prevention (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) ont compilé tout au long du mois de mars des données sur ces personnes hospitalisées dans quatorze Etats (1).
Première conclusion sans appel de ce Réseau de surveillance des hospitalisations Covid-19 (Covid-Net) : 89,3% des 1 482 patients hospitalisés inclus dans l’étude publiée mercredi 8 avril, étaient atteints de une ou plusieurs conditions médicales sous-jacentes.
Plus précisément : les personnes âgées infectées par le virus étaient plus susceptibles d’être hospitalisées ; les hommes étaient plus susceptibles d’endurer des cas graves que les femmes; et les Noirs ont été hospitalisés à un taux plus élevé que les Blancs.
Les cas les plus couramment signalés étaient l’hypertension (49,7 %), l’obésité (48,3 %), les maladies pulmonaires chroniques (34,6 %), le diabète sucré (28,3%) et les maladies cardiovasculaires (27,8 %).
Par tranche d’âge, les experts médicaux ont constaté que chez les patients âgés de 18 à 49 ans, comme chez les patients âgés de 50 à 64 ans, l’obésité était la condition sous-jacente la plus répandue.



« Un effet dévastateur sur le taux de mortalité »

Conséquence : les effets ravageurs du Covid-19 associés à l’obésité pourraient être cruels aux Etats-Unis. Interrogé par le journal Le Monde, le professeur Eric Ravussin, spécialiste de l’obésité et directeur associé au Pennington Biomedical Research Center, à Baton Rouge en Louisiane, est persuadé d’une catastrophe à venir. « L’obésité, souvent liée à d’autres pathologies, notamment respiratoires ou immunitaires, aura un effet dévastateur sur le taux de mortalité des personnes touchées par le coronavirus aux Etats-Unis », explique l’expert en physiologie humaine.
« Dans un hôpital de La Nouvelle-Orléans, 60 % des cas critiques concernent des personnes obèses », le professeur Ravussin. Pour preuve : la Louisiane affiche un taux d’obésité supérieur à la moyenne nationale américaine et, avec New York, constitue l’un des Etats les plus durement touchés par la pandémie (cliquez ici )



« Une collision entre deux épidémies : l’obésité et le Covid-19 »

Pour alerter sur ce risque particulier aux Etats-Unis, les experts s’appuient aujourd’hui sur les chiffres connus de l’épidémie de H1N1, en 2009, au cours de laquelle l’obésité a été un facteur de surmortalité. En Californie, une étude avait alors démontré que sur 268 patients hospitalisés ou décédés, 58 % étaient en situation d’obésité. Parmi eux, deux tiers présentaient une obésité sévère et autant souffraient de diabète, d’une maladie pulmonaire ou cardiaque. « Même les obèses métaboliquement sains sont des sujets à risque, car leur immunité est compromise », précise M. Ravussin.
De son côté, The Obesity Society, dont le professeur américain est l’un des responsables, s’inquiète de la « collision entre deux épidémies de santé publique aux Etats-Unis : l’obésité et le Covid-19, interagissant pour accentuer encore la pression sur le système de santé »



Les enfants pas épargnés par l’obésité

Aux Etats-Unis, l’obésité constitue un enjeu sanitaire majeur (Cliquez ici). Pire : la proportion de personnes souffrant d’obésité ou en surpoids est l’une des plus importantes au monde.
Selon plusieurs les études épidémiologiques, 39,8 % des adultes sont obèses et 31,8 % sont en surpoids. Le phénomène de l’obésité est aussi observée chez 14 % des enfants de 2 à 5 ans et chez 21 % des 12-19 ans.
Selon d’autres méthodes de calcul, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) estiment que 42 % des adultes américains sont obèses, dont 9 % en situation d’obésité sévère. Autant de victimes potentielles d’une aggravation de leur santé en cas d’infection par le coronavirus.

(1) Californie, Colorado, Connecticut, Géorgie, Iowa, Maryland, Michigan, Minnesota, Nouveau-Mexique, New York, Ohio, Oregon, Tennessee et Utah. A noter que la Louisiane, très impactée par le Covid-19, ne fait pas partie de cette étude.

Pour en savoir plus : Cliquez ici , ici, ici et ici.