Les adultes qui souffrent d’obésité sont plus susceptibles de développer la grippe H1N1

Les adultes atteintes d’obésité sont plus sensibles à la grippe A/H1N1pdm, le virus de la grippe porcine, selon une nouvelle étude qui n’a toutefois pas trouvé d’association similaire avec la grippe saisonnière. L’inquiétude des chercheurs grandit au moment où vient d’être découverte une nouvelle souche de H1N1 chez les porcs en Chine.

Une étude menée par des chercheurs américains sur des habitants du Nicaragua vient de révéler que les adultes souffrant d’obésité avaient deux fois plus de chances de contracter la grippe H1N1 que les personnes de poids normal.
Selon les scientifiques qui ont mené l’analyse, ces résultats pourraient être pertinents afin de comprendre les mécanismes par lesquels les maladies infectieuses, telles que la grippe ou la pandémie de coronavirus en cours, pourraient affecter différents segments de la population. « Cette recherche est importante parce que l’obésité dans le monde entier augmente rapidement. Elle a environ triplé depuis les années 70 », a déclaré la première auteure de l’étude Hannah Maier, boursière postdoctorale à l’École de santé publique de l’Université du Michigan.


Des tests sur 1 500 personnes pendant quinze jours


Hannah Maier, épidémiologiste spécialisée dans la nutrition, l’obésité et ses effets sur l’infection et la transmission de la grippe a déjà publié des articles sur le fait que l’obésité prolonge la durée de l’excrétion du virus de la grippe A (En savoir plus). Avec ses collègues, elle a examiné les données de plus de 1 500 personnes de 330 ménages inscrits à l’Étude sur la transmission des ménages nicaraguayens, une étude communautaire en cours sur la santé d’une communauté de Managua, au Nicaragua.
Les participants à l’étude ont été suivis sur une période de dix à quinze jours et ont reçu des tests d’écouvillonnage et des analyses sanguines pour confirmer l’infection.
L’étude a révélé que les adultes souffrant d’obésité avaient deux fois plus de chances d’infection symptomatique à H1N1 que celles qui n’avaient pas d’obésité. L’association n’a pas été observée avec la souche de grippe saisonnière H3N2.
Bien que le mécanisme liant l’obésité à l’augmentation de la gravité de la maladie ne soit pas encore connu, l’inflammation chronique augmente avec l’âge et est associée aux maladies chroniques. Des études distinctes ont montré que l’obésité augmente la proinflammation et diminue les niveaux de cytokine anti-inflammatoire.
L’obésité peut également nuire à la cicatrisation des plaies et entraîner des difficultés mécaniques dans la respiration et des besoins accrus en oxygène.


« Les États-Unis doivent participer à l’Organisation mondiale de la santé »


Les chercheurs de l’Université du Michigan rappellent qu’en 2009, une souche de grippe affectant les porcs a été transmise à l’homme. Et ce virus H1N1pdm a infecté de nombreuses personnes à travers le monde. « Or cette semaine, une nouvelle étude indique qu’une nouvelle souche de H1N1 chez les porcs en Chine a le potentiel de devenir une pandémie », a déclaré Aubree Gordon, une épidémiologiste à l’École de santé publique de l’Université du Michigan qui souligne par ailleurs l’importance de poursuivre ce type de recherche, y compris durant la pandémie de coronavirus.
« Nous devons faire face à toujours plus d’obésité dans le monde et, en ce moment, nous sommes aux prises avec la pandémie, poursuit le docteur Hannah Maier. Comme il vient d’être annoncé qu’il pourrait y avoir une autre pandémie potentielle de grippe porcine, si l’obésité est associée à un risque accru et qu’il y a beaucoup plus d’obésité, alors cela pourrait signifier beaucoup plus d’infections », poursuit-elle.
Un constat qui inquiète le professeur Aubree Gordon. « Cela souligne que, même si nous sommes en pleine pandémie, nous ne pouvons pas cesser d’être vigilants face à l’émergence d’autres virus, en particulier la grippe, a expliqué le professeur Gordon. En outre, cela souligne que les États-Unis doivent participer à l’Organisation mondiale de la santé. Le programme de l’OMS sur la grippe fournit un service essentiel au monde pour surveiller la circulation grippale afin de formuler des recommandations sur les souches de vaccins et de surveiller l’émergence potentielle de nouveaux virus grippaux. »


Pour en savoir plus : Cliquez ici et ici