Dans le cadre d’ObesityWeek® 2020 qui s’est déroulé la semaine dernière, Ted Kyle, directeur chez ConscienHealth, a expliqué comment la stigmatisation générale et les préjugés qui circulent sur l’obésité entravent la capacité d’améliorer la santé du patient.

Dans le cadre d’ObesityWeek® 2020 qui s’est déroulé la semaine dernière, Ted Kyle, directeur chez ConscienHealth, a expliqué comment la stigmatisation générale et les préjugés qui circulent sur l’obésité entravent la capacité d’améliorer la santé du patient.

« Les gens supposent généralement que l’obésité est strictement une question de choix personnels, que c’est le résultat de mauvais choix sur l’activité physique et l’alimentation (…). Or, environ 50 à 70% du risque d’obésité est génétiquement déterminé. Vous pouvez faire des choix qui rendent meilleure ou pire la situation, mais c’est comme n’importe quelle autre maladie chronique. Et quand le blâme et la honte interfèrent, il est alors difficile d’améliorer réellement la santé des personnes atteintes d’obésité. »
Pour Ted Kyle (photo), directeur chez ConscienHealth, un blog américain d’information très influent qui met en perspective la nutrition, spécifiquement axée sur l’obésité, il est indispensable de lutter contre la stigmatisation générale et les préjugés qui circulent sur l’obésité. « Avec le nombre de personnes souffrant d’obésité, les patients, les médecins et les organismes d’assurance maladie ne peuvent pas se permettre de penser à l’obésité comme une condition purement cosmétique », insistait déjà Ted Kyle en 2016.



Plus de 7 000 adultes interrogés en 2017 et 2020

Pour aller plus loin dans la démonstration, une équipe d’experts de l’obésité a réalisé, très récemment, de nouvelles recherches qui suggèrent que les Américains commencent à comprendre l’obésité plus comme une condition médicale et moins comme une faute personnelle. Les résultats ont été présentés la semaine dernière dans le cadre ObesityWeek®, le plus grand rassemblement de professionnels au monde qui se concentrent sur tous les aspects de la science de l’obésité, la médecine et les politiques.
Pour les besoins de cette étude, 7 076 adultes ont été interrogés en 2017 et 2020. Ils ont constaté qu’un nombre beaucoup plus élevé de répondants – 42 % – étaient d’accord en 2020 pour dire que les personnes souffrant d’obésité avaient besoin de moins de blâme et de plus d’aide médicale. Seulement 26 % étaient en désaccord. Il y a trois ans à peine, seulement 30 % des Américains étaient d’accord avec cette idée et 39 % étaient en désaccord.



« Les gènes d’une personne mettent la table pour l’obésité, et l’environnement où nous vivons tous le sert »

Au-delà des chiffres, Ted Kyle et son équipe ont constaté un grand changement dans les attitudes au sujet de l’embauche de personnes souffrant d’obésité. En effet, les deux tiers des répondants en 2020 ont déclaré qu’ils recevraient et intervieweraient une personne souffrant d’obésité pour un emploi. En 2017, ce nombre était nettement plus faible avec seulement 57 %.
Pour le fondateur de ConscienHealth, c’est plutôt une bonne nouvelle « L’obésité est une condition biologique qui est la plupart du temps héritée. Les gènes d’une personne mettent la table pour l’obésité, et l’environnement où nous vivons tous le sert. Si une personne est biologiquement résistante, il est peu probable qu’elle prennent du poids dans un environnement qui favorise l’obésité. Mais une personne sensible le fera. Il est donc logique de traiter cette condition comme n’importe quelle autre condition médicale. Il faut trouver des moyens efficaces de prévenir l’obésité et de fournir aux personnes qui sont déjà en obésité des soins médicaux efficaces pour réduire l’impact sur la santé. »



« Il est contre-productif de blâmer les gens »

Joe Nadglowski, président et chef de la direction de la Obesity Action Coalition, a été l’un des coauteurs de cette étude. Il a lié ces résultats à la décision prise en 2013 par l’American Medical Association de reconnaître que l’obésité est une maladie chronique complexe. « Avant 2013, à peu près tout le monde partait de l’hypothèse que l’obésité était un problème de mauvais choix et de comportements malsains. Mais maintenant, les gens se rendent compte que c’est plus compliqué que cela. Il est contre-productif de blâmer les gens. Nous sommes heureux de voir des progrès vers une meilleure compréhension publique de l’obésité », a déclaré Nadglowski.


Philippe PALAT


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