Une étude brésilienne publiée dans l’International Journaliste ou Obesity tend à démontrer que deux gènes, dont les mutations sont associées à l’endurance athlétique, peuvent aider à déterminer les risques d’obésité chez les enfants.

Une étude brésilienne publiée dans l’International Journal of Obesity tend à démontrer que deux gènes, dont les mutations sont associées à l’endurance athlétique, peuvent aider à déterminer les risques d’obésité chez les enfants.

L’influence génétique dans la prévalence de l’obésité est largement décrite par les scientifiques. De nombreuses études internationales l’attestent. Mais le rôle des marqueurs génétiques liés à la force athlétique et à la performance d’endurance reste controversée.
Patrícia Britto Costa, chercheure à la faculté de nutrition de l’Université fédérale de Pelotas, au sud du Brésil, vient de publier, début septembre, une étude sur le sujet. « Nous avons étudié les associations entre l’obésité et les polymorphismes génétiques alpha-actinine-3 (ACTN3) R577X et enzyme de conversion de l’angiotensine (ACE) I/D chez les écoliers », explique-t-elle.



Un outil de prédiction du risque d’obésité

Cette analyse qui visait à démontrer cette combinaison génétique comme outil de prédiction du risque d’obésité chez les enfants repose sur des données recueillies auprès de 514 enfants (281 filles et 233 garçons), âgés de 4 à 13 ans.
Tous ont subi un examen physique pour mesurer la taille et le poids. L’état nutritionnel, tel que défini par l’Indice de masse corporelle (IMC), a été évalué dans un sous-ensemble de 461 participants. « Nous avons recueilli des données sociodémographiques auprès des parents au moyen d’un questionnaire et effectué une évaluation anthropométrique », précise la scientifique.



Sur 433 échantillons d’ADN, 40,5 % classés en surpoids/obésité

Chaque enfant a ensuite été désigné comme souffrant d’insuffisance pondérale, de poids normal, de surpoids, d’obésité ou d’obésité sévère.
Les résultats ont montré que 36 enfants (7,8 %) souffraient d’une grave obésité, 73 (15,8 %) étaient atteints d’obésité modérée et 78 (16,9 %) se trouvaient en surpoids. « Un peu plus de la moitié des enfants – 256 soit 57,6 – étaient considérés comme des poids normaux, tandis que neuf (1,9 %) enfants avaient un poids insuffisant. Le taux le plus élevé de surpoids et d’obésité a été observé dans la tranche d’âge de 7 à 9 ans », précise également Patricia Brito Costa dans sa note de recherche.
L’ADN de chacun des enfants a été extrait des cellules buccales via un écouvillon de joue et le génotypage a été exécuté par PCR (Polymerase Chain Reaction) (1).
En tout, 433 échantillons ont été analysés pour le gène ACE et 400 échantillons pour le gène ACTN3. « Nous avons constaté que 1,9 % des personnes étaient classées comme étant de faible poids pour l’âge, 57,6 % comme poids normal et 40,5 % comme surpoids/obésité », commente Patrícia Britto Costa.



« La combinaison du profil génétique avec le sexe de l’enfant influence l’IMC »

L’analyse ADN a également indiqué que, pour ACE, 52,5% des enfants portaient le modèle DD des copies de gène (un de chaque parent), 30.8% ont eu un modèle d’identification mélangé, et 16.7% ont porté le modèle II. Pour le gène ACTN3, 38,8% portaient la variante RR, 40,2% avaient un mélange de R et X (RX), et 21% étaient XX.
La différence dans la fréquence des variantes ACTN3 X a été associée à l’inclusion d’enfants d’ascendance africaine qui avaient une fréquence X de 26%, tandis que le reste de la région était principalement d’origine portugaise, montrant une fréquence X de 43%.
Sur les 30 enfants jugés en obésité grave, 27 d’entre eux (90%) ne portait aucune, une ou deux des quatre variantes associées à l’endurance athlétique. Un seul enfant classé comme gravement obèse avait à la fois ACE II et ACTN3 XX variantes.
En outre, 12 enfants (40 %) ne portaient aucune de ces deux variantes. « Cette analyse statistique révèle que la combinaison du profil génétique avec le sexe de l’enfant influence l’IMC. Des liens supplémentaires à l’IMC ont été trouvés lorsque les variantes génétiques ont été analysées séparément. Nos données suggèrent que l’analyse combinée des polymorphismes ACTN3 R577X et ACE I/D puisse servir de prédicteur du risque d’obésité sévère chez les enfants », écrivent les scientifiques dans leur synthèse.
« Ces données peuvent contribuer à une meilleure compréhension de la relation entre ces polymorphismes et le développement du poids corporel des enfants d’âge scolaire », conclut Patrícia Britto Costa

(1) La Polymerase Chain Reaction (PCR) est une méthode basée sur la multiplication sélective de séquences d’ADN cibles. C’est un procédé d’amplification moléculaire qui mime le processus naturel de synthèse de l’ADN.

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